Le Japon

 

Philippe et moi avons toujours voulu voir le Japon. Avec le Vietnam, ce sont les seuls pays d’Asie qui m’attiraient. Et je ne l’ai pas regretté. Budget oblige, nous ne pourrons faire que trois villes : Osaka, Kyoto, Tokyo. Le Japon c’est effectivement cher. Nous voilà parti pour une découverte au pays du soleil levant, le 8ème de notre tour du monde, mais surtout à la rencontre de ce peuple à la culture millénaire si riche et à sa nouvelle réputation muslim Friendly.

 

Osaka 

Nous choisissons donc de mettre le cape sur le japon, suite à un changement de plan de dernière minute. Pour Philippe, c’est assez stressant, lui qui a l’habitude de tout planifier. Mais l’excitation prend le dessus.
Nous avons pris air Asia, la compagnie low cost d’Asie qui est pas mal du tout et nous atterrissons à 23H30. Nous devons prendre le dernier métro pour le centre d’Osaka à minuit, mais nous le ratons à cause des formalités de sorties. Un bus est affrété pour les derniers voyageurs.

Il est 1h du matin lorsque nous arrivons au terminus. Nous prenons un taxi pour arriver à notre adresse exacte. Celui-ci qui est en costume cravate, parfaitement ajustés, et porte des gants d’un blanc immaculé. Les taxis sont de superbes voitures noires, magnifiquement entretenues. Notre chauffeur ne trouve pas l’adresse, sort, court dehors pour vérifier la rue perpendiculaire, puis revient souriant en nous expliquant en japonais, que c’est bien la rue d’à coté. Il est trop mignon. Le problème au Japon, c’est que justement les japonais ne parlent QUE  japonais et ça, ça nous posera quelques problèmes par la suite.

Philippe a réservé dans un petit hôtel aux chambres typiques: portes coulissantes, tatamis, futon… tenu par un couple franco-japonais.
La proprio, malgré l’heure, tardive nous attendait. C’est un couple qui vient d’ouvrir la maison d’hôte, un an après leur restaurant. Les deux sont tout petits, mais ont un charme fou (vous trouverez leurs coordonnées dans hôtels & restaurants halal Japon).

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Le lendemain, nous partons visiter la ville pour la journée. Elle n’a rien de spéciale cette ville, mais je lui trouve quelque chose. Peut être parce que c’est la première. C’est la troisième plus grande du Japon, apprend-on. La ville est un peu grise, peut être trop industrielle et pas assez traditionnelle.
Mais avant, je fais un teste de grossesse, car j’ai un doute. Nous découvrons que je suis enceinte. La joie nous envahi et Philippe me sert comme un fou.
Nous arpentons la ville au hasard. Depuis un moment déjà nous voyageons sans guide, en acceptant de rater certaines choses, comme la baie d’Osaka, dont nous apprenons plus tard l’existence. Nos hôtes, nous disent que s’il y a une chose à voir, c’est le château de la ville.

Nous découvrons le quartier d’Umeda et de Namba, en déambulant aux grès de nos flâneries. Ce sont des quartiers commerçants. Osaka a paraît-il comme spécialité culinaire, le petit poulpe et seul Philou y fera honneur, moi m’en abstenant étant au bord de la nausée.
Après 8h de marche, nous cherchons à nous restaurer. Durant notre voyage, nous avons pris l’habitude de ne manger que deux fois par jours. D’une, cela fait des économies et de deux, en vrai cela suffit amplement. Le matin même, nous avions pris le café à notre hôtel et manger sur le pouce, dans la journée nous avons cherché dans des supérettes de quoi grignoter, mais tout est écrit en japonais !

Donc là, on a vraiment faim. Il pleut, aussi nous ciblons la zone autour de notre hôtel. Nous jetons notre dévolu sur un resto italien. La jeune dame qui nous voit entrer est toute chamboulée, car elle ne parle pas anglais. Nous essayons avec des gestes de lui dire juste « pâtes et tomates ». Elle panique un peu, parle avec une cliente pour demander de l’aide, elle secoue les mains et rit nerveusement. Qu’est-ce qu’ils sont gentils… Elle nous apporte bien des pâtes aux tomates, sans viande et c’est un régal. Elle est heureuse de voir qu’elle a bien compris. Nous rions tous. Au moment de partir, elle me regarde et me dit « bébé ? » en touchant son ventre. Je la regarde étonnée et lui réponds que oui. Elle me félicite en riant. Il pleut des cordes dehors et au moment où nous nous apprêtions à affronter la pluie, la femme nous arrête et nous donne un parapluie. On refuse, car on ne pourra pas le lui ramener, mais elle insiste en nous disant que c’est pour le Bébé. Des amours ces Japonais !
Le lendemain nous partons pour Kyoto en train.

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Kyoto 

Après une heure de train nous voilà dans la ville. Le métro japonais est le plus compliqué que nous ayons jamais vu. Et le plus étonnant également. Les contrôleurs et les agents saluent les passagers en se courbant. Eux aussi portent des gants. Surréaliste.

Nous arrivons à notre hôtel vers 12H, mais nous ne pouvons y entrer qu’à partir de 16H et c’est comme ça dans tous les hôtels apparemment. Notre hôtel est en fait une auberge de jeunesse, propre, avec sanitaires communs. Nous laissons nos bagages et sortons visiter la ville. Nous devons y rester 3 jours.
Kyoto est plus authentique qu’Osaka. On a aperçu dès notre arrivée des femmes vêtues de leur habit traditionnel. C’est aussi ici que les fameuses Geishas ont leurs appartements : le quartier de Gion. Dans certains endroits, se trouvent des anciennes maisons traditionnelles qui ont résisté au tremblement de terre ainsi qu’aux incendies. Cela confère à la ville un véritable charme.

Nous tombons lors de la visite de la ville, sur ces immeubles qui contiennent à chaque étage des salles de jeux vidéos. C’est immense, mais ce qui choque le plus, c’est de voir la lobotomisation des joueurs. Ils sont complètement absorbés, comme des zombies sur leur machine. C’est dément !



Nous nous retrouvons de nouveau avec le problème de la langue pour nous restaurer. Sur un blog, j’ai trouvé un compatriote musulman qui conseillait d’écrire en japonais sur un papier : pas de viande et pas d’alcool. On trouve sur son blog également des adresses de restos et mosquées.*
Il y a également le site « Islamic center of Japan » ou il y a de nombreux restaurants halal et nous en testerons quelques-uns, ainsi qu’un restaurant « muslim friendly ».   

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Mais le problème c’est que c’est compliqué de trouver une adresse au japon, les numéros n’étant pas en paire et impairs comme ici dans les rues, mais correspondent à la date de construction d’un immeuble. Les gens ne peuvent pas nous aider, car ils ne parlent pas la langue et les distances entre un lieu que nous visitons et les restos sont parfois énormes. Quand on a faim, on a envie de manger de suite. Le dernier inconvénient, c’est que nous avions pris également l’habitude de manger dans des boui-bouis pas chers et de nous faire un resto par pays, mais là c’est impossible. Du coup le budget au Japon, entre les transports et la nourriture pour 10 jours atteindra celui de la Thaïlande en 1 mois.
À un moment donné, nous apercevons une roulotte de fruits de mer qu’une jeune femme faisait bouillir et revenir dans une sauce. On en prend, mais une fois acheté on se rend compte qu’il y a aussi de la viande à côté et on la voit jeter les brochettes de viande dans la même marmite que nos poulpes… on jette le tout.

Nous partons à la recherche de la mosquée, juste a coté il y a un resto halal que nous avons repéré. On ne trouve pas la mosquée. Mais dans le resto, on y trouve un livret des mosquées et lieux d’alimentations halal, faite par l’association des musulmans de Kyoto. Ils sont moins d’1 % de musulmans, mais sont très bien organisés.
La mosquée était juste a côté, à deux rues de là, mais comme c’est un centre islamique, nous ne l’avons pas vu. Le lendemain nous nous y rendons pour la « salate joumouha », que nous ratons, car nous ne connaissions pas l’heure exacte. Nous arrivons néanmoins à faire connaissance avec trois Japonais convertis, une jeune fille et deux hommes. Nous leur demandons comment ils se sont convertis et comment cela se passe avec leur entourage.

 

« L’histoire de l’islam au Japon est relativement brève (voir fiche technique du pays), de ce fait, il y a très peu de commerce halal, par rapport à la présence de longue date d’autres religions. Les premiers contacts avec l’islam furent avec les Malais. En 1890 la Turquie ottomane expédia un navire au Japon afin de saluer la visite du prince japonais Komatsu Akihito à Istanbul plusieurs années plus tôt. » Aujourd’hui les musulmans au Japon sont essentiellement Malais, Turcs, Indonésiens, Pakistanais, l’Iranien…»
Dans le centre, il y a une petite épicerie de fortune, avec des produits halal. C’est pratique, car il n’y en a quasiment nulle part.

Le dernier jour, nous testons le fameux restaurant muslim friendly: le Minokichi TOUBUIKEBUKUROTENprès de la gare de Kyoto. L’accueil qu’on nous fera sera royal et traditionnel. Nous sommes sous le charme du raffinement de la culture japonaise, et surtout de la gentillesse de nos hôtes.

Je suis de plus en plus malade à cause de mon état. J’ai du mal à faire autant de kilomètres qu’avant et je préconise à Philippe de ralentir pour ne pas faire de fausse couche. La nourriture étrangère ne passe plus. Je ne veux que des plats que je connais de chez nous et il n’y en a pas. Je vais perdre plusieurs kilos entre le Japon, les US et le Canada. Le voyage se transformer en épreuve.

 

TOKYO

Nous voyageons dans un super bus de nuit, le meilleur de tous les pays que nous avons visités. Place pour les jambes, avec position allongée, rideau pour l’intimité, couverture et cache-œil fournis, lumière baissée pour que nous puissions dormir et arrêts silencieux. Une merveille. Nous arrivons le matin. Nous sommes excités, hâte de voir les grattes ciel, les affiches démentes et l’effervescence de la ville.
Nous prenons le métro pour arriver à notre hôtel.

Le métro de Tokyo est le pire que nous ayons fait. On y comprend rien et il est énorme. Entre le métro et le RER (JR) c’est difficile de s’y retrouver. Si l’on prend une carte de 3 jours pour l’un, il n’est pas valable pour l’autre.
Notre hôtel est vraiment atypique.

C’est un mélange entre une chambre capsule et une chambre classique à la japonaise. C’est également une auberge de jeunesse, avec sanitaires communs, mais d’une propreté irréprochable, comme toutes les chambres que nous avons faites ici.

Japon, Chambre capsule Tokyo

Nous serons un peu déçus, la ville étant moins exubérante que nous nous y attendions.Nous faisons les quartiers de : Shibuya, Shinjuku, Akihabara, Asakusa, Ueno, et Harajuku : Quartier des jeunes branchés excentriques. Le quartier des jeux vidéos, de manga, et matériels électroniques : Akihabara nous donne une drôle d’impression. Les dessins oscillent entre dessin pour enfants et porno. Ce mélange des genres est dérangeant. Des jeunes filles habillées en manga sexy distribuent des flyers. C’est une société extrême, extrêmement conservatrice dans ses traditions et extrême dans les déviances sexuelles et le mimétisme occidental. Cette ambivalence est étrange. On trouvera même des revues à la limite de la pédophilie (des jeunes filles ressemblant à des petites filles ou jouant sur cet aspect) dans des librairies et supérettes totalement accessibles ! 

Nous rencontrons un Canadien dans une gare, complètement perdu qui avait envie de parler. À la vue de Philippe, un visage occidental « amical » je suppose, il se rue vers lui et lui raconte s’être fait virer le jour même. Cela fait dix ans qu’il vit au Japon, est marié à une Japonaise, mais n’arrive pas à se faire accepter par eux à cause des traditions strictes qu’il n’arrive pas à assimiler dans le monde du travail. Il pense que d’ailleurs c’est à cause de cela qui a perdu son job. Il n’ose pas rentrer chez lui et l’annoncer à sa femme. Le monde du travail est pesant par son rythme effréné et la hiérarchie insupportable. La légende est donc vraie.

Nous ne pourrons voir plus, car je suis épuisée et je n’ai plus du tout envie de visiter quoi que ce soit ni de rencontrer qui que ce soit, alors que c’est moi qui prend contact avec les gens. Le voyage prend une autre tournure et je suis vraiment dégoûtée d’être dans cet état dans un pays que j’ai toujours voulu visiter.
Le dernier soir, nous essayerons un resto turco-kazako-mogol halal, une tuerie. L’un des propriétaires, un turc qui parlait parfaitement japonais, est un show man en plus d’être un vrai commercial, enjoué, drôle, sympa et serviable à souhait. Le resto était plein, les Japonais adorent ce qui est exotique. Le cinquième jour, nous partons direction New York.  

 

*(http://www.gaijinjapan.org/musulman-japon-manger-halal-tokyo-japon/)
Quelques articles pour ceux que ça interessent:
http://oumma.com/202342/japon-accueille-premiere-exposition-dediee-a-lislam
http://oumma.com/15256/japon-se-met-a-lheure-halal

 

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