En Bref 

 

 

 

 

Superficie: 9 596 961 km2, (classé 3/4e)

Population: 1 376 049 0001 hab. (classé 1e)

Capitale: Pékin (Beijing)

 

 

Langues 

Le Mandarin est la langue officielle, mais il existe 9 langues régionales. L’anglais est la première langue étrangère parlée par environ 10M de chinois. Le Russe quand à lui représente une ethnie d’environ 15 000 à 20 000.

 

 

Politique

Dans la terminologie des sciences politiques, la République Populaire de Chine (RPC) a été un État communiste durant la majeure partie du xxe siècle, et est toujours considérée comme telle par beaucoup d’observateurs et nations. Il est difficile de caractériser la nature de la structure politique de la RPC. Le régime a été décrit comme autoritaire, communiste, socialiste. Cependant, beaucoup préfèrent associer les termes « communiste » et « capitaliste » pour décrire la RPC.

Le gouvernement de la RPC est contrôlé par le Parti communiste chinois. En l’absence de séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, la RPC est une dictature, un régime autoritaire. Bien que des pas aient été faits dans le sens d’une libéralisation politique, notamment à travers des élections contestées au niveau des villages, le parti garde le contrôle effectif sur les décisions gouvernementales. Utilisant des méthodes autoritaires pour mater les contrevenants, l’État tente de réduire les dissidences en améliorant l’économie, permettant dans une certaine mesure l’expression critique, et tolérant parfois des voix ouvertement critiques quand elles ne sont pas considérées comme subversives, c’est-à-dire organisées.

Les organes du pouvoir d’État sont :

  • l’Assemblée nationale populaire(ANP)
  • le Président
  • Conseil des affaires de l’État.

Les membres du Conseil des affaires de l’État incluent le Premier ministre, un nombre variable de vice-Premiers ministres (actuellement quatre), cinq conciliateurs d’État (théoriquement égaux aux vice-Premiers ministres, mais avec des portefeuilles réduits), et vingt-neuf ministres et commissions du Conseil des affaires de l’État. Dans les années 1980, il y eut une tentative visant à séparer les fonctions d’État et de Parti, avec le Parti décidant des grandes lignes politiques et l’État ayant pour tâche de les mettre en œuvre. Cet effort de séparation a été abandonné au niveau du gouvernement central dans les années 1990, la direction politique de l’État étant détenue par les dirigeants du Parti, créant une concentration de pouvoir dans un faisceau unique.

Sous le régime de la Constitution de la République populaire de Chine, l’ANP est le plus haut organe de pouvoir d’État en Chine. Il se réunit chaque année environ deux semaines et approuve les nouvelles grandes lignes politiques, les lois, le budget, et les principaux changements de personnel. La plus grande partie de la législation de la RPC est adoptée par le Comité permanent de l’ANP.

 

Politique intérieure

La censure est une routine assimilée dans toute l’infrastructure médiatique et le PCC réagit promptement à toutes les organisations qu’il considère comme une menace pour le régime, comme ce fut le cas lors des événements de Tian’anmen. Toutefois, la répression que le PCC emploie ou s’efforce d’opérer à ses limites. Les médias ont aujourd’hui une liberté d’action qui, même sans objectif concerté, expose publiquement nombre de problèmes issus de la corruption et de l’inefficacité de sous-cadres du Parti. Bien que les protestations contre le Parti soient illégales, elles surviennent régulièrement au niveau local, sont parfois tolérées, et c’est leur médiatisation qui est à son tour interdite. Il existe un ministère de la propagande qui applique la censure sur les moyens d’expression, notamment sur Internet. Le Bureau du film garde le contrôle sur la diffusion des films : il a par exemple fait retirer des salles le film américain Da Vinci Code au mois de juin 2006. La télévision n’échappe pas à la censure puisque le gouvernement a décrété que les dessins animés (en grande partie japonais et américains) seront interdits entre 17h et 20h à partir du 1erseptembre 2006. Internet est également contrôlé (toutes les connexions sont filtrées), et beaucoup de sites web sont donc inaccessibles, comme www.freetibet.org (libération du Tibet), Youtube, Twitter et la passerelle Live.com (Windows Live Messenger) ou encore Flikr.

Le soutien que le PCC obtient de la part de la population est difficile à saisir, en l’absence d’élections nationales ; les conversations et points de vue exposés reflètent un éventail de vues divergentes. Beaucoup semblent apprécier le rôle de stabilisateur social que joue le gouvernement, qui a permis à l’économie de se développer sans interruption. Un problème politique majeur est l’augmentation des disparités entre riches et pauvres et le mécontentement généralisé lié à la corruption répandue parmi les cadres du Parti. Il existe d’autres partis au sein de la RPC, bien qu’ils soient de facto considérés comme des sous-organes du PCC.

 

Torture

Les autorités chinoises font torturer certains opposants au régime.

 

Défense

La Chine a développé sa bombe A en 1964. Elle est membre du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. « La Chine adopte une politique de défense nationale à caractère défensif. La Chine ne prétend aucunement à l’hégémonie ; tel est l’engagement fait par le peuple chinois devant le monde. » (…) « La Chine dispose d’une petite quantité d’armes nucléaires, pour son autodéfense. Elle s’engage à ne pas être la première à utiliser l’arme nucléaire, à ne pas l’utiliser, ou menacer de l’utiliser contre les pays qui ne détiennent pas d’armes nucléaires ».

Créée dans la première moitié du xxe siècle pour chasser l’alliance des huit nations, l’Armée populaire de libération (APL) est selon Radio86 la plus grande armée du monde. Toutefois, étant donné la composition de cette armée, son efficacité potentielle en matière militaire est jugée limitée.

D’après d’autres estimations, la Chine se placerait au second rang mondial, derrière les États-Unis (au moins 400 milliards de dollars). La RPC, malgré sa possession d’un arsenal nucléaire et de son matériel de propulsion, est considéré comme ayant des capacités limitées dans le cas d’un conflit en dehors de ses frontières, ce qui l’empêcherait de prétendre au statut de « véritable » superpuissance mondiale. Ce constat est notamment lié à ses effectifs navals et aériens (flottes limitées et peu modernes).

Le budget officiel de l’APL pour 2011 est de 91,5 milliards de dollars, en hausse de 12,7 % sur 2010, chiffre qui, selon de nombreux experts, serait très inférieur au chiffre réel. Les dépenses militaires réelles équivaudraient, selon certaines sources, à 140 % voire 170 % du budget officiel. La Chine s’équipe militairement en prévision d’un éventuel conflit autour de l’île de Taïwan.

La militarisation extrême des régimes communistes de l’après-guerre semble toucher moins fortement la Chine que, par exemple l’URSS en son temps. Cependant, on constate que la Chine attache un intérêt grandissant à sa force armée, à sa force de frappe nucléaire et aux innovations technologiques, telles que le nouvel avion furtif, le Chengdu J-20, dont le premier vol a eu lieu le 11 janvier 2011. L’image internationale de l’APL a été mise à mal lors des manifestations de la place Tian’anmen, au cours desquelles des protestataires pacifiques ont été tués.

L’APL-3, c’est-à-dire le troisième département de l’état-major de l’Armée populaire de Libération dont le siège est dans la banlieue de Pékin, est l’équivalent chinois de la NSA américaine. Il procède à des écoutes dans plusieurs pays du monde.

 

Politique extérieure et Affaires étrangère

La République populaire de Chine a ouvert des relations diplomatiques avec la plupart des pays du monde, faisant de la reconnaissance de la Politique d’une seule Chine (Taïwan comme province de la RPC) une condition préalable pour nouer des relations officielles avec la RPC.

Elle interdit activement la venue en Chine de cadres politiques taïwanais, à l’exception notable des entrevues ayant eu lieu en 2005 et 2006. Les manifestations politiques du Guomindang, relayées par les télévisions ont pourtant eu lieu dans la ville de Xiamen dans le Fujian, lors des élections municipales taïwanaises de Taipei.

Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama établi à Dharamsala en Inde est également interdit de séjour en Chine. Li Hongzhi, fondateur du mouvement spirituel Falun Gong, fort de plus de 14 millions de membres, et considéré par les autorités chinoises comme une secte est aussi interdit de séjour.

En 1971, la RPC a remplacé Taïwan comme seul représentant légitime de la Chine aux Nations unies, et comme un des 5 membres permanents du Conseil de sécurité.

La RPC est aussi considérée comme « membre fondateur » de l’ONU en tant qu’héritière de la Chine non communiste qui comprenait le territoire continental et qui avait pris part à cette fondation. La RPC a été membre leader du Mouvement des non alignés, mais en est aujourd’hui un simple observateur.

En 2009, les autorités chinoises refusent d’arrêter le président soudanais Omar el-Béchir lors d’une visite officielle dans le pays, malgré un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (dont la Chine n’est volontairement pas membre) pour crimes de guerre et génocide.

 

Economie

On estime que la Chine a été la première puissance économique mondiale durant la majeure partie des vingt derniers siècles. Jusqu’au xviiie siècle et la révolution industrielle, c’est également en Chine qu’on trouvait le niveau de vie le plus élevé de la planète.

La Chine, première civilisation à utiliser le papier monnaie, a une longue histoire de relations économiques internationales. On retiendra quelques points de repères utiles :

  • La dynastie des Yuana organisé un système de routes et de poste efficaces, contribuant à la modernisation de l’économie chinoise.
  • Au début de l’ère Ming, les flottes de l’amiral Zheng Heont renforcé les liens existant déjà sur la route des épices, entre l’Inde, la côte africaine orientale, l’Indonésie et supposément l’Australie ainsi que les Amériques (avant les Européens, cf. cartes de l’Amiral de cette époque).
  • À la suite d’une période de repli sous les Ming, la dynastie Qinga vu son déficit économique s’accroître avec l’arrivée des colonisateurs occidentaux. Au milieu du xixe siècle, l’économie chinoise a été dans sa plus grande partie asservie au commerce de l’opium pour les intérêts des colonisateurs, précipitant le pays dans un chaos économique et politique.
  • Le règne de Mao Zedonga été synonyme d’une nouvelle période de quasi-autarcie économique, en dehors de certains échanges avec les pays de la sphère communiste.

 

Libéralisation de l’économie

La société civile chinoise évolue à grande vitesse et adopte des mœurs nouvelles, compte tenu de la modernisation du pays.

Le Parti communiste chinois définit l’économie de la Chine comme une « économie socialiste de marché », une « forme de socialisme aux caractéristiques chinoises ». De 1978 à 1989, le gouvernement chinois a mené une politique de réformes économiques importantes, faisant passer la Chine d’une économie planifiée de type soviétique à un « socialisme de marché », conservant la structure rigide de contrôle par le Parti communiste chinois, ce qui l’a fait appeler « l’atelier du monde ». Dans ce but, la collectivisation de l’agriculture a laissé place à un système de responsabilisation individuelle des terres. Les cadres locaux ont acquis plus de marge de manœuvre, des gérants ont été introduits dans les secteurs industriels, permettant l’essor de nombreuses petites entreprises, alors nommées getihu. Cette politique a permis d’attirer de nombreux commerçants et investisseurs étrangers. Le contrôle des prix a été relâché, à l’exception notable de produits de première nécessité pour les paysans.

En 1992, l’appellation officielle du système devient « économie de marché socialiste » et le changement d’adjectifs marque le début du changement de nature de classe de l’État. Le secteur public commence à se noyer dans l’océan de l’économie marchande et passe de 73 % de la production industrielle en 1988 à 35 % en 1992. Cela a permis le passage d’une économie planifiée à une économie mixte et la redécouverte des fondements du libéralisme économique, tout en sauvegardant le communisme officiel du régime. Dans ce nouveau système économique, les entreprises publiques ou danwei ont du mal à trouver leur place et rencontrent de plus en plus de difficultés. Leurs pertes ont atteint le chiffre record de 102,6 milliards de yuans (12,75 milliards de dollars américains) en 2005, soit une augmentation de 56,7 % en base annuelle, selon les chiffres du Bureau d’État des statistiques (BES). Sur les deux premiers mois de 2006, les pertes des entreprises publiques ou contrôlées par l’État atteignent déjà 26,2 milliards de yuans, soit 3,25 milliards de dollars américain. L’augmentation des coûts de production, un système de fixation des prix inefficace, la surcapacité et d’importantes lacunes d’ordre technologique sont les principales causes de cette situation, selon Jiang Yuan, statisticien au Bureau d’État des statistiques .

Hong Kong possède l’économie la plus libérale du monde.

Le gouvernement met résolument entre parenthèses l’égalité des classes durant cette période, menée par le mot d’ordre de Deng Xiaoping : « Enrichissez-vous ! » L’enrichissement personnel (individualisme) et la consommation (soutenue par des politiques néokeynésiennes dès 1997) sont devenus de nouveaux moteurs économiques, accompagnés par une professionnalisation progressive des techniques de gestion, destinées à améliorer la productivité (division du travail). Le gouvernement a également œuvré pour attirer des capitaux étrangers, sources cruciales de développement économique : les zones économiques spéciales (ZES), exemptes de taxes, ont été créées à cet effet, étendues peu à peu à tout le littoral. Grâce à l’introduction du libre-échange, on observe qu’un quadruplement du produit intérieur brut (PIB) s’est produit depuis 1978. Les incitations par taxes préférentielles sont également à l’origine d’incitations fiscales à produire en Chine, que ce soit pour l’export ou pour le marché intérieur d’un milliard trois cent millions d’individus.

En revanche, pour la Chine, une réévaluation du yuan telle que la souhaitent les États-Unis créerait une inflation très importante, elle-même génératrice de tensions sociales internes. Le 21 juillet 2005, la Banque populaire de Chine a annoncé qu’elle mettait en œuvre un système de fluctuation du yuan dans les limites de 0,3 % par jour par rapport au dollar américain, contre 3 % maximum par rapport à un panier de devises étrangères, dont le yen et l’euro (voir Régime de change chinois).

 

Rattrapage du retard économique

On estime que la Chine a été la première puissance économique mondiale durant la majeure partie des vingt derniers siècles. C’est sous la dynastie Qing que le développement économique de la Chine commença à ralentir, alors que les pays occidentaux passaient lentement d’une société à dominante agraire à une société industrielle. En 1820, la Chine comptait pour 33 % du PIB mondial, contre 9 % aujourd’hui59.

En 2010, la Chine est devenue la seconde puissance mondiale : le PIB de la Chine s’est élevé à 5 878,6 milliards de dollars en 2010, contre 5472 milliards au Japon. Ce développement effréné des activités économiques est davantage dû aux investissements et aux exportations qu’à la consommation intérieure. Début décembre 2014, le site américain MarketWatch annonce que la Chine devient officiellement la première puissance économique mondiale, sur la base d’un rapport du FMI d’octobre 2014 comparant le produit intérieur brut à parité de pouvoir d’achat. En effet, sur cette base, le PIB chinois, de 17 632 milliards de dollars, devrait dépasser celui de l’Amérique, de 17 416 milliards de dollars. Le FMI prévoit qu’elle atteindra 27 000 milliards de dollars de PIB en 2019, quand les États-Unis ne seront qu’à 22 000 milliards.

Le développement économique actuel de la Chine est l’un des plus rapides du monde, puisque l’on y enregistre une croissance dont la moyenne, en 25 ans, est de 9,8 % par an. Entre 1980 et 2007, le PIB a été multiplié par 12,7. En 2013, la croissance en Chine a atteint 7,7%. La République populaire de Chine est depuis 2001 membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La croissance de la Chine est essentiellement tirée par les exportations. Leur montant a plus que doublé en quatre ans, pour atteindre plus de 1000 milliards de US$ en 2009, ce qui fait de la Chine le premier exportateur mondial. L’essentiel de ce commerce se fait avec l’Union européenne (20,4 %), les États-Unis (17,7 %), Hong Kong (13,4 %) et le Japon (8,1 %). La balance commerciale de la Chine est excédentaire avec un grand nombre de pays. Les points forts des exportations chinoises sont le textile, les tracteurs, les montres et les jouets (85 % du marché mondial), les appareils photographiques et les ordinateurs portables (55 % du marché), les téléviseurs et les machines à laver (30 %), 15 % pour l’acier.

La présence des entreprises étrangères sur le sol chinois est en grande partie à l’origine de la forte accélération de la croissance des exportations. Elles ont attiré la main-d’œuvre qualifiée dans les zones côtières où elles se sont implantées. Seulement 41 % des exportations chinoises proviennent d’entreprises intégralement chinoises. Aujourd’hui, 39 % des exportations en provenance de Chine sont réalisées par des entreprises dont le capital est à cent pour cent étranger et 20 % sont le fait de partenariat entre les sociétés étrangères et les sociétés chinoises67. La Chine continentale entretient son attractivité pour les entreprises avec une main-d’œuvre bon marché et non syndiquée. Cependant le prix de la main-d’œuvre croît rapidement, en 2010, il a progressé de 24 %.

De plus, il faut ajouter que le pays possède la plus grande force de travail au monde avec 813.5 millions de travailleurs disponibles. La non-organisation des ouvriers chinois représente un bénéfice substantiel pour les employeurs, qui y trouvent une flexibilité d’emploi impossible à mettre en œuvre dans les démocraties libérales.

Les conséquences de cette croissance économique sont nombreuses. Le revenu moyen annuel d’un ouvrier chinois est de mille trois cents dollars américains. Les salaires augmentent régulièrement sur le littoral pacifique. La Chine a accumulé la plus confortable réserve de devises de tous les temps: 2 200 milliards d’euros selon la Banque populaire de Chine.

En 2014, la Chine fonde la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) pour contrebalancer le poids des institutions financières issues du monde occidental (et ce alors que plusieurs pays occidentaux acceptent toutefois d’en devenir membre). Dotée de plusieurs dizaines milliards de dollars, elle a pour but d’asseoir la nouvelle diplomatie économique chinoise afin de financer les besoins massifs en infrastructure en Asie (autoroutes, chemins de fer, télécommunications, etc.), à partir de réseaux financiers convergeant vers la Chine.

 

Agriculture et ruralité

Selon les estimations de l’Organisation de coopération et de développement économiques, le secteur agricole représente encore aujourd’hui 15 % du produit intérieur brut de la Chine et assure 40 % de l’ensemble des emplois. Une part qui s’élevait à 71 % à la fin des années 1970. Ce secteur constitue donc, malgré le développement industriel récent, une part importante de l’économie chinoise. Plus de 700 millions de personnes vivent dans les zones rurales, avec de très fortes migrations vers les villes. À titre d’exemple, le Guangdong est passé de 35 millions d’habitants en 1987 à 105 millions en 2013, soit un triplement.

L’agriculture, qui occupe la majeure partie de la population active (307 millions d’actifs ruraux), reste un secteur fondamental de l’économie chinoise. Les exploitations sont détenues par les collectivités villageoises qui les louent à des agriculteurs, souvent avec des baux de trente ans.

Cette semi-privatisation s’est accompagnée d’un boom de la productivité et de la production. Depuis 5 000 ans, le riz domine l’activité rurale de la Chine et constitue l’aliment de base de la majorité de ses habitants. L’agriculture chinoise est pénalisée par le peu de zones cultivables. En outre, elle dispose de seulement 10 % de la superficie cultivable mondiale et doit nourrir 22 % de la population mondiale. L’agriculture chinoise est également handicapée par son morcellement, avec 200 millions de foyers exploitant chacun, en moyenne, une superficie de 65 ares. De plus, du fait de l’urbanisation croissante, de la pollution et de la désertification, on estime que la surface cultivable diminue d’environ 2 500 km2 par an.

Les revenus des agriculteurs chinois ont cependant plus que triplé entre 1980 et 2000, ce qui a largement contribué à la diminution de la pauvreté dans le pays. 400 millions de Chinois vivant dans les zones rurales sont sortis de la pauvreté entre 1979 et 2002. Ceci n’empêche pas l’inégalité croissante entre ruraux et citadins. De ce fait, la Chine est confrontée à un exode rural important.

Le sud du pays profite de cultures tropicales d’exportation ou d’autoconsommation. Sur les six premières années de la décennie 2010, le pays a conservé sa quatrième place au palmarès des grands producteurs mondiaux de sucre, malgré un déclin très accentué. Parmi les points forts de son agriculture, le pays était aussi deuxième au palmarès des producteurs mondiaux de céréales au milieu des années 2010, dominé par les États-Unis. La Chine était également première au palmarès producteurs mondiaux de thé sur la décennie 2010.

 

Industrie et matières premières

La Chine possède également les plus importantes réserves de métaux rares au monde et dont l’utilisation principale est précisée ci-après entre parenthèses : 95 % des terres rares (nanotechnologie), 87 % de l’antimoine (semi-conducteur), 84 % du tungstène (semi-conducteur), 83 % du gallium (photovoltaïque), 79 % du germanium (fibre optique), 60 % de l’indium (photovoltaïque) et 51 % de la fluorine (métallurgie). L’usage croissant de ces métaux dans les nouvelles technologies et l’industrie, face à une production concentrée et limitée, laisse craindre des risques de pénuries à plus ou moins long terme.

Depuis les années 1990, la Chine est le premier fabricant mondial de jouets, la production étant concentrée principalement dans le Guangdong et les provinces du sud, avec une forte plateforme d’exportation à Hong Kong et dans le détroit de la rivière des Perles. De même, en 2010, la Chine a vendu 18 millions de voitures et est devenue le premier marché mondial de l’automobile.

 

Monnaie chinoise

Le yuan (chinois simplifié : 元 ; chinois traditionnel : 圓 ; pinyin : yuán) est la devise nationale de la République populaire de Chine. Il est appelé également yuan renminbi ou renminbi (abrégé en RMB). Bien que son nom officiel soit renminbi, c’est le terme yuan qui est en général employé et surtout kuai dans le langage courant. Le yuan se subdivise en 10 jiao (ou 10 mao), eux-mêmes subdivisés en 10 fen. On trouve des billets de 1, 5, 10, 20, 50 et 100 yuans, des billets de 1, 2 et 5 jiaos, et des billets de 1, 2 et 5 fens (la production de ces trois derniers a été arrêtée en 2007). Les pièces, peu utilisées, sont de 1 yuan, 5 jiaos et 1, 2 et 5 fens.

La Chine est souvent accusée de maintenir volontairement un taux de change bas pour faciliter ses exportations. Cette accusation est cependant démentie par le Trésor américain qui, dans son rapport semestriel du 19 décembre 2007, reconnait que Pékin ne manipule pas sa monnaie pour en tirer des bénéfices commerciaux, même s’il considère toujours que le yuan est sous-évalué par rapport au dollar.

 

Géographie

La Chine est le 3e ou 4e pays le plus grand du monde après la Russie, le Canada et, selon la méthode de calcul utilisée, les États-Unis (incluant l’Alaska). Si l’on prend en compte seulement la superficie terrestre (sans les lacs et rivières), la Chine est le 2e pays le plus grand après la Russie. La Chine est située au centre de l’Asie et possède 14 pays voisins, ce qui en fait, à égalité avec la Russie, l’État avec le plus de voisins au monde. Ses voisins sont : le Vietnam, le Laos, la Birmanie, l’Inde, le Bhoutan, le Népal, le Pakistan, l’Afghanistan, le Tadjikistan, le Kirghizistan, le Kazakhstan, la Russie, la Mongolie et la Corée du Nord. La Chine a une frontière terrestre totale de 22 117 km, la plus grande au monde. La Chine possède également des frontières maritimes avec la Corée du Sud, le Japon et les Philippines.

Le territoire chinois comprend une très grande diversité de paysages, du fait de la taille du pays. À l’est, on retrouve de grandes plaines très peuplées. Au nord, en Mongolie-Intérieure, le climat est semi-désertique, avec la présence du désert de Gobi. La Chine du Sud est dominée par des paysages très vallonnés (collines et petites chaînes de montagne) et un climat tropical. À l’ouest du pays se situe le désert du Taklamakan (l’un des déserts les plus arides) et le plus haut plateau du monde, le plateau du Tibet. C’est sur ce plateau que se situe le mont Everest, la plus haute montagne du monde (8 848 m).

Les fleuves principaux coulent d’ouest en est, dont le Yangzi Jiang (ou Chang Jiang, « long fleuve »), le fleuve Jaune(centre-est), l’Amour (nord-est) ; certains coulent vers le sud (rivière des Perles, Mékong, Brahmapoutre). La plupart de ces fleuves se jettent dans la mer de Chine méridionale ou la mer de Chine orientale. Une grande partie des terres arables chinoises se situent autour des deux fleuves principaux, le Yangzi Jiang et le fleuve Jaune, qui sont aussi les foyers principaux des anciennes civilisations chinoises. Le plus grand lac de Chine est le lac Qinghai.

Le climat change beaucoup d’une région à l’autre du fait de la grande taille du pays et de sa topographie complexe : au nord, un climat sec avec de rudes hivers; au centre, un climat plus tempéré; au sud, un climat subtropical humide, marqué par la mousson.

Les formations paléozoïques de Chine sont pour la plupart marines ; les dépôts du mésozoïque et du tertiaire proviennent d’estuaires et d’eaux douces, ou de terres. Des groupes volcaniques composent certaines parties des grandes plaines du Nord. Dans les péninsules du Liaodong et du Shandong se trouvent des plateaux basaltiques.

La végétation de la Chine est très diversifiée et plus développée à cause de son climat tropical. Ce pays compte plus de 7 000 espèces de plantes ligneuses, dont 2 800 arbres de futaie (forêt composée d’arbres adultes). Dans les forêts tropicales et dans la vallée du Xi Jiang, on retrouve des arbres pouvant mesurer jusqu’à 50 mètres de haut. Au nord de la Chine, on retrouve une vaste zone de flore composée de chênes verts, des ginkgos bilobas qui « sont la seule espèce vivante de ce genre et une des plus anciennes espèces d’arbres connues », des bambous et des azalées, ginkgo, épicéa, pin du Yunnan, teck, palissandre, santal rouge, camphrier, ébénier, azalée, camélia. On peut également y voir des forêts entièrement recouvertes de magnolia, de lauriers, des petits buissons et du bambou. En haute altitude le type de végétation est différent. En effet, vers l’Himalaya, les pins ainsi que les sapins sont très présents. Certaines espèces de plantes et d’animaux n’existent qu’en Chine. Les palmiers et les singes sont présents en grande quantité dans la région du Sud puisque le climat est chaud et humide.

Les prédateurs tels que le tigre et l’ours, tout comme certains types de plantes, se développent dans des milieux humides, isolés des autres. Les steppes herbeuses s’étendent sur les plateaux du Shaanxi, du Ningxia et de l’Ordos, et dans le Qinghai. Cette végétation a été en grande partie anéantie par les troupeaux (moutons, chevaux et autres espèces animales) mais aussi par l’érosion des sols. Les prairies occupent 400 000 km² du territoire chinois et sont situées en altitude. En Chine, près de 10 000 km² de forêts sont déboisés chaque année. Dans le sud du pays, les forêts sont assaillies par des pluies acides qui sont causées par la pollution industrielle. Les déserts couvrent une superficie de 1 300 000 km² et ils progressent de 2 000 km² chaque année. C’est en 1978, le gouvernement lance un programme appelé « Grande Muraille verte » pour stopper la progression du désert. Ce programme visait à planter des plantes xérophiles (plante coupe-vent) sur 7 000 km de long.

 

 

Histoire

L’histoire de la chine se dessine en 4 temps bien distinct : Préhistoire, Moyen age, Chine moderne, République populaire de Chine.

 

Préhistoire

Dès le Néolithique existaient en Chine des sociétés organisées sédentaires qui pratiquaient l’agriculture et l’élevage. La culture du riz apparaît vers 5000 av. J.-C.Bien que des objets de bronze aient été trouvés sur le site de la culture de Majiayao (entre 2300 et 2700 av. J.-C.), il est généralement admis que l’âge du bronze en Chine a commencé aux alentours de 2100 av. J.-C., durant la dynastie des Xia. Mais c’est sous la dynastie des Shang (de 1766 à 1122 av. J.-C.) que le travail du bronze atteint tout son développement.

 

Moyen-âge

Après les premières dynasties, telles que celles des Xia, des Shang et des Zhou, qui n’occupent que la partie la plus centrale du pays, le grand unificateur de la Chine est l’empereur Qin Shi Huang, fondateur de la dynastie Qin (qui a donné son nom à la Chine) en 221 av. J.-C., ainsi que de la Grande Muraille de Chine. Elle est alors devenue une vaste zone relativement unifiée politiquement et linguistiquement, avec une culture avancée, devançant le reste du monde dans de nombreux domaines tels que les arts, la médecine et les techniques. L’armée enterrée qui garde encore aujourd’hui son mausolée à côté de Xi’an a été retrouvée en 1974.

Sous les Han (de -206 av. J.-C. à 220 apr. J.-C.), les Tang (de 618 à 907), puis les Song (de 960 à 1279), le pays connait de longues périodes de paix, pendant lesquelles la Chine peut être comptée au premier rang des nations les plus importantes du monde, par sa population, sensiblement égale à celle de l’Europe, mais aussi par ses innovations, sous les Tang et sous les Song en particulier.

Entre ces brillantes dynasties cependant, la Chine connait des périodes troublées, avec des périodes de guerres civiles pendant lesquelles elle perd son unité. C’est notamment le cas de la période séparant la chute des Han, en 220 apr. J.-C. avec l’apparition des Trois Royaumes, jusqu’en 581, date à laquelle la dynastie Suiréunifie la Chine, préparant ainsi l’avènement des Tang. De même, une période de troubles, les Cinq dynasties et les dix royaumes, sépare les Tang de la dynastie Song, pendant laquelle s’épanouit la culture chinoise à son apogée.

Après le traumatisme de l’invasion mongole opérée par les héritiers de Gengis Khan, la dynastie Yuan, celle-ci prend le pouvoir dans le nord de la Chine à partir de 1234, et proclame sa souveraineté sur la Chine en 1271, en dépit de la résistance acharnée de la dynastie des Song dans le sud de la Chine jusqu’en 1279. En 1274, l’empereur Kubilaï constitua une flotte imposante pour s’emparer du Japon, mais elle fut en partie détruite par un typhon ; en 1281, il renouvela cette tentative qui fut contrariée par un nouveau typhon, baptisé kamikaze (« vent des dieux »). Jusqu’à la fin du xiiie siècle, l’Europe connaissait très peu de chose de la Chine avec qui elle était indirectement reliée par les routes de la soie, au long desquelles de multiples intermédiaires et marchands se succédaient gardant secrète leur connaissance parcellaire du parcours.

Une nouvelle dynastie d’ethnie Han reconquiert finalement le pouvoir en 1368 ; c’est la dynastie Ming, qui s’efforcera de retrouver la gloire du passé, sans toutefois en retrouver le dynamisme. En 1405, la Chine se prépare avec la construction de la « Grande Flotte » à l’une des plus grandes aventures d’exploration maritime du haut Moyen Age qui la mènera au cours de 7 expéditions sous la direction de l’amiral Zheng He jusqu’à Java, Ceylan puis l’ouest de l’Afrique17.

En 1644, une nouvelle dynastie « non-Han », mandchoue cette fois, descendant de tribus qui nomadisaient en Sibérie Orientale ayant sédentarisé au nord de Pékin (région de Gehol), s’empare du trône de Chine et fonde la dynastie Qing, aboutissement de l’œuvre de Nurhachi, le véritable fondateur de cette lignée. Elle s’achèvera après la Révolution de 1911 qui débouchera sur la proclamation de la République de Chine par le Dr. Sun Yat-sen au 1er janvier 1912 et l’abdication de l’empereur Puyi, « le dernier empereur » en février de la même année.

Même pendant les périodes d’unité, la culture chinoise a toujours consisté en un tissu très composite, et la variété des cuisines, des dialectes, des habitudes et des modes de vie ne doit pas être éclipsée par l’étonnante unité culturelle, administrative et politique de ce pays à l’échelle d’un continent. Cette unité et continuité ne sont pas sans rapport avec l’emploi d’une écriture relativement détachée de la phonétique, qui permet de noter de la même façon des langues et des dialectes très différents.

 

Naissance de la Chine moderne

Lors de la Révolution industrielle inaugurée au Royaume-Uni, la Chine des Qing se ferma aux influences étrangères : cela contribua sans doute, dans un contexte d’internationalisation des échanges et d’impérialisme colonial, à son déclin économique et technique. À la suite des guerres de l’opium, les Traités inégaux forcèrent l’empire Qing à diviser son territoire en zones d’influence attribuées aux Huit armées étrangères alliées, ouvertes sans conditions au commerce étranger : l’Allemagne, par exemple, dominait le Shandong, la France le Yunnan. L’économie du pays, axée sur le commerce de l’opium, fut ruinée, son autonomie politique abolie de facto.

En 1851 commença la révolte des Taiping, alimentée par les croyances des sociétés secrètes de Chine méridionale, et prônant un mouvement de réformes radicales. Mal organisée, l’armée des Taiping fut défaite en 1864, avec l’appui des troupes franco-britanniques.

Lors de la première guerre sino-japonaise (1894-1895), le Japon vainquit les troupes impériales, et obtint l’île de Taïwan et les îles Penghu à travers le traité de Shimonoseki. En 1898, le Royaume-Uni obtint une concession de 99 ans sur les Nouveaux Territoires (y compris New Kowloon et Lantau). Le Royaume-Uni, la Russie, le Japon, la France, l’Allemagne et la Belgique tirèrent parti de l’état de déréliction croissante du pays pour élargir chacun sa sphère d’influence.

Les tentatives de la Chine pour se moderniser s’avèrent insuffisantes, et la réforme des Cent Jours de 1898 est un échec. Le mouvement nationaliste de la révolte des Boxers, en 1899-1901, dont l’empire tente de tirer parti pour résister à l’influence des puissances étrangères, débouche sur une intervention internationale et sur un protocole de paix humiliant pour la Chine, renforçant le discrédit des Qing.

La révolution éclate en 1911. Sous la pression d’intellectuels et hommes politiques progressistes, le choix d’un régime républicain est décidé et la République de Chine est proclamée en février 1912 par Sun Yat-sen, chef du parti nationaliste Kuomintang ; l’empereur Puyi, âgé de 6 ans, abdique, le pouvoir ayant été essentiellement dans les mains de l’impératrice douairière Cixi. Yuan Shikai, devenu président, proclame le rétablissement de la monarchie en 1915. Sa mort, en 1916, contribue au chaos économique et politique du pays : la conférence de Paris, en 1919, attribue le Shandong, revendiqué par l’Allemagne récemment défaite, au Japon. Le mouvement du 4 mai 1919 éclate en signe de protestation.

En 1921, le Parti communiste chinois est créé à Shanghai. Entre-temps, Sun Yat-sen a multiplié les contacts et demandes d’assistance auprès de la jeune Union soviétique. En 1923, il fonde à Canton l’académie militaire de Huangpu, destinée à former une armée chinoise moderne : Tchang Kaï-chek en prend la direction. À la mort de Sun Yat-sen en 1925, Tchang Kaï-chek mène avec succès l’Expédition du Nord, reprenant aux seigneurs de guerre la moitié nord du pays. En avril 1927, il proclame l’établissement de la capitale à Nankin, instaurant la période dite de la décennie de Nankin. Dans le même temps, il rompt avec ses alliés communistes qu’il fait massacrer à Shanghaï, marquant le début de la guerre civile chinoise. La capitale communiste, Wuhan, est reprise en 1928 par l’Armée nationale révolutionnaire du Kuomintang : le Kuomintang a le contrôle nominal de l’ensemble du pays et obtient une reconnaissance internationale.

Fin 1931, Mao Zedong proclame la République soviétique chinoise. Fin 1934, chassé par l’armée de Tchang Kaï-chek, il entame la Longue Marche (12 500 kilomètres), fuyant vers le Nord avec 100 000 hommes, dont 86 000 soldats de l’armée rouge. Fin 1935, il se fixe avec les quelques dizaines de milliers de survivants à Yan’an. En 1932, le royaume fantoche de Mandchoukouo dont Pu Yi était le souverain nominal avait été établi par les Japonais en Mandchourie, réduisant considérablement le support industriel du Kuomintang. À l’été 1937, l’invasion massive de la partie orientale de la Chine par le Japon déclencha la deuxième guerre sino-japonaise. Menacé par l’occupation japonaise et les mutineries de ses troupes, le parti nationaliste s’allia aux communistes contre l’envahisseur. Exacerbée par le massacre de Nankin en décembre 1937 et les multiples exactions contre les civils, la lutte antijaponaise fortifia cette alliance jusqu’en 1940, où des conflits entre communistes et nationalistes reprirent épisodiquement.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis accordèrent une aide financière massive au Kuomintang dans le cadre de l’effort de guerre antijaponais ; les traités inégaux furent abolis par les Américains et les Britanniques en 1943. En février 1945, la conférence de Yalta autorisa l’Union soviétique, avec l’accord tacite du Parti communiste chinois, à chasser l’armée japonaise de Mandchourie.

En 1947, l’aide américaine, s’avérant inefficace, prit fin. En 1948, les troupes du Kuomintang étaient démoralisées, épuisées par la guerre antijaponaise et la corruption du parti nationaliste. Dès la République soviétique chinoise du Jiangxi et surtout après son installation à Yan’an, Mao Zedong avait rompu avec les principes marxistes-léninistes traditionnels, fondés sur les révolutions urbaines à base ouvrière. Dans les territoires qu’il occupait, il poussait une réforme agraire, menant une guérillapaysanne et ralliant les masses rurales. En janvier 1949, son mouvement avait rallié la majorité du pays et Pékin fut prise sans combat par l’Armée populaire de libération ; elle redevint capitale de la Chine sous l’appellation internationale de Beijing. Entre avril et novembre, la plupart des autres villes tombèrent sans grande résistance aux mains des communistes.

 

Histoire de la République populaire de Chine

En 1949, les Communistes achèvent de prendre le contrôle de la Chine continentale (achevant en 1950 leur conquête par celle de l’île de Hainan), mettant fin à une longue période de guerre civile contre le gouvernement du Kuomintang et de morcellement politique. Le 1er octobre, Mao Zedong proclame sur la place Tian’anmen, à Pékin, la fondation de la République populaire de Chine, qui succède à la République de Chine. Les partisans du Kuomintang se replient dans l’île de Taïwan, et quelques îles du Fujian, où se maintient un gouvernement revendiquant toujours l’appellation de République de Chine. Le gouvernement basé à Taïwan est initialement le seul État chinois reconnu par les pays occidentaux, et conserve le siège de la Chine à l’ONU.

Le nouveau pouvoir veut mettre en place un nouvel ordre économique et social à la fois inspiré de l’exemple soviétique et adapté aux réalités chinoises. Dans un premier temps, cherchant d’abord à reconstruire un pays ravagé, il se contente de réformes relativement modérées, inspirées de celles déjà mises en place dans ses anciens bastions du temps de la guerre civile. Le rythme des réformes s’accélère pourtant rapidement, et de nombreuses personnes, soupçonnées de ne pas collaborer avec le régime, sont exécutées.

En 1950, la Chine intervient militairement au Tibet. En octobre 1951, elle soutient activement la Corée du Nord dans le conflit qui l’oppose à la Corée du Sud, en envoyant 1 700 000 « volontaires » combattre les forces américaines et internationales des Nations-Unies. En 1957, prenant acte des insuffisances du régime, Mao lance la campagne des Cent Fleurs : il invite la population à un débat critique. Les critiques formulées par les intellectuels sont parfois très violentes et inquiètent le parti. Celui-ci réplique par une « campagne antidroite » et lance en 1958 le Grand Bond en avant, vaste mobilisation pour la modernisation économique qui se solde par une famine responsable de 15 à 30 millions de morts. À partir de ce moment, Mao, très contesté par certains des responsables les plus éminents du parti, perd de son autorité. De nouvelles politiques économiques sont mises en place sous la présidence de Liu Shaoqi. En 1966, Mao lança la Révolution culturelle, qui lui permit de revenir au pouvoir en s’appuyant sur la jeunesse du pays contre les élites du parti en poste alors. Une période de chaos s’ensuivit. La situation est progressivement reprise en main par Zhou Enlai. Peu après la mort de Mao, Deng Xiaoping, considéré comme le leader des réformistes, parvint à se hisser au pouvoir. À la suite de quoi, la veuve de Mao, Jiang Qing, et ses associés, la Bande des Quatre, furent arrêtés et jugés. Depuis, le gouvernement a considérablement réduit le contrôle gouvernemental de la vie privée des individus et opéré une transition de l’économie de type planifié à une économie mixte.

En décembre 1978, lors du XIe Comité central du Parti communiste chinois, les dirigeants chinois annoncent qu’ils encourageront les coopérations économiques avec les autres pays et chercheront à obtenir les techniques et équipements les plus avancés du monde. Ce revirement politique marque le début de la politique d’ouverture de la Chine, avec le nouveau concept d’« économie socialiste de marché ». Le leitmotiv des partisans de la réforme économique est l’ouverture progressive du marché chinois, pour parvenir à la constitution d’une classe moyenne urbaine (15 % de la population actuelle) et à l’amélioration du niveau de vie(qui s’est vérifié par une augmentation spectaculaire du revenu annuel, du niveau de consommation, de l’espérance de vie, de l’alphabétisation). Les critiques adressées à ces réformes économiques, émanant généralement des paysans les plus pauvres, des observateurs étrangers et des dissidents politiques, notent que ces réformes ont créé de grandes disparités au sein du pays, une importante pollution, une corruption rampante, un chômage croissant et une mauvaise gestion des entreprises d’État. Certains acteurs de la vie politique chinoise, journalistes et magistrats, critiquent également le manque de réformes politiques vers plus de démocratie. Le pays adopte progressivement une économie de marché et s’insère de plus en plus dans le système économique libéral mondial. En 2001, il adhère à l’Organisation mondiale du commerce. Toutefois, le Parti communiste chinois en conserve le contrôle politique exclusif et maintient sa politique répressive vis-à-vis de groupes menaçant son hégémonie. Ces opposants sont majoritairement des personnes issues de certaines minorités (notamment du Tibet et du Xinjiang), certains Hans issus de la classe urbaine ou des dissidents vivant à l’étranger. La question des droits de l’homme reste un des sujets les plus sensibles concernant la République populaire de Chine dans l’opinion occidentale.

Stigmatisant les violations des droits de l’homme, les événements de la place Tian’anmen, le 4 juin 1989, ont entraîné un embargo sur les ventes d’armes à la Chine. L’Union européenne souhaitait en 2005 lever cet embargo. La République populaire de Chine est de plus en plus influente politiquement à travers le monde, en gardant toujours le même régime politique de départ, et devient la première puissance économique en janvier 2015

 

=> Démographie

Sa population est la plus grande du monde, dépassant les 1,358 milliard d’individus (2013), soit 20 % environ des 6,8 milliards d’individus vivant dans le monde d’après les estimations de l’OMS. Le niveau de vie moyen des Chinois a été multiplié par plus de 90 depuis 1987, soit la plus forte croissance mondiale depuis le début de l’âge industriel en 1775 (Angleterre).

Le 28 février 2006, le Bureau d’État des statistiques (BES) chinois a annoncé que la population de la République populaire de Chine avait augmenté de 7,68 millions de personnes en 2005, soit une croissance naturelle de 5,89 pour mille, contre 5,87 pour mille en 2004. L’espérance de vie est passée de 41 ans en 1952 à 62 ans en 1970 et est estimée à 75,7 ans en 2010 ou 73 ans en 2011. Au 31 décembre 2005, 562 millions de personnes vivent en ville et 745 millions dans les régions rurales. Sur ce chiffre total, on compte 674 millions d’hommes (soit 51,5 %) et 634 millions de femmes (soit 48,5 %). En 2005, la RPC a enregistré plus de 16 millions de naissances et environ 8,49 millions de décès.

On estime que cent trente millions de Chinois vivent avec moins d’un euro par jour. Ceux-ci vivent principalement dans les régions des minorités non chinoises ou non ‘Han’, en majorité dans les provinces montagnardes et intérieures, éloignées des grandes villes et centres urbains.

En revanche, le nombre de millionnaires en dollars (US) est passé de moins de 100 000 en 1999 à plus de 7 millions aujourd’hui, en faisant de la Chine, devant l’Inde, le premier pays de millionnaires au monde. L’immense majorité d’entre eux est concentrée dans les mégalopoles

 

Politique de l’enfant unique

Jusqu’au début des années 1970, la Chine connaissait une très forte croissance démographique. Afin de limiter la croissance de sa population, elle a adopté une réglementation limitant la taille des familles urbaines (à l’exception des membres des cinquante-cinq ethnies minoritaires) à un enfant, à deux enfants pour les familles rurales. Le taux de natalité est ainsi tombé de 21 ‰ en 1990 à 12,4 ‰ en 2003. L’accroissement démographique est quant à lui de 0,6 % en 2009 contre 1,44 % en 1990. D’après les estimations officielles, environ quatre cent millions de naissances ont été évitées grâce à la politique de contrôle des naissances.

Certaines familles privilégiées (notamment dirigeants) préfèrent aussi payer les amendes dont le montant n’a pas été réactualisé récemment. La violation de cette politique par des personnes aisées, des célébrités et des membres du parti communiste chinois a été plus fréquemment réprimée dans les années 2000.

La Chine compte 320 millions d’enfants de moins de quatorze ans. La nouvelle structure par âge de la population a accru considérablement le taux d’emploi qui est aujourd’hui un des plus élevés du monde, ce qui contribue à expliquer les forts taux d’investissement, d’épargne et de croissance économique observés depuis 1980. Mais cette politique de l’enfant unique n’est pas sans poser des problèmes sociologiques et des problèmes futurs avec un vieillissement accéléré de population prévu dès 2030. Mais, du fait du vieillissement de la population, le gouvernement chinois a décidé le 16 novembre 2013 un assouplissement de la « Politique de l’enfant unique » et au moins quatre cas où un deuxième enfant est autorisé.

La Chine a annoncé officiellement, le 29 octobre 2015, la fin de la politique dite de l’enfant unique, en vigueur depuis 1979. Désormais, tous les couples auront l’autorisation d’avoir deux enfants, selon un communiqué du Parti communiste chinois.

 

Déséquilibre entre les sexes

Le ratio des naissances est de 123 garçons pour 100 filles, en 2005. C’est en grande partie une conséquence de la limitation des naissances. En effet, les garçons sont considérés comme plus avantageux économiquement dans les zones rurales, du fait du paiement de dots. Et par ailleurs, la tradition veut que les parents soient à la charge de leur fils une fois vieux, tandis que la fille s’occupe surtout des parents de son mari. Dès lors, avoir au moins un garçon est très important. Ceci a entrainé de nombreux abandons et infanticides de filles, et plus récemment le recours à l’avortement sélectif, interdit en théorie.

Il existe de nombreux orphelinats pour les enfants abandonnés, mais seuls 2 % d’entre eux ne trouvent pas de parents adoptifs, et restent à l’orphelinat jusqu’à l’âge adulte. La République populaire de Chine a institué un programme permettant les adoptions internationales, mais celui-ci n’a qu’une faible incidence sur le nombre d’adoptions actuellement. De plus, il a été fortement limité en décembre 2006.

En 2010, la politique de contrôle des naissances a eu pour conséquence observable un ratio de 119 garçons nés pour 100 filles, largement au-dessus de la moyenne naturelle (103 à 107 pour 100). Ce déséquilibre entre les sexes a pour conséquence la mise en place de trafic humain dans le cadre de la prostitution en Chine. Dans la province du Yunnan des dizaines de femmes ont pu être libérées avant d’être vendues à des réseaux mafieux de la prostitution. Elles étaient destinées à alimenter les lieux de prostitution comme esclaves sexuelles dans les centres urbains de l’Asie du Sud-Est. D’autres femmes devaient rejoindre Taïwan afin de s’y marier.

Le chef adjoint des services d’enquêtes sur les crimes indique qu’entre 30 000 et 60 000 enfants disparaissent chaque année en Chine sans pouvoir indiquer toutefois le pourcentage attribué au trafic humain. En août 2009, le ministère chinois de la Sécurité publique a mis en place un programme pilote destiné à informer les populations migrantes de ce trafic. Le gouvernement de la République populaire de Chine tente de réduire le problème à travers des campagnes de sensibilisation via le planning familial, mettant en valeur le rôle des filles, mais également en interdisant le diagnostic de sexe prénatal.

Source: Wikipédia

 

 

 

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