Isphan, Yazd, Chiraz…Iran suite

 

Ispahan

À Ispahan aussi nous avons un contact d’une amie. Il s’appelle Adam. C’est une famille modeste et nous serons vraiment touchés par leur hospitalité. Ouvrir leur porte à de parfaits inconnus, c’est énorme. Adam est jeune et fait partie de cette jeunesse « tout feu tout flamme » qui n’aspire qu’à exulter. Nous discutons un peu avec lui et nous entendons de nouveau le même discours. Les dégâts commis par cette politique sont énormes, ils ont généré des athées, des rebelles, et des dissidents plus qu’autre chose. Il nous confie néanmoins que pour lui, le gouvernement a détourné le véritable islam, car l’islam laisse le choix à chacun de choisir sa voie. Ses parents sont âgés et ne parlent que persan. Nous aurons surtout à faire à eux, le soir venu. Nous nous parlons en faisant des signes et ils sont à l’affut de nos moindres besoins. Tous deux sont accros « aux télés Novela » version turque et nous voilà un soir a assister à un concert hard rock avec eux. C’est si cocasse. Philippe et moi nous marrons. Je kiffe les voyages.

Ispahan est la ville la plus riche que nous ayons vue jusque là, avec des infrastructures et un urbanisme plus développés que dans le reste du pays. On nous explique que la municipalité s’occupe bien de ses citoyens. Le tourisme y est aussi le plus développé. Nous n’avons rencontré qu’un seul touriste dans le nord. Ici, ce sont des groupes entiers accompagnés de guide. Nous sommes un peu dégoutés, mais du coup l’artisanat y est plus présent alors que je n’en ai vu nulle part ailleurs. Question existentielle : tourisme or not tourisme ?

 

Mosquée Isphahan, Naghsh-e Jahan

 

Aux pieds de la grande mosquée «Masjid Elshhaah» sur la grande place, nous profitons de notre visite pour y faire notre prière. Un homme me donne un tchador et à Philippe des pierres sur lesquels les chiites posent leur tête lors de la prosternation. Aussi n’avons nous pas osé dire non, mais nous ne les avons pas utilisés. Nous ressortons et nous n’avons pas fait une vingtaine de pas, que deux hommes nous interpellent nous demandant si nous sommes sunnites et à notre affirmation nous demande pourquoi nous avons pris les pierres. Silence…. Mais contre toute attente, il nous dit alors que nous sommes les bienvenus en tant que sunnites, que nous ne sommes pas obligés de prendre les pierres, car nous sommes frères et bienvenus chez eux… Nous n’en revenons pas ! Quelle tolérante. Je n’en dirais pas autant des nôtres que je trouve plus tranchant à leur égard. Je ne minimise pas nos différences qui sont importantes, loin de là, pas plus qu’eux, j’imagine, mais nous devons respecter les autres pour être respecté nous-mêmes et je garde en tête cet adage : « ce qui nous unis est plus grand que ce qui nous divise ». Cela me rappelle le livre d’Amine Maalouf « les identités meurtrières » ou il s’indignait des comportements humains « lorsque l’affirmation de soi, va si souvent de pair avec la négation de l’autre. On peut rester fidèle aux valeurs dont on est l’héritier sans pour autant se croire menacé par les valeurs dont d’autres sont porteurs ». Nous avons tant besoin aujourd’hui de cette philosophie.

Le quartier nord-est de la ville, plus populaire, les touristes ne s’y aventurent pas. C’est un quartier où nous voyons énormément de visages ouzbèques, Kasar, ou du Khorasan. Je suis fascinée. J’ai envie de les prendre en photos, mais ils nous regardent tous avec une telle insistance comme dans le métro à Téhéran, que c’est difficile. Mais pas un instant, nous nous sommes sentis en danger dans ce pays, même dans ce quartier.

Nous partons le lendemain pour Yazd, une petite ville située entre Ispahan et Shiraz, puis Shiraz

 

Yazd

Selon l’UNESCO, Yazd est l’une des plus anciennes villes du monde, après Ur, en Mésopotamie. Yazd est connue comme une ville Sassanide la ville des zoroastriens et de la route de la soie. Le temple du feu des Zoroastriens à Yazd contenait un feu traditionnel qui a été maintenu allumé par des prêtres  sans interruption pendant plus de mille cent années. Aujourd’hui les Zoroastriens en Iran sont au nombre de 30 000, dont beaucoup sont issus de conversions récentes, notamment pour des raisons politiques, résistance à l’islam, comme ceux rencontrés à Téheran.

 

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Dans la cour de notre hôtel le Silkroad hotel, le personnel est en train de déjeuner. Notre chambre n’étant pas encore prête, ils insistent pour que nous mangions avec eux. Nous sommes touché par l’accueil. Ils sont plusieurs et le repas est modeste. Nous refusons. On a faim et on sent l’odeur alléchante du plat. Ils insistent, nous refusons plusieurs fois, puis je cède. Ce n’est pas charitable de refuser un bon plat, je dirais même : c’est haram. Nous nous rendons compte à quel point ceux qui ont peu donnent le plus. Et la générosité des perses est à l’égale des arabes du Maghreb. J’ai immédiatement pensée « aux hadiths » sur l’accueil que l’on doit réserver aux voyageurs.

Le plat était excellent.

 

Petit paragraphe sur la gastronomie iranienne : pour que les choses soient claires: les personnes à la recherche de voyage culinaire, passez votre chemin…En effet vous trouverez peu de plats vraiment différents, en ayant un choix essentiellement décomposé en 2 offres : fastfood ou kebab (viandes grillées ou en sauce accompagnées de riz, d’un oignon, d’une tomate et d’un piment). C’est un peu réducteur, mais c’est l’impression qu’on en a eu durant tout notre voyage. Mais comme nous vous l’avons sans doute dit, les iraniens mangent peu dehors, ils cassent juste la croûte vite fait en cas de petite faim.

 

Si en revanche  vous avez la chance d’être invités chez des iraniens, vous pourrez goûter de bon plats, plus diversifiés, et plus savoureux. Pour les sucreries et les gâteaux, du nord au sud les variétés changent, on retrouve du Halwa, des nougats, des gâteaux à base de datte, des gâteaux secs, des crêpes, des cake type muffins, des gâteaux à la crème …Bien sûr ce ne sont pas les mêmes types de pâtisseries que celles que vous retrouvez en France.

Les jus de fruit sont très bons, on en trouve dans toutes les villes, sauf à Chiraz. Ils sont bien servis, peu chère (moins d’1 euros le jus), et sont fait devant vous. Les prix des plats varient de 80 000 à 200 000 rials, et pour un resto comptez entre 500 000 et 700 000 Rials (environ 15 et 20 euros pour 2). Les fast-food sont meilleurs marchés, et coûte entre 150 et 200 Rials  (environ 4 à 6 euros pour 2).

Une des employés est d’origine arabe. Elle sympathise immédiatement avec Sonia et échange un peu en arabe. Elle lui explique qu’elle est issue d’une tribu arabe d’Irak mais qui a toujours vécu en Iran et qu’elle est chiite. Combien d’ethnies différentes vivent en Iran ? Dans nos recherches, on découvre une mosaïque de plus de 80 « ethnies ».

La vieille ville est magnifique, les rues sont étroites, les maisons sont recouvertes d’un mélange de terre et de paille, et les toits en voûte permettant la ventilation et la climatisation naturelle des habitations. Les rues de cette partie de la ville sont désertes. Le sud du pays est beaucoup plus touristique, et la mentalité des habitants s’en fait ressentir, avec un accueil plus froid, des boutiques avec des tuniques hippies adaptées au goût des occidentaux. Des attrapes-touristes comme l’Alexander prison où on vous fait payer une entrée d’un site, dans lequel il n’y a que des boutiques de souvenirs et rien de spécial à voir à l’intérieur, le temple du Zoroastrisme où il y a uniquement la flamme qui est allumé, depuis 700 ans (car elle avait été éteinte un moment) certes mais quand même, ou bien encore la tombe des 12 imams, dans lequel aucun imam n’est enterré ! On a vraiment l’impression de se faire arnaquer. Après une journée de promenade le tour de la ville est fait.

Nous voici en route pour notre dernière ville: Chiraz.

 

Chiraz

Chiraz est située dans une plaine à une altitude de 1 486 mètres, au pied des monts Zagros. La troisième plus grande ville d’Iran après Téhéran et Machhad.  Chiraz est la capitale de la culture et de l`art de l`Iran.

Pour faire la route nous prenons à nouveau un bus, le trajet est le plus long que nous allons effectuer depuis notre arrivée en Iran, environ 7h. Au moment de prendre les billets, les prix nous paraissent peu chers, et c’est pendant le trajet que nous comprendrons pourquoi: pas de clim et des sièges durs comme du bois. Heureusement nous arrivons à avoir les deux premières places devant (ce sont toujours les plus spacieuses). Le chauffeur lui, un vieux de la vieille, conduit en se préparant son thé, en fumant sa clope. Au terminal de bus, le prix du  taxi est directement fixé par une opératrice dans une borne d’accueil. Du coup pas de problème de négociation.

Nous posons nos affaires et partons dans les alentours pour chercher un endroit où manger. Les rues sont bondées, la pollution, le bruit du trafic, la vue uniquement de fast-food, encore et encore, dont les photos en vitrine ne correspond pas à ce qu’il y a dans l’assiette, commencent à faire souffler un vent de saturation neurologique.

 

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L’hôtel, « le Niayesh boutique hôtel » a la même configuration que « le Silk Road hôtel ».

Le personnel est aux petits soins, le service est de bonne qualité, les chambres sont un peu plus chères que dans le reste du pays, on est dans les 30 euros la nuit, une fortune. En générale on payait entre 6 à 18 euros une chambre. 6 étant avec les sanitaires commun. En revanche la connexion internet est encore plus mauvaise que dans les autres villes. La censure bloque déjà pas mal la connexion, aussi sommes nous exaspérés et nous nous rendons compte à quel point nous sommes accro. Enfin surtout Sonia !

Prévoyez bien de charger tout ce dont vous avez besoin avant de partir, à savoir qu’il est des fois plus facile de se connecter à une appli qu’à un site internet.

Dans la ville, se trouvent de grands parcs. Les montagnes entoure celle ci et nous offrent un spectacle splendide. Les mosquées sont magnifiques, et différentes de celles du reste du pays. Entre ces palais, mosquées, hammam, jardins et forteresse, Chiraz nous enchante.  Il y a plusieurs bazars et quand on en a vu un, on les a tous vu, mais le plus vieux qui est collé à la grande mosquée, a une partie intéressante à visiter : celle de l’artisanat.

 

Nous voulions connaître la condition des juifs en Iran et sachant que la communauté la plus importante se trouve à Chiraz, nous décidons de nous rendre dans la synagogue de la ville. La communauté juive en Iran est parmi les plus vieilles du monde. Ses membres descendent des juifs qui sont restés dans la région après la captivité de Babylone. La constitution de 1979 reconnaît les Juifs comme une minorité religieuse et leur accorde un siège réservé au Parlement. Comme les chrétiens, les juifs n’ont pas été persécutés. Cependant, au contraire des chrétiens, ils ont toujours été regardés avec suspicion par le gouvernement, par crainte d’espionnage en faveur de l’État d’Israël. En 1978 ils étaient 85 000, en 1988, 50 000. La majorité émigrants en Israël. De nombreux juifs iraniens ont de la famille là bas.

Malgré toutes ces infos, nous souhaitions absolument discuter avec eux. A peine arrivés, on nous explique que ce ne sera pas possible, qu’il faut être accompagné d’un guide pour venir au temple. J’explique néanmoins que nous souhaitons connaître des personnes de religions et d’ethnies différentes pour casser les préjugés. Nous lui expliquons également que nous souhaitions juste discuter et faire connaissance. L’homme qui me répond ne regarde même pas Sonia et ne répond à aucune de ses questions. Il nous demande de quelle religion nous sommes. Nous sentons que c’est tendu. Nous nous retrouvons entourés d’hommes. Ils deviennent désagréables notre réponse et nous somment de partir. On nous ferme donc la porte au nez. Les portraits des deux dirigeants, Khomeiny et du chef actuel sont affichés sur les murs. Dommage, nous souhaitions juste discuter. Nous allons à l’église en face de la synagogue. Les portes sont fermées et nous sonnons à trois reprises, mais rien. Les portes des deux sanctuaires nous seront fermées ce jour là. Il y a un bien dans chaque chose qui arrive. Si nous devions avoir des regrets sur ce voyage, c’est de n’avoir rencontré ni de sunnites, ni de juifs, ni de chrétiens. Nous ne réitérons pas l’expérience, par manque de temps.

 

Nous décidons de réserver les billets d’avion pour Dubaï, plutôt que de continuer à descendre jusqu’à Kish et de prendre le bateau. Nous apprenons par un guide à Ispahan, que la compagnie la moins chère pour rejoindre Dubaï est Air Arabia. Nous avons du mal a passer par Edreams, problème de connexion. Finalement nous optons pour acheter via une agence, qui s’avèrera au final la plus cher des solutions. Le mieux c’est de se servir d’Edreams pour trouver les vols les moins chers, et ensuite se diriger directement sur le site de la compagnie aérienne pour réserver ses billets, si on y arrive.

 

Persépolis

L’avant dernier jour, nous partons pour Persépolis. Le site est grandiose. Toutes ces montagnes entourant au loin l’ancien palais, ces énormes étendues dans la plaine, l’attrait géostratégique du lieu, le côté monumental du site archéologique…Pffff, on en prend plein les yeux. Ce site nous fait penser aux pyramides, qu’elles soient d’Egypte ou du Mexique.

 

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C’est en visitant ces lieux que nous comprenons encore mieux les versets du Coran :

« N’ont-ils pas vu combien de générations, avant eux, Nous avons détruites, auxquelles Nous avions donné pouvoir sur terre, bien plus que ce que Nous vous avons donné? Nous avions envoyé, sur eux, du ciel, la pluie en abondance, et Nous avions fait couler des rivières à leurs pieds… » (Sourat 6, AL-ANAM (LES BESTIAUX), verset 6).

« Dis : Parcourez la terre et regardez ce qu’il est advenu de ceux qui traitaient la vérité de mensonge ». (Sourat 6, AL-ANAM (LES BESTIAUX), verset 11).

 

Après notre visite, nous décidons de partir voir un autre site à 6 km de là : Naqsh el Rostam, un palais creusé dans la montagne. Nous trouvons un groupe de taxi-drivers, des quinqua et sexagénaire bien tassé. Nous nous mettons d’accord sur le prix et le trajet : Nasqsh el Rostam, puis au terminal de bus de Marvdash pour reprendre un savaris (minibus) pour Chiraz. Donc Nasqh el Rostam => Marvadash. On monte dans le taxi, et avant de partir, en sortant du parking, celui avec qui nous avions négociés, rappelle bien au chauffeur le parcours et le prix sur lequel nous nous étions convenu.

 

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Le chauffeur commence sa route, puis au bout de 5 min, s’arrête pour s’acheter des fruits à un marchand en bord de route, puis de retour dans la voiture nous offre à chacun une banane : NE JAMAIS ACCEPTER UNE BANANE D’UN  CHAUFFEUR DE TAXI !!!! Juste après avoir démarrer il nous lance : Go to Passagarde ? Nous : Yes, avec un sourire de con trop occupés à manger notre banane et ne sachant pas ce qu’était Passagarde. Nous voilà parti pour une embrouille qui a failli nous mener au commissariat. Au bout d’une vingtaine de minutes, nous nous rendons compte qu’il y a un problème. Notre site devait se situer à une dizaine de minutes. En faite notre petit vieux voulait nous envoyer dans un site situer a 20 km de la pour la sommes astronomique de 50000 rials. On l’oblige a faire demi-tour et de retourner à Persépolis, il s’arrête quand même à l’endroit où on lui avait demandé dés le départ. Là on est sûr que le petit vieux savait exactement ce qu’il faisait. On refuse de payer. On est furax. Il s’énerve, alerte les gens alentour et nous menace de nous ramener la police, si nous ne lui payons pas la course de Passagrade. Les iraniens autour sont pliés, on fini par rigoler avec eux. Finalement il nous ramène à Persépolis, et en nous voyant revenir, les autres chauffeurs de taxi, comprennent de suite qu’il y a eu un souci. On s’explique par le biais d’un intermédiaire, et eux tentent de temporise la situation. On fini par trouver une solution intermédiaire. Ils ont quand même essayé de nous faire payer toute la course. Il finit par nous ramener au terminal. En montant dans le taxi, il me dit que l’homme en général est fou et que moi aussi je suis fou !!!!!! Bah wai, c’est ça!!!!!!! En nous déposant, il a essayé de faire passer ça pour un malentendu du fait que nous ne parlions pas la même langue. On le prend en tof, et on ressort du taxi en rigolant, content que se soit fini comme ça.

 

La dernière journée se passe à l’hôtel à se reposer, car le voyage n’est pas un marathon, et il faut prendre le temps de se reposer , de préparer son itinéraire, trier ses photos, écrire, faire son linge, etc….Nous quittons l’Iran avec une petit pincée au cœur, en repensant à toutes les bonnes personnes rencontrées sur place, et à la gentillesse et à l’accueil des iraniens. On sait à l’avance que ce sera l’un de nos meilleurs voyages.

 

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