En bref

 

Superficie:
719,1 km2

 

Population:
5 535 000 hab.

 

Capitale:
Singapour

 

Politique:

La Constitution singapourienne est inspirée par le parlementarisme britannique, cependant le Parlement de Singapour est unicaméral, c’est le pouvoir législatif de Singapour. Il comprend 89 membres pour un mandat maximum de cinq ans. Le Premier ministre est le chef du gouvernement. Le président de la République de Singapour est le chef d’État de la nation. Le Dr Benjamin Henry Sheares (1907-1981) a été président de la République du 2 janvier 1971 jusqu’à sa mort, le 12 mai 1981.

Dans les faits, le Parti d’action populaire (PAP) domine la politique singapourienne depuis l’indépendance. Le mode de gouvernement se rapproche plus de l’autoritarisme que d’une démocratie multipartiste.

Depuis 1965, seulement trois premiers ministres, tous membres du PAP, se sont succédé : Lee Kuan Yew, le père de la Singapour moderne jusqu’en 1990, Goh Chok Tong de 1990 à 2004, et enfin Lee Hsien Loong, le fils de Lee Kuan Yew, depuis le 12 août 2004. Quant au président, théoriquement élu au suffrage universel direct pour un mandat de six ans, sa réélection le 17 août 2005 n’en était pas vraiment une car elle s’est faite sans vote : en effet, Sellapan Rama Nathan était le seul candidat au jour de l’élection, les autres candidats ayant été disqualifiés parce qu’ils ne remplissaient pas les critères nécessaires… des critères mis en place par le gouvernement et qui incluent l’obligation d’avoir eu un poste important dans le service public. Le président actuel, Tony Tan Keng Yam, a été élu le 1er septembre 2011.

L’économie de marché singapourienne est reconnue internationalement comme un modèle de réussite tout en étant transparente et exempte de corruption.

Singapour est membre de l’ASEAN (Association des nations d’Asie du Sud-Est) et elle est couverte par les Five Power Defence Arrangements en cas d’agression contre elle.

 

 

Langues:

Les langues officielles sont l’anglais, le mandarin, le malais et le tamoul. Le malais est aussi symboliquement la langue nationale (utilisé pour l’hymne national). Le parti dirigeant a préféré toutefois promouvoir l’usage de l’anglais comme langue fédérant les communautés et les échanges extérieurs. Plus récemment, la place du mandarin s’est vue renforcée dans l’enseignement et l’affichage public.

 

 

Economie:

Singapour est, avec la Corée du Sud, Taïwan, et Hong Kong, l’un des quatre « dragons » d’Asie comme l’on qualifie ces pays alors en pleine croissance économique dans les années 1980. Elle possède une économie prospère et moderne, caractérisée par un environnement ouvert et exempt de corruption, des prix stables et un des plus élevé PIB par habitant au monde (36 378 $US en 2009). Son économie repose sur les services bancaires et financiers (deuxième place financière d’Asie après le Japon), le commerce, la navigation (le deuxième port du monde derrière Shanghai pour le tonnage cargo avec 501,566 millions de tonnes en 2010, mais aussi en conteneurs pour la même année avec 28 431 100 TEUs), le tourisme, les chantiers navals et le raffinage du pétrole (troisième raffineur mondial). Le secteur de l’industrie électronique est également très dynamique et connu dans le monde entier (la société Creative Technology a diffusé dans le monde entier les célèbres cartes-son Sound Blaster). Signalons aussi l’importance du secteur de l’armement, dopé par les commandes publiques de l’État singapourien qui dispose de deux fonds souverains, le Temasek Holdings depuis1974 et le Government of Singapore Investment Corporation (GIC) depuis 1981.

En 2001 la récession mondiale et la chute du secteur des TIC n’ont pas épargné l’économie singapourienne. Le PIB a reculé de 2,1 %. Et l’épidémie de SRAS début 2003 n’a fait qu’amplifier cette crise. Pour contrer ce ralentissement, le gouvernement a mis en place en décembre 2001 un comité de veille économique dont les résultats ont été publiés en février 2003. Il en résulte une volonté réaffirmée du gouvernement de s’insérer dans les échanges mondiaux en répartissant mieux ses intérêts (notamment avec l’Europe) tout en réduisant les coûts locaux.

Singapour fait partie de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

 

 

Géographie:

Singapour se situe entre la Malaisie au nord et l’Indonésie au sud. Pulau Ujong, l’île principale, est justement reliée à cette péninsule Malaise par deux ponts. Le premier, la chaussée Johor-Singapour, arrive à la ville frontalière de Johor Bahru en Malaisie. Le second, le Malaysia-Singapore Second Link, à l’ouest, connecte la périphérie de Johor Bahru aux quartiers de la région de Tuas.

Outre l’île principale, l’État singapourien est aussi formé de 64 autres petites îles dont les plus importantes sont l’île de Jurong (industrielle), l’île de Sentosa (à vocation touristique), Pulau Ubin, et la plus grande, Pulau Tekong. Bien que Singapour ne soit qu’une seule ville, les limites administratives correspondent aux circonscriptions électorales. Celles-ci sont revues à chaque élection législative pour prendre en compte l’évolution démographique.

De nombreux réservoirs d’eau potable (Bukit Timah, MacRitchie…) ont été disséminés dans l’île pour permettre à l’État une autonomie d’approvisionnement en cas de conflit avec son voisin malaisien, dont il dépend actuellement à 80 % pour l’eau.

 

Histoire:

L’histoire Singapourienne se décompose en 4 temps: la ville du lion, la colonisation, occupation japonaise, L’indépendance à aujourd’hui.

 

ville du lion

« Tumasik »  l’ancien nom de l’île, appartenant au royaume javanais des contrées tributaires de Majapahit est attesté dès le xive siècle, et mentionné dans le Nagarakertagama, un poème épique écrit en 1365 . Les « contrées tributaires » étaient en fait des comptoirs formant un réseau commercial dont Majapahit était le centre. Majapahit y envoyait des dignitaires dont le rôle était de s’assurer que ces comptoirs ne s’adonnaient pas à un commerce privé qui échapperait au royaume.

La ville finit par prêter allégeance au royaume d’Ayutthaya (l’actuelle Thaïlande). À la fin du xive siècle Parameswara, un prince de Palembang dans le sud de l’île indonésienne de Sumatra qui refusait la suzeraineté de Majapahit après une attaque de celui-ci en 1377, se serait exilé à Tumasik. Il aurait assassiné le gouverneur de la cité et rebaptisé la cité « Singapura » (« ville du lion » en sanskrit). Ayutthaya serait ensuite intervenu, obligeant Parameswara à quitter la cité. Après cette attaque d’Ayutthaya, l’activité commerciale de Singapour cesse. L’île devient un repaire de pirates qui entretient des relations avec le sultanat de Malacca fondé par Parameswara, et sombre dans l’oubli, presque vide d’habitants.

 

La colonisation

Elle entre dans le domaine colonial néerlandais vers 1685 (Indes néerlandaises). Mais le territoire n’est pas mis en valeur, les Néerlandais se concentrent alors sur Malacca.

En 1810-1811, quand le royaume des Pays-Bas tombe sous domination napoléonienne, Singapour, l’actuelle Malaisie, ainsi que certaines parties de l’Indonésie (ces dernières pour une très courte période) dont Java et surtout la côte ouest de Sumatra, sont occupés par la Grande-Bretagne.

Après le traité de Vienne de 1815, les régions au sud de Singapour (futures Indes néerlandaises et Indonésie) sont restituées aux Pays-Bas, (confirmation par le traité de Londres de 1824), tandis que les régions au nord (Singapour et future Malaisie), passent sous contrôle britannique, ce qui est effectif dès 1817. L’île passe alors nominalement sous le contrôle du sultan de Johor. Les militaires britanniques envisagent de construire un port, fondations de la future ville que sera Singapour.

Le 29 janvier 1819, Sir Thomas Stamford Raffles fonde un poste de commerce qui deviendra Singapour.

En 1819, le Britannique sir Thomas Stamford Raffles acheta — pour 33 000 dollars espagnols (pesos) — l’île au Sultan de Johor, Hussein Shah, et en prit le contrôle pour faire face à une éventuelle domination commerciale des Néerlandais dans la région. Le Traité de Londres de 1824 entre les Britanniques et les Néerlandais accorde à ces derniers le contrôle des territoires revendiqués par les Européens au sud de Singapour. En 1826, Singapour, Malacca et Penang constituent les colonies des détroits ou Straits Settlements. Ainsi, Singapour devint une base navale britannique importante, qui permettait de contrôler le passage à travers le détroit de Malacca tandis que les Néerlandais reviennent définitivement dans certaines zones de Java et Sumatra au début de 1826. En effet, une grande part des ressources économiques des Indes néerlandaises sont sous contrôle des Britanniques, dont les investissements sont les plus visibles à Sumatra (surtout sur la côte ouest). Les Néerlandais seront en effet durant quelques années maintenus plus au sud, pour éviter toute tentative colonialiste française. Les Britanniques renonceront définitivement à la colonisation de Sumatra vers 1850, au bénéfice des Néerlandais. Ces derniers, très fragilisés, ne seront pleinement maîtres de l’Indonésie qu’au début du xxe siècle.

Plus au nord, on retrouve donc les colonies de Malaya (Malaisie) et Singapour, qui deviennent une seule colonie (Straits Settlements = établissements du détroit).

Cependant, cet arrangement plaça la colonie sous la bureaucratie étendue et la hiérarchie complexe de la Compagnie britannique des Indes orientales. Plus tard, des commerçants firent pression sur les Britanniques pour réformer la législation car il y avait un besoin croissant de nouvelles mesures contre le crime et la piraterie. Singapour a été déclaré « colonie de la couronne » en 1867, ce qui signifie une domination de la couronne britannique sur Singapour qui durera jusqu’à l’indépendance en 1965, hormis la parenthèse de l’occupation japonaise.

 

Occupation Japonaise

Troupes de l’Armée impériale japonaise victorieuses défilant dans le centre-ville de Singapour après la capitulation britannique.

Durant la colonisation britannique, l’immigration se développa. En effet, les Britanniques firent venir dans la région des travailleurs chinois et indiens pour développer le commerce et travailler dans les plantations d’hévéas. Vu l’interdiction faite aux étrangers d’acheter des terres agricoles en Malaisie, ces communautés s’installèrent à Singapour, qui était alors surnommée en Angleterre « le Gibraltar de l’Extrême-Orient ». Pour défendre les intérêts britanniques en Asie de l’Est, la stratégie de Singapour fut imaginée, devant faire de la ville une grande base navale capable de résister à une offensive japonaise, mais cette stratégie fut un échec.

Durant la Seconde Guerre mondiale, à partir du 15 février 1942, l’île est soumise à l’expansionnisme du Japon Showa et intégrée dans la Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale, à la suite d’une invasion dirigée depuis les terres, alors que les défenses de la ville étaient orientées surtout vers la mer. Ce dispositif était appelé « Syonan-To » (en français « lumière des Sud »). Au cours des massacres dits « de Sook Ching », on estime qu’entre 20 000 et 100 000 Chinois furent tués en tant qu’« éléments anti-Japonais » pendant l’occupation. Les historiens locaux appellent cette période « les années les plus sombres de l’histoire de Singapour ». L’armée impériale japonaise y implanta également l’unité de recherche bactériologique 9420, une filiale de l’unité 731, où des chercheurs nippons pratiquaient des expérimentations sur des cobayes humains. Dans le même temps, un camp de prisonniers de guerre existait à Singapour, appelé « camp de Changi ». Des militaires britanniques, américains et australiens, principalement, capturés dès 1942 ou durant la guerre, y furent détenus. Les pertes humaines y furent nombreuses, à cause de l’hygiène déplorable et de la famine essentiellement.

L’Empire britannique récupéra Singapour seulement le 5 septembre 1945.

 

De l’indépendance à aujourd’hui

En 1959, les Britanniques dotent Singapour d’une Constitution propre et Lee Kuan Yew est élu Premier ministre. Son parti, le People’s Action Party, le PAP (« Parti d’action populaire ») propose alors l’intégration à la Fédération des États de Malaisie, ce qui fut fait le 16 septembre 1963. Peu après, les Malais de la péninsule forcent Singapour à quitter la Fédération (contre le gré de Lee Kuan Yew), dès 1964, des troubles éclatent, et l’indépendance de la République de Singapour vis-à-vis de la Fédération est proclamée le 9 août 1965.

Lee Kuan Yew,  supervise la séparation de Singapour de la Malaisie et les transformations qui en ont découlé. En dirigeant le pays de façon autoritaire, il transforme Singapour. 

Le manque de ressources naturelles, l’approvisionnement en eau potable dépendant principalement de la Malaisie et une capacité de défense très limitée étaient les principaux défis auxquels Lee et le gouvernement singapourien devaient faire face.

Lee commença à rechercher la reconnaissance internationale de l’indépendance de Singapour. Singapour rejoignit l’Organisation des Nations unies le 21 septembre 1965 et participa à la création de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) le 8 août 1967 avec quatre autres pays sud-est asiatiques. Lee fit sa première visite officielle en Indonésie le 25 mai 1973, quelques années seulement après la confrontation entre l’Indonésie et la Malaisie sous le régime de Soekarno. Les relations entre Singapour et l’Indonésie se sont nettement améliorées à la suite de plusieurs visites officielles entre les deux pays.

Singapour n’a jamais eu une culture dominante à laquelle les immigrants pouvaient s’assimiler même si le malais était la langue principale à cette époque. Avec l’aide du gouvernement et des partis au pouvoir, Lee essaya de créer une identité unique singapourienne dans les années 1970 et 1980, identité qui reposerait largement sur la reconnaissance ethnique sous la protection du multi-culturalisme.

Lee et son gouvernement insistèrent sur l’importance de maintenir la tolérance religieuse et l’harmonie entre les races. Ils n’hésitèrent pas à recourir à la loi pour combattre toute menace susceptible d’inciter à des violences inter-ethniques ou inter-religieuses. Par exemple, Lee lança un avertissement à la communauté chrétienne concernant son prosélytisme en direction des Malais. En 1974, le gouvernement recommanda à la Société de la Bible de Singapour de cesser toute publication de documentation religieuse en malais.

Lee Kuan Yew avait trois sujets de préoccupation principaux concernant la gestion du pays à la suite de la proclamation de son indépendance : la sécurité nationale, l’économie, et les problèmes sociaux.

La vulnérabilité de Singapour était profondément ressentie, avec de nombreuses menaces incluant notamment les communistes en Indonésie et son esprit de confrontation. Il déclara une politique de neutralité et de non-alignement, suivant en cela le modèle suisse. À la même époque, il demanda à Goh Keng Swee de mettre sur pied les Forces armées de Singapour (Singapore Armed Forces) (SAF) et demanda l’aide d’autres pays, en particulier Israël pour des conseils, de l’entraînement et du matériel.

Comme de nombreux pays, Singapour était confronté à des problèmes de corruption au sein de sa classe politique. Lee introduisit une législation donnant au Bureau d’investigation des pratiques corruptives (en) un plus grand pouvoir pour mener des arrestations, des recherches, des appels à témoins et enquêter sur les comptes en banques et les revenus ou déclarations d’impôts des personnes suspectes et de leurs familles. Lee estimait que les ministres devaient être suffisamment bien payés pour conserver un gouvernement propre et honnête. En 1994, il proposa d’aligner les salaires des ministres, des juges et des hauts-fonctionnaires sur les salaires des plus hauts responsables du secteur privé arguant que cela permettrait de recruter et retenir des talents au service du secteur public.

En 1983, Lee déclencha le « grand débat sur le mariage » lorsqu’il encouragea les hommes singapouriens à épouser des femmes diplômées. Il était inquiet du fait qu’un grand nombre de femmes diplômées ne fussent pas mariées. Certaines couches de la population, incluant des femmes diplômées, furent contrariées par cette politique. Néanmoins, une agence matrimoniale d’État, le Réseau de développement social (en) (SDU) fut mise en place pour promouvoir la socialisation entre les hommes et femmes diplômés. Dans le Programme des mères diplômées (en), Lee mit également en place des incitations telles que des abattements fiscaux, des priorités pour les écoles et le logement pour les mères de famille diplômées ayant trois ou quatre enfants constituant un renversement complet de la politique limitant à deux le nombre d’enfants par famille dans les années 1960 et 1970 dont le succès avait dépassé les attentes. À la fin des années 1990, le taux de natalité avait baissé tant et si bien que Goh Chok Tong, le successeur de Lee, étendit ces incitations à toutes les femmes mariées et donna même des incitations fiscales supplémentaires telles que le programme du bonus au bébé.

En moins d’une génération, Singapour passe du statut de pays sous-développé et corrompu au statut de géant économique international avec un des gouvernements les moins corrompus de toute la planète. Pendant les trois décennies où Lee a dirigé les affaires, Singapour a grandi passant d’un pays pauvre et sous-développé à l’une des nations les plus prospères et développées d’Asie en dépit de sa faible population limitant l’espace et le manque de ressources naturelles. Lee a souvent mentionné que la seule ressource naturelle de Singapour était son peuple à sa grande éthique du travail. Il est très respecté par de nombreux Singapouriens, en particulier les anciennes générations qui se souviennent de son pouvoir inspiré lors de l’indépendance et de la séparation d’avec la Malaisie.

D’un autre côté, de nombreux jeunes Singapouriens ont critiqué Lee comme étant autoritaire et intolérant envers la contestation, citant ses nombreuses tentatives – souvent avec succès – de poursuivre ses opposants politiques et les journaux exprimant une opinion lui étant défavorable. L’association internationale Reporters sans frontières a demandé à Lee et à d’autres officiels importants de Singapour de cesser leurs calomnies à l’encontre des journalistes. Lee a également utilisé l’Internal Security Act à un grand nombre d’occasions pour arrêter et détenir des opposants politiques et des activistes sans procès.

En 2004, l’école de Science politique Lee Kuan Yew de l’université nationale de Singapour a été nommée en son honneur.

 

 

Souce wikipédia