Culture

 

 

Des XVIe siècle, l’Empire ottoman n’a cessé de fasciner et de faire des envieux par son aptitude à englober et fédérer des peuples, des langues, des traditions différentes qui devinrent les fondements d’une culture variée et raffinée de l’Afrique du Nord au Moyen-Orient. 

Cette influence s’appliqua également à « l’art de vivre » ottoman. Et cela se révéla à travers l’architecture, les arts, les vêtements et le savoir-vivre…

 

L’architecture

L’architecture turque est un mélange des influences de l’architecture persane, byzantine et arabe. Peut-être même d’Asie Mineure, dans la partie qui s’étend de l’Arménie, depuis Erzeroum jusqu’à Konya. Les Ghaznévides et Seldjoukides de Perse sont les descendants des chefs de ces tribus turkmènes, appelées par les califes de Bagdad pour leur servir d’auxiliaires et qui leur enlevèrent leur empire. Poussées par les hordes de Gengis-Khan, d’autres tribus de la même origine s’établirent en Arménie sous la conduite de Soliman, et, après la mort de celui-ci, une partie de ces Turkmènes sous la conduite d’Ertogroul vint s’établir à Iconium (Konya), vers 1250.

Le palais des sultans seldjoukides de Konya contenait de beaux plafonds en style turc. À Nigdeh (à l’Est de Konya), un tombeau (du XVIIe siècle) élevé à Fatma Hanoum, fille du sultan Ahmed Ier (1610), est sur plan octogonal comme les tombeaux persans de Koum Achavend, etc.; les ornements sont aussi arabes et l’ensemble persan, ce qui prouve le maintien de ces traditions locales à Konya depuis le XIIIe siècle.

Les Turcs de Konya prirent Bursa (Brousse) en 1325 et en firent leur capitale. Orkhan, Mourad, Bayézid, Méhem met Ier, y fondèrent de nombreux édifices qui sont encore en partie debout. Les édifices byzantins qui existaient à Bursa, et particulièrement les églises, eurent une grande influence sur l’architecture turque qui s’empara dès lors des méthodes byzantines. Nombre d’édifices turcs (caravansérails, mosquées, madrasa) de Bursa offrent la plus grande analogie comme construction avec les petites églises grecques et les constructions byzantines du XIVe siècle. Les Turcs, néanmoins, apportent comme éléments caractéristiques de leur architecture les stalactites, les toitures singulières l’emploi de l’ogive persane et l’application des faïences émaillées. Ce nouvel appoint artistique va se greffer sur l’ancien fonds byzantin et lui infuser une sève nouvelle et préparer ainsi l’admirable mouvement de renaissance qui, au milieu du XVe siècle, est caractérisé par les chefs-d’oeuvre de l’architecte Sinan.

Les mosquées de Bursa ont d’abord été établies dans d’anciennes églises grecques comme la mosquée funéraire d’Orkhan; elles furent ensuite construites, soit sur un plan analogue à la mosquée de Kayseri, comme la mosquée Oulou-D’ami, soit sur un plan nouveau comme la mosquée de Bayezid Ildirim, celle de Mourad et surtout Yéchil-Djami ou mosquée verte.

 

La poésie et littérature

La poésie et la littérature, textes écrits et oraux, « des peuples turcs » sont très diverses, du fait du vaste espace géographique et culturel occupé au cours des siècles par des populations qui parlaient et écrivaient des langues apparentées, et qui ont connu de longues migrations.

La langue ottomane turque a été fortement influencée par le persan et l’arabe, ainsi que leur propre littérature, et a utilisé une variante de l’alphabet perso-arabe.

L’histoire de cette littérature s’étend sur une période de près de 1 300 ans, à partir de l’alphabet de l’Orkhon datant du 8e siècle et originaire de Mongolie actuelle. À la suite de cette période, entre le 9e et le 11e siècle, les peuples nomades turcs de l’Asie centrale ont gardé une tradition orale des épopées, comme le Livre de Dede Korkut des Oghouzes et l’Épopée de Manas des Kirghizes.

À la fin du 11e siècle, les Turcs ont commencé à s’installer en Anatolie, et, en plus des traditions orales, il s’est développé une tradition littéraire écrite proche du style arabe et de la littérature persane.

C’est donc durant cette période, que deux poésies s’affrontent, dont la première finira par l’emporter à l’époque ottomane, mais dont la seconde triomphera entièrement dans la Turquie moderne: d’un côté, celle des seigneurs et des citadins, dont le but sera de transposer en un turc bourré d’arabe et de persan les manières littéraires de ces deux grandes langues musulmanes, dans des vers fondés sur la quantité longue et brève des syllabes; de l’autre, celle des paysans et des nomades, peut-être moins savants, mais doués d’un sens plus vif de leur langue maternelle, souvent nourris de chansons populaires, qui entreprendront d’exprimer leur sensibilité et leur pensée selon le génie national, dans des vers fondés sur le seul nombre des syllabes.

Les succès prestigieux, au XIVe siècle, du seigneur turc Othman, qui soumet toute l’Anatolie avant de se lancer à la conquête des Balkans et du Proche-Orient, ont pour conséquence inéluctable, la réunion à la cour de tous les poètes de renom, qui deviennent ainsi « des écrivains professionnels et courtisans, aristocrates ». Au 16e siècle, avec l’apogée de l’Empire sous le règne du sultan Soliman coïncide, comme de juste, la maturité de la poésie et de la littérature ottomane. L’une des figures de l’époque est Bâkî. Poète de génie, qui doit sa renommée non seulement à son talent certain, mais aussi à une vie incroyable, qui le propulsa de simple fils d’un pauvre muezzin, à celui de vizir. « Ses ghazels (courts poèmes lyriques) sont parmi les plus beaux et les plus célèbres ». Mais « l’Oraison funèbre du sultan Soliman », laquelle évoque avec faste, la cour et le mode de vie de l’Empire ottoman, qui était sans aucun doute le plus puissant empire de monde à cette époque.

 

Art et artisanat

La littérature et la musique étaient essentiellement d’inspiration religieuse à l’époque ottomane. L’islam prohibant pendant plusieurs siècles tout art figuratif, les arts non figuratifs ont connu, à rebours, un développement et un raffinement exceptionnels. Les musées turcs sont remplis de vases et de poteries magnifiques, de bijoux et de costumes d’une richesse inégalée. L’ornement des portes des mosquées est un régal pour les yeux.

Si vous aimez la céramique ou la faïence turque, Iznik et Kütahya sont les villes qui évoquent incontestablement ce savoir-faire ancestral du pays, d’une beauté que seuls les Iraniens peuvent concurrencer ! Renommés pour la perfection technique de leurs pièces, les potiers d’Iznik développent des décors et des coloris qui rencontrent un succès grandissant tout au long du xvie siècle. Les couleurs utilisées sont tout d’abord le bleu de cobalt, qui domine entre 1480 et 1520, plus ou moins délayé. Il permet d’obtenir de nombreuses nuances de bleu jouant avec le fond blanc. Il s’enrichit à partir de 1520 d’un bleu turquoise à base d’oxyde de cuivre.
Les gammes des verts, du sauge à l’olive, apparaissent dans les années 1530 avec le rose, le gris, le noir. Le pourpre et le brun complètent la gamme, mais c’est le rouge tomate, réalisé avec de l’oxyde de fer, qui va faire la réputation des céramiques d’İznik. L’introduction du rouge est visible pour la première fois dans le décor de céramique de la Suleymaniye (achevée en 1559) et donne un repère pour dater les vaisselles qui portent cette couleur. On le retrouve souvent sous l’appellation Bol d’Arménie.

Même si son origine est Perse, le tissage des tapis reste, depuis des temps immémoriaux, un art en soi en Turquie. La différence entre les tapis anatoliens (turcs) et persans est largement une question de fabrication et de tradition dans l’emploi des motifs.

Typiquement, un tapis persan traditionnel est noué avec un nœud asymétrique (nœud persan ou senneh), alors que le tapis anatolien traditionnel est noué avec un double nœud symétrique (nœud turc ou ghiordes). Finalement, ce procédé de « nœud symétrique » utilisé dans le tapis traditionnel anatolien/turc donne une impression que l’image est plus construite par blocs en comparaison au tapis persan traditionnel à nœud simple dont le dessin est beaucoup plus fin. Le style traditionnel anatolien réduit aussi le nombre de nœuds au mètre carré.

Aujourd’hui, il est commun de voir des tapis tissés à la fois en Turquie ou en Iran utilisant l’un ou l’autre des styles. Quand on compare des tapis, la seule façon d’identifier le type de nœud utilisé est de plier le tapis contre lui-même et de regarder la base du nœud.

 

La nourriture

Les pâtisseries ont fait autant la renommée de l’Empire Ottoman que de l’actuelle Turquie. Baklavas, loukoums, Halva en sont les symboles. À base de fruits secs, de pâte, et de miel, parfois parfumés à la fleur d’orangé ou de rose, vous aurez l’impression d’être transporté dans un palais des mille et une nuit, allongé sur des tapis persans à siroter un thé accompagné de narguilé. Rien de plus dépaysant.

 

Du soufisme au Derviche tourneur

Les derviches tourneurs constituent les membres de l’ordre mevlevi, ordre musulman soufi, fondé au 13e siècle par Jalal al-Din Rumi à Konya. Le soufisme est une doctrine datant du 8e siècle et qui a toujours fait partie de l’histoire de la Turquie. Il s’agit d’un mouvement spirituel, voire mystique, qui au fil des siècles finit par intégrer la culture turque, malgré la répression de l’état qui s’est laïcisé en 1924, en interdisant toutes les confréries religieuses. En 1950, les derviches tourneurs furent autorisés à nouveau d’effectuer des représentations et l’ordre mevlevi fut légalisé.

Les membres de l’ordre mevlevi portent le nom de derviches tourneurs par le fait que les mouvements de leurs danses se rapprochent de ceux de la terre.

Durant la période de l’Empire Ottoman, de 1299 à 1920, l’ordre mevlevi occupait une place importante et indépendante du pouvoir à l’intérieur de la société. Ainsi, un fonctionnaire qui servait le sultan ne pouvait pas en même temps être une personnalité majeure au sein de l’ordre mevlevi. Il devait choisir entre les deux fonctions. L’ordre mevlevi s’est alors étendu au Proche-Orient, en Égypte, et aux Balkans.

Les derviches tourneurs exercent leurs danses au sein d’une cérémonie appelée sema en turc. Durant cette cérémonie, les derviches tourneurs effectuent des rotations sur eux-mêmes de plus en plus rapidement au son d’instruments de musique traditionnels.

Les derviches tourneurs continuent de tourner jusqu’à l’atteinte d’une transe psychologique. À partir de ce moment, les derviches tourneurs déploient la paume de leurs mains gauches vers le ciel et celles de leurs mains droites vers le sol.

Aujourd’hui cependant, à Konya, une fois par an, à la mi-décembre, les derviches tourneurs commémorent pendant une dizaine de jours l’anniversaire de la mort du poète Mevlana.

À Istanbul, certains tekke acceptent les visiteurs, d’autres sont réservés strictement aux membres de la congrégation. Dans les tekke traditionnels, on peut assister à des cérémonies chaque semaine, tandis que celui de Galata propose, en principe, des cérémonies-spectacles tous les dimanches après-midi, pour les touristes. Un spectacle gratuit est proposé le samedi soir au Mevlana Kültür Merkezi à Konya ; un autre, tous les soirs au caravansérail de Sarıhan, près d’Avanos.

 

Le Hamam

Incontournable. Invention romaine, ce sont les Turcs qui le développèrent en préférant l’eau courante à l’eau stagnante. On finit d’ailleurs par l’appeler bain turc. Si le hamam fait partie de la tradition turque, comme arabe grâce à l’influence de l’empire, c’est une tradition qui disparaît de plus en plus. L’apparition de salle de bain dans tous les foyers ayant largement contribué à leur fermeture.

Aujourd’hui on y va pour les mariages, fiançailles, ou pour se détendre et profiter des massages/gommages. Beaucoup se sont concentrés sur les touristes, et cela perd beaucoup de son authenticité.

Il y a entre 3/4 salles. La première ou l’on se déshabille, et qui sert également de pièce de repos, et/ou l’on peut boire du thé allongé sur des matelas. La seconde salle, tiède, est l’intermédiaire entre la salle de repos et la salle chaude. On s’y lave et c’est aussi là que l’on pratique le gommage. Puis la troisième, la salle chaude, qui fait office de bain de vapeur. On y va pour permettre aux ports de s’ouvrir, on en profite pour s’y prélasser également.

Le massage peut faire partie de votre forfait selon l’établissement. Dans la partie féminine, c’est une femme qui viendra vous frotter évidemment. Il n’y a pas de hamam mixte en Turquie !

Le hammam traditionnel est divisé en deux parties : l’une pour les femmes, l’autre pour les hommes ; sinon, des horaires différents sont pratiqués pour les femmes et les hommes dans le même hammam.

 

 

Aller sur le Forum Turquie :

1 sujet (sur un total de 1)
1 sujet (sur un total de 1)

Créer un nouveau sujet dans “Turquie”

Vos informations: