En bref

 

 

Superficie:
1 098 581 km2

 

Population:
10 800 882 hab.

 

Capitale:
Sucre

 

Politique:

La Bolivie est une république parlementaire. Le président, élu tous les 5 ans, est à la fois le chef d’État et le chef du gouvernement. Il nomme les ministres. Le parlement est formé par deux chambres : le Sénat, composé de 27 sièges, et la Chambre des députés, composée de 130 sièges.

La loi des groupes citoyens et peuples indigènes, promulguée le 6 juillet 2004, a mis fin au monopole des partis politiques pour les principales élections du pays. Elle autorise des groupes de citoyens (Agrupaciones ciudadanas) et les peuples indigènes à présenter des candidats lors des scrutins municipaux, départementaux et nationaux.

Les neuf départements boliviens se sont vu accorder une autonomie accrue avec la loi de décentralisation de 1995. Cette autonomie s’est encore accentuée avec la loi, adoptée sous le gouvernement Meza, instituant l’élection des préfets à la tête du département. Réclamée par les mouvements autonomistes des départements de l’ouest, cette réforme a donné lieu aux premières élections préfectorales le 18 décembre 2005. Le MAS (Movimiento Al Socialismo) n’a obtenu que trois des neuf postes de préfets. L’opposition au pouvoir central s’est, depuis cette élection, manifestée au niveau administratif intermédiaire des départements, générant de vives tensions.

La Bolivie est divisée en 9 départements.

  • Département de Beni
  • Département de Chuquisaca
  • Département de Cochabamba
  • Département d’Oruro
  • Département de La Paz
  • Département de Pando
  • Département de Potosí
  • Département de Santa Cruz
  • Département de Tarija

 

Les villes boliviennes sont dirigées par des maires et des conseils élus pour cinq ans. La dernière élection municipale a eu lieu le 5 décembre 2004.

La Bolivie fait partie de la Communauté andine.

 

 

Langues:

Les langues officielles de Bolivie sont l’espagnol, qui est la langue de 61 % de la population du pays en 2012, ainsi que 36 langues indigènes.

 

 

Economie:

La Bolivie a été longtemps l’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine. Elle a réalisé de grandes réformes libérales dans les années 1990. Ainsi, le président Gonzalo Sánchez de Lozada (1993-1997) a notamment signé un traité de libre-échange avec le Mexique, et a adhéré au Mercosur en tant que membre associé. En outre, ce président a privatisé la compagnie aérienne, l’entreprise de téléphonie, les chemins de fer, l’entreprise d’électricité, ainsi que l’entreprise de pétrole.

La croissance du PIB a ralenti en 1999, en partie en raison d’une politique budgétaire d’austérité. Ces restrictions freinèrent la mise en œuvre des programmes de lutte contre la pauvreté. Ce ralentissement s’explique aussi en partie par les retombées de la crise asiatique. Le PIB par secteur est de 10 % pour l’agriculture, 40 % pour l’industrie et de 50 % pour les services (2011).

En 2000, la croissance du PIB ne fut pas supérieure à 2,5 %. Le PIB n’a pas progressé en 2001 en raison du ralentissement de l’économie mondiale et de la faiblesse de l’activité nationale. Le déficit public s’élevait à 8,6 % en 2002.

L’économie du pays dépendait beaucoup de l’aide apportée par les pays étrangers. En particulier, les États-Unis participent en 2005 à 10 % du PIB de la Bolivie, dans le cadre du programme d’éradication de la coca. Bien que la production globale ne soit pas connue officiellement, la Bolivie est considérée comme le troisième producteur de feuilles de coca après la Colombie et le Pérou.

La dette extérieure de la Bolivie est passée de 6,8 % en 2001 à 3,6 % en 2012.

L’importation de produits manufacturiers comprend l’importation de fer et acier, de produits chimiques, de machinerie et équipements de transport, de textiles et de vêtements. Les importations proviennent principalement du Brésil (40 %), des États-Unis (13,9 %), de la Colombie (8,7 %), du Pérou(6,3 %) et du Japon (4,5 %) (données de 2004). Ses exportations vont principalement vers le Brésil (33,9 %), les États-Unis (12,7 %), la Colombie(11,8 %), le Venezuela (11,6 %), le Pérou (5,1 %) le Japon (4,2 %) (données de 2004)44.

Les principaux produits exportés sont le gaz naturel, le soja et ses dérivés, le pétrole, le zinc et l’étain (l’exploitation minière en Bolivie représente en 2011 14 % du PIB et 74 % des exportations). La Bolivie détient derrière le Venezuela les secondes réserves de gaz naturel d’Amérique du Sud (740 milliards de mètres cubes, selon la compagnie pétrolière BP). Durant près de trente ans, l’Argentine était l’acheteur quasi-exclusif du gaz bolivien mais les ventes à destination du Brésil sont en croissance rapide depuis 1999. L’un des problèmes principaux que rencontre le pays pour nouer de nouvelles relations commerciales et exercer une totale souveraineté sur ses exportations d’hydrocarbures tient dans son enclavement, consécutif à la guerre du Pacifique contre le Chili.

Vingt-six compagnies gazières ou pétrolières multinationales travaillent en Bolivie, dont :

  • Petrobras(Brésil) ;
  • Repsol YPF(Espagne) ;
  • Total(France) ;
  • British Gas(Royaume-Uni) ;
  • Royal Dutch Shell(Pays-Bas).

Le 1er mai 2006, la Bolivie a nationalisé l’ensemble de son activité pétrolière, industrie qui sera gérée par la compagnie pétrolière publique YPFB.

Depuis l’année 2007, l’économie bolivienne connaît une forte croissance (6,8 % en 2013 et 5,9 % en 2014). De même manière, l’excédent budgétaire pour l’année 2013 a été de 4,6 %.

 

 

 

Géographie:

La Bolivie est composée de deux régions géographiques bien distinctes.

  1. L’Ouest est traversé par deux cordillères d’orientations nord-sud qui bordent un vaste plateau, l’Altiplano, c’est dans cette région que vit la majeure partie des Boliviens. La Cordillère occidentale, aride, abrite quelques sommets majestueux comme le Nevado Sajama qui avec ses 6 542 mètres est le point culminant de la Bolivie. Le haut plateau est bordé au nord-est par la Cordillère Royale où l’on peut admirer entre autres le Nevado Illimani et l’Illampu et où s’abrite la ville de La Paz. Les massifs de la Cordillère orientale abritent des vallées humides et possèdent des contreforts recouverts de forêts.
  2. À l’Est s’étendent de vastes plaines alluviales qui bénéficient d’un climat tropical. Le Nord de ces terres basses appartient au bassin amazonien et est en grande partie recouvert de forêt. Plus au sud, les terres font partie du bassin du Río Paraguay, les terres y sont davantage défrichées.

Parmi les curiosités géographiques du pays, on peut citer le lac Titicaca, situé à cheval entre le Pérou et la Bolivie qui est le plus haut lac navigable du monde. Sa vaste étendue permet un microclimat clément sur ses rives qui furent le berceau de la civilisation Tiwanaku ; le salar d’Uyuni, situé à l’ouest du pays, sur le sud de l’Altiplano dans le département de Potosí, est la plus grande étendue de sel au monde.

On peut aussi admirer la cordillère Royale qui abrite de majestueux sommets enneigés, le Parc des volcans, où l’on peut observer le Nevado Sajama et les Bañados de Izozog.

Parmi les grandes villes, on peut citer La Paz, en très haute altitude, très marquée par la culture Aymara,Sucre, connue pour ses richesses architecturales, Santa Cruz de la Sierra, la grande ville de l’orient bolivien, Cochabamba, ville carrefour au centre du pays.

Frontières terrestres

  • 3 400 km avec le Brésil
  • 900 km avec le Pérou
  • 861 km avec le Chili
  • 832 km avec l’Argentine
  • 750 km avec le Paraguay

Types de paysage

On retrouve en Bolivie les paysages montagneux de la cordillère des Andes, mais aussi des paysages de plateau d’altitude, avec l’Altiplano. Au Sud, la « banquise de sel » offre un paysage lunaire. On y découvre aussi lagunes, volcans et canyons. Dans la région de l’Oriente, au Nord-Est, un paysage de plaines débouche sur la forêt amazonienne, à la frontière avec le Brésil.

 

 

Histoire:

L’histoire de la Bolivie se décompose en 7 parties:

 

De la période précolombienne à la colonisation espagnole

Avant la conquête espagnole, les Andes étaient habitées par de nombreuses cultures, dont la plus importante fut certainement la civilisation de Tiahuanaco (aussi écrit tiwanaku). Au xve siècle, les Incas intégrèrent une partie de l’actuelle Bolivie dans leur empire.

Les Espagnols découvrirent à leur arrivée au xvie siècle, une très grande quantité d’argent (dans les mines de Potosí). La Bolivie fit d’abord partie de la Vice-royauté du Pérou avant de passer sous le contrôle de la Vice-royauté du Río de la Plata. Avant l’arrivée des Espagnols, les hauteurs de la Bolivie étaient peuplées de polythéistes (religions Inca), puis ces derniers y imposèrent graduellement le catholicisme. Aujourd’hui, la majorité de la population est catholique.

 

Indépendance et l’ère des caudillos (1825-1884)

Les luttes pour l’indépendance débutent en 1809 et celle-ci est acquise en 1825, grâce aux armées de Bolívar, en hommage duquel la Bolivie prit son nom. La Bolivie et le Pérou constituent, sous le nom de Confédération péruano-bolivienne, un seul pays pendant une courte période de temps (1836-1839). Comme le Pérou, le Chili, Mexique, ou la Colombie, le pays fait appel à la Bourse de Londres pour financer des sociétés minières. Bolivarnationalise pour cinq millions de pesos de mines abandonnées, le 2 août 1825, pour les revendre, et créer la Potosi, La Paz and Peruvian Mining Association, qui sera liquidée après le krach de décembre 1825 et a pour agent James Paroissien, médecin anglais et officier bolivariste.

La Bolivie connaît tout au long du xixe siècle une période d’instabilité politique, marquée par de fréquents coups d’État et l’intervention fréquente de l’armée qui ne totalise alors pas moins des deux tiers des dépenses publiques de l’État central. Dans l’ère des caudillos qui s’étend sur une large partie du xixe siècle, on distingue traditionnellement la période des caudillos letrados, courant de l’indépendance de 1825 à 1848, de celle des caudillos barbaros (1848 à 1884). Là où les premiers caudillos étaient majoritairement issus de la bourgeoisie créole, parfois instruits à l’école militaire espagnole, à l’image des généraux Sucre et Santa Cruz, les seconds, d’origine plus populaire et indigène, ne devaient leur position qu’à leur ascension dans la hiérarchie militaire; ils sont restés célèbres pour leur cruauté et leur gestion approximative des affaires publiques.

 

Démocratie « restreinte » (1884-1920)

À l’issue des premiers revers de la guerre du Pacifique (1879-1884) menée contre le Chili, la Bolivie se dote en 1880 d’une 11e constitution depuis son indépendance ; en 1884 a lieu l’élection du président Gregorio Pacheco qui inaugure une nouvelle période politique, caractérisée par l’instauration d’un corps électoral qui reste toutefois restreint. Un parti conservateur et un parti libéral se structurent, en s’appuyant respectivement sur l’oligarchieminière de l’argent et de l’étain qui deviendra au début du xxe siècle la principale source de richesse du pays. Le coup d’État « libéral » de 1899 voit s’imposer durablement cette seconde tendance qui tiendra les rênes du pays jusqu’en 1920. Le soulèvement de 1920, initié par le parti républicain, d’inspiration nationaliste, initie une nouvelle période d’instabilité, renforcée par la crise économique consécutive au krach de 1929 ; elle conduit le président Salamanca à engager son pays dans la très meurtrière guerre du Chaco contre le Paraguay, avec lequel un conflit larvé existait depuis le milieu des années 1920.

La défaite consécutive à la Guerre du Chaco ponctue une rétraction constante du territoire bolivien depuis l’indépendance acquise en 1825. La Bolivie perdit ainsi une grande partie de son territoire et son unique accès à la mer dans la guerre du Pacifique contre le Chili. En 1903, elle vendit par ailleurs la région d’Acre au Brésil par le traité de Petrópolis.

 

Mouvement nationaliste révolutionnaire (1952-1964)  et la dictatures militaires (1964-1982)

La fin de la guerre du Chaco marque une reprise en main des militaires. Le colonel Toro initie en 1937 la première nationalisation du pétrole en Amérique latine. La période se caractérise surtout par un renouvellement du paysage politique. Le Mouvement nationaliste révolutionnaire (Movimiento Nacionalista Revolucionario), qui sera amené à jouer un rôle pivot dans la vie politique du pays jusque dans les années 1960, est créé en 1941. Malgré l’opposition de l’armée, il accède au pouvoir en avril 1952 après une nouvelle période d’instabilité politique. Il octroie le suffrage universel, entame sous la pression paysanne une réforme agraire en 1953 et nationalise, moyennant de fortes indemnisations, les mines des trois principaux « barons de l’étain » du pays. Sa politique interventionniste s’infléchit progressivement et s’ouvre largement à l’influence des États-Unis dont l’aide représente en 1958 le tiers du budget national.

En 1964, le coup d’État du général Barrientos ouvre une longue période de dictatures militaires qui ne s’achèvera qu’en 1980. Le 7 novembre 1966, le révolutionnaire argentino-cubain Che Guevara commence une guérilla armée avec la création de l’Armée de libération nationale de Bolivie (Ejército de Liberación Nacional de Bolivia, ELN) pour lutter contre cette dictature soutenue par la CIA, et pour la liberté et l’amélioration des conditions de vie du peuple bolivien. Après une dernière embuscade avec seize hommes, il fut capturé par une troupe de 1 800 soldats boliviens. Il est exécuté le 9 octobre 1967 à La Higuera par l’armée bolivienne grâce à l’appui important des agents de la CIA et d’instructeurs de l’armée américaine formés au Viet-Nam.

Après l’intermède de « gauche » du général Torres (1970-1971), la dictature du général Banzer (1971-1978) est marquée par l’adoption de la « doctrine de sécurité nationale » qui se traduit par l’interdiction institutionnalisée de toute activité politique et syndicale. L’accession au pouvoir du narco-trafiquant Luis García Meza conduit à la rupture des relations diplomatiques avec les États-Unis et contraint les militaires à soutenir un processus démocratique qui porte, après vingt-deux ans de dictatures quasiment ininterrompues, Hernán Siles Zuazo au pouvoir.

 

Libéralisation de l’économie (1985-2000)

Les différents présidents qui se succèdent à partir de 1985 – Victor Paz Estenssoro, Jaime Paz Zamora, Gonzalo Sánchez de Lozada, l’ancien ministre de l’Économie du premier cité, et l’ancien dictateur Banzer – suivront durant une quinzaine d’années une ligne de conduite conforme à l’orthodoxie des institutions financières internationales : lutte contre l’inflation, réduction du déficit budgétaire, réduction du périmètre du secteur nationalisé seront les contreparties d’un réaménagement de la dette du pays.

 

Crise sociale récurrente (2000-2005)

En 2000, un gisement de gaz naturel, estimé à 1,58 milliard de mètres cubes, est découvert dans la région de Tarija. Pour construire un gazoduc vers la mer, deux options étaient possibles : soit passer par le Pérou, soit passer par le Chili. Le choix de privilégier la voie chilienne, plus facile du point de vue technique, mais critiquée en raison des ressentiments remontant aux guerres du xixe siècle, cristallise un mécontentement social latent qui se traduit par un mouvement protestataire d’ampleur nationale. Son ampleur contraint le président Sánchez de Losada à démissionner en octobre 2003.

L’arrivée au pouvoir du vice-président Carlos Mesa ne stabilise pas une situation sociale explosive. Le 6 juin 2005, à la suite de nombreuses manifestations, Carlos Mesa démissionne, laissant sa place au chef du Tribunal suprême, Eduardo Rodríguez. Cependant le retour au calme est fragile, les mouvements populaires, essentiellement indiens, continuant de réclamer (entre autres) la renationalisation des réserves de pétrole et de gaz du pays, exploitées par des firmes américaines ou européennes.

 

Mandat présidentiel d’Evo Morales (2006) jusqu’à aujourd’hui

Evo Morales remporte l’élection présidentielle de 2005 avec 53,7 % des voix contre son concurrent l’ex-président de la Bolivie Jorge Quiroga. Le 22 janvier 2006, le congrès le nomme officiellement président ; il devient alors le premier président bolivien d’origine amérindienne depuis le xixe siècle et le mandat d’Andrés de Santa Cruz y Calahumana (1829 – 1839). Des élections législatives normalement prévues pour le 4 décembre 2005 sont reportées au 18 décembre 2005 et remportées par le MAS, le parti présidentiel. L’élection d’Evo Morales vit donc une nouvelle restructuration du paysage politique avec l’avènement d’un fort parti de gouvernement.

Réformes économiques

Le 1er mai 2006, Evo Morales a annoncé par décret la nationalisation des hydrocarbures et la renégociation de tous les contrats des entreprises étrangères dans un délai de 180 jours. L’objectif est que 82 % des revenus des hydrocarbures soient réservés à l’État. La compagnie nationale Yacimientos Petrolíferos Fiscales Bolivianos (YPFB) devient ainsi la seule instance autorisée à commercialiser les hydrocarbures. Cette initiative affecte au premier chef la société brésilienne Petrobras.

Question de l’autonomie départementale

Le 2 juillet 2006, se tiennent simultanément un référendum sur l’autonomie départementale et l’élection des représentants à une Assemblée Constituante. La décentralisation était une des revendications essentielles des protestations exprimées en 2005 par les mouvements de la région de Santa Cruz. À l’inverse, les mouvements d’origine autochtone dénoncent cette volonté autonomiste, qui servirait selon eux la minorité oligarchique du pays.

Le MAS remporte 55 des 70 circonscriptions uninominales avec 50,7 % des suffrages exprimés au niveau national lors de l’élection de la Constituante. Si le « non », pour lequel le MAS s’était fortement mobilisé, l’emporte largement au niveau national lors du référendum pour l’autonomie départementale (57,6 % des voix), les résultats locaux trahissent la fracture territoriale est-ouest du pays. Les départements de Santa Cruz, Tarija et Pando se prononcèrent en effet largement pour l’autonomie avec respectivement 74 %, 61 % et 58 % des voix en faveur du « oui ».

Départements revendiquant leur autonomie en vert.

Réforme constitutionnelle

Les travaux de l’Assemblée constituante, présidée par l’Indienne quechua Silvia Lazarte, devaient initialement prendre fin en août 2006 ; émaillés de nombreux incidents, ils ont été prolongés jusqu’à la fin de l’année 2007. Les députés du MAS ont approuvé le texte de la Constituante le 9 décembre 2007 à Oruro, en présence de 164 des 255 constituants. Le Parti PODEMOS n’a pas souhaité prendre part au vote, estimant que l’assemblée n’avait pas réuni les conditions d’un débat démocratique. Un référendum national concernant cette nouvelle Constitution a été convoqué par le président Morales pour mai 2008 mais la Cour électorale a refusé de valider cette convocation, arguant que cette dernière n’avait pas suivi la voie légale. La nouvelle constitution fut adoptée par voie de référendum le 25 janvier 2009, à 58,7 %, selon un sondage de sortie des urnes d’IpsosApoyo pour le quotidien La Razón et ATB. Cette Constitution innovante, qui ne remettait pas en cause les prérogatives dévolues à l’exécutif, modifiait cependant les principes constitutionnels en vigueur en Bolivie jusqu’à présent. L’esprit de cette Constitution était affiché dans son préambule qui mettait en exergue les valeurs des peuples indigènes de Bolivie et remettait en cause l’État colonial, républicain et néolibéral au profit d’un État unitaire social de droit plurinational communautaire. L’élection d’Evo Morales en 2005 et l’approbation de la Constitution de 2009 prouvaient la volonté du peuple de consacrer un pouvoir exécutif soumis au contrôle des électeurs par des élections mais disposant de marges de manœuvre importantes allant parfois au-delà du texte même de la Constitution; ainsi, Evo Morales qui bénéficiait dès son élection de l’ensemble du pouvoir législatif dans le pays avec plus de deux tiers des représentants à l’Assemblée Législative Plurinationale, précisa que sa priorité résidait dans le vote des lois organiques à l’Assemblée Législative Plurinationale pour l’application de la nouvelle Constitution approuvée en 2009.

Crise politique et menaces sécessionnistes

Les réformes économiques et constitutionnelles mises en œuvre par la majorité présidentielle rencontrent de vives résistances au sein des élites économiques créoles du croissant est du pays qui concentre les richesses gazières boliviennes. Ces dernières ont, depuis le début des années 2000, traduit leur opposition au pouvoir central par des revendications autonomistes, portées par un ensemble d’organisations dont le Comité civique de Santa Cruz est l’une des plus actives. Les préfets élus des départements de Santa Cruz, Beni et Pando soutiennent ce mouvement pour une autonomie élargie.

Un référendum portant sur un statut d’autonomie régionale, et déclaré illégal par le pouvoir central, s’est tenu en mai 2008 dans le département de Santa Cruz à l’initiative de son préfet, Ruben Costas. En réponse à ce qui peut apparaître comme une remise en cause de sa légitimité électorale, le président Morales a décidé de remettre son mandat en jeu lors d’un référendum qui s’est tenu le 10 août 2008. Morales gagna ce référendum avec 67 % des voix, bien que certains médias d’opposition aient laissé entendre de possibles fraudes de la part de membres du MAS. Ces contestations sont surprenantes, car les sondages à la sortie des urnes effectués par des instituts d’enquête privés, pour le compte de ces mêmes journaux, donnaient sensiblement le même résultat (entre 62 et 64 %).

En décembre 2010, sous l’impulsion des communautés locales andines et du président Evo Morales, la Bolivie a introduit une «Loi des droits de la Terre Mère (en)» qui accorde des droits à la nature, à l’instar des droits de l’homme.

 

 

 

Sources Wikipédia