En Bref 

 

 

 

Superficie : 783 562 km2 (classé 37e)

Population : 80 274 6041 hab. (classé 18e)

Capitale : Istanbul

 

Langues

La langue officielle de la Turquie est le turc. Son statut est défini par l’article 3 de la constitution turque de 1982 : « L’État turc, son territoire et sa nation sont unis et indivisibles. Sa langue est le turc. »

De nombreuses autres langues existent pourtant sur l’actuel territoire de la République de Turquie, comme le kurde. Le kurde est la deuxième langue la plus parlée de Turquie avec plus de 8 millions de locuteurs (2014), et sur tout le territoire même si l’Est est plus concerné puisque c’est dans cette région que les Kurdes vivent essentiellement. Elle s’écrit en alphabet latin.

L’azéri, une forme dérivée du turc parlée en Azerbaïdjan et qui fait partie à ce titre de la famille des langues altaïques, est surtout présent dans les provinces de Kars et d’Iğdır, dans la région de l’Anatolie orientale donc proche de l’Azerbaïdjan. On retrouve plus de 500 000 locuteurs (2014) en Turquie. Son autre nom est l’azerbaïdjanais. Elle s’écrit en alphabet latin.

L’arabe fait partie de la famille des langues afro-asiatiques. On retrouve plus de 720 000 locuteurs (2014) en Turquie, et principalement près de la frontière avec les pays du Moyen-Orient et dans des provinces comme Mardin, Siirt, Batman ou encore Şanlıurfa. C’est une langue qui s’écrit en arabe.

Le grec est une langue de la famille des langues indo-européennes, et s’écrit en alphabet grec. Il y a plus de 3 500 locuteurs (2014) en Turquie. On les retrouve surtout dans les provinces d’Istanbul mais aussi d’Izmir, près de la Grèce.

L’arménien est une langue indo-européenne, et s’écrit en alphabet arménien. On retrouve plus de 61 000 interlocuteurs (2014) en Turquie, principalement dans la province d’Istanbul mais aussi dans une moindre mesure dans des provinces plus proches de l’Arménie comme Kars.

Le zazaki est une langue indo-européenne parlée par les Zazas, principalement dans les provinces de Tunceli, d’Elâzığ et de Diyarbakır. On retrouve plus de 1,5 millions de locuteurs (1998) en Turquie. Son autre nom est le dimli. Cette langue s’écrit en alphabet latin.

 

 

 

Politique

La Turquie est une république parlementaire.

Le président est le chef de l’État et le premier ministre est le chef du gouvernement. Le président, élu par le Parlement jusqu’en 2007, le sera désormais au suffrage universel pour un mandat de cinq ans. Le président choisit le premier ministre.

Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les quatre ans.

La constitution en vigueur date de 1982. Elle a été récemment modifiée à la suite du référendum du 12 septembre 2010.

 

Régime politique

La Turquie est selon sa constitution dotée d’un régime parlementaire. Toutefois, de facto, son président agit comme s’il était dans un régime présidentiel auquel il aspire de jure. La Turquie est régie par la constitution de 1982, promulguée par la junte militaire. Elle a été amendée à de nombreuses reprises, et notamment en 2007 où des dispositions ont fait glisser la Turquie d’un régime parlementaire à un régime plus proche d’un régime présidentiel.

L’AKP arrive au pouvoir en 2002 avec une image réformatrice et une stratégie de rapprochement avec l’Union Européenne. Le pouvoir prévoit de renommer les « Critères de Copenhague » (« Critères d’Ankara ») pour poursuivre la démocratisation du pays en cas de blocage européen. La politique intérieure se durcie sur des questions sociétales et la gestion du mouvement de contestation de Gezi ainsi que les affaires de corruption touchant les proches du président est autoritaire. Selon The Economist Group, l’Indice de démocratie de la Turquie classe le pays 97e sur 167 avec le qualificatif de régime politique dit «hybride». En termes de liberté de la presse, Reporters sans frontières classe la Turquie 151e sur 180 (2016).

 

Du Gladio turc au putsch de l’été 2016

La Özel Harp Dairesi est une organisation secrète créée pendant la guerre froide dans le cadre du Shape (commandement de l’OTAN) et en étroite collaboration avec la CIA. Jusque dans les années 90, les gouvernements n’avaient aucune connaissance de cette structure qui recevait directement les ordres du SHAPE ou de la CIA. Équivalent du Gladio italien, la Özel Harp Dairesi, appelée également « Stay-behind » ou « contre guérilla », avait pour objectif d’organiser une forme de résistance en cas d’invasion des troupes du Pacte de Varsovie. L’extrême droite et les mouvements religieux sont mis à contribution pour créer un climat de terreur afin d’accroître l’autoritarisme et faire barrage à la progression électorale des mouvements progressistes. Mehmet Agar, homme clé de la sécurité intérieure dans les années 90, déclare en 2016 qu’avec du recul « les organisations de gauche contrairement à ce que nous pensions étaient sans danger ». Cette période est marquée par des meurtres non élucidés d’intellectuels ou de sympathisants de gauche. Le Gladio turc est aussi à l’origine des coups d’États qui se succèdent en Turquie. Avec le putsch de 1982, mené par le général Kenan Evren, et l’arrivée de Turgut Özal au pouvoir, l’État turc endommage durablement le principe de laïcité constitutionnel en favorisant le développement et l’intrusion des courants religieux dans les sphères du pouvoir. Ainsi, Fethullah Gülen s’entretient tour à tour avec Turgut Özal, Süleyman Demirel, Tansu Çiller, Mesut Yılmaz et Bülent Ecevit et la Hizmet amplifiera ses activités et son réseaux. L’imbrication des Gülenistes et de l’AKP est telle que lors de leur rupture le président déclare « qu’avez-vous sollicité que nous n’avons pas réalisé ». Malgré les mises en gardes des renseignements militaires et de l’opposition, le réseau infiltre toutes les sphères de l’état en collaboration avec l’AKP. La justice n’échappe pas à la toile de la hizmet et c’est de là qu’une campagne est lancée à l’encontre de fonctionnaires de gauche ou de kémalistes au prix de nombreuses irrégularités, injustices et falsifications judiciaires. Inculpé dans l’affaire Ergenekon par les juristes guléniste, le général Ilker Basbug déclare « aujourd’hui nous subissons, demain ça sera vous ». Cette traque vise également les minorités religieuses et de nombreux cas rapportent le licenciement de l’administration de citoyens alévis. En 2003, dans le cadre des négociations d’adhésion à l’Union Européenne, l’AKP entreprend une série de réformes pour soumettre l’armée au pouvoir civil. En décembre 2013, des proches du président sont impliqués dans une affaire de corruption. Erdoğan accuse alors le mouvement Gülen et ses disciples d’avoir fomenté un « coup judiciaire » contre lui et ses proches.

En juillet 2016, une faction d’officiers tentent un putsch militaire. La loyauté de nombreux officiers kémalistes envers les institutions de l’État empêche le renversement d’Erdogan. L’échec du putsch s’explique aussi par le ralliement de l’opposition kémaliste, kurde et nationaliste au gouvernement en place. Par ailleurs, les médias et les réseaux sociaux, mis à mal par l’AKP depuis les évènements de Gezi, permettent au président de lancer un appel à la population via CNN Turk et FaceTime. L’exécutif accuse les gülensite renommé FETÖ/PDY d’être à l’origine du putsch et depuis le 20 juillet 2016 la Turquie vit sous un régime d’État d’urgence. Dès lors, le mouvement gülensite est réprimé et une purge sans précédent affecte l’administration qui se vide de plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires.

 

L’après putsch

Après les premières purges, le pouvoir manifeste brièvement quelques signes d’ouverture, d’unité nationale et le président s’excuse en public pour avoir développé des liens étroits avec les confréries religieuses et appelle à lutter contre l’exploitation de la religion. Une nouvelle constitution co-rédigée avec l’opposition est annoncée, des fonctionnaires de justice écartés de leur poste par les juristes gulenistes sont réintégrés et le président retire des plaintes déposées pour « injures » à son encontre.

Les personnes accusées d’avoir pris part au putsch sont arrêtées et poursuivies en justice et les autorités annoncent la victoire de la démocratie. Toutefois, les restrictions des libertés, déclarées non conformes au statut d’état d’urgence par l’ONU et l’OSCE, augmentent l’autoritarisme. Selon Nils Muižnieks, commissaire européen chargé des droits de l’homme, « les pouvoirs discrétionnaires presque illimités des autorités engendrent un pouvoir arbitraire ».

 

Cette « chasse aux sorcières » touche la mouvance guléniste accusée d’être à l’origine du putsch mais aussi la gauche laïque traditionnellement opposée aux liens avec les confréries religieuses et la presse d’opposition (Cumhuriyet, Özgür Gündem et Evrensel) est privée de ses journalistes incarcérés ou fermée temporairement. Le HDP, 3e force politique du pays, voit sont leader Selahattin Demirtaş et des responsables de haut rang emprisonnés.

L’Union européenne, l’OSCE, l’ONU et l’OTAN condamnent le coup d’état tout en critiquant les restrictions des libertés fondamentales qui remettent en cause la place de la Turquie dans certaines de ces institutions. Pour John Kerry, la Turquie devra éviter « tout dérapage » pour ne pas remettre en cause son rôle au sein de l’OTAN. Pour Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, « il est essentiel pour la Turquie, comme pour tous les autres alliés, de respecter pleinement la démocratie et ses institutions, l’ordre constitutionnel, l’État de droit et les libertés fondamentales ». Le Parlement européen demande le gel des négociations d’adhésion de la Turquie et le chancelier autrichien, Christian Kern, déclare que l’Union européenne doit mettre un terme aux négociations d’adhésion (la Turquie a entreprit des négociations d’adhésion à l’UE en 2005). Quant à Martin Schulz, président du parlement européen, des sanctions économiques sont envisageables (la Turquie est membre de l’Union douanière depuis 1996).

 

Relations internationales

La Turquie est membre fondateur de l’ONU (1945), OCDE (1960), l’Organisation de la coopération Islamique OCI (1969), OSCE (1973), G-20 (1999) et membre (non fondateur) du Conseil de l’Europe (depuis le 9 août 1949) et l’OTAN (depuis le 18 février 1952). Elle abrite des bases américaines à İncirlik, Izmir et Ankara. La Turquie est un allié historique important des États-Unis depuis la guerre froide du fait de sa position par rapport à l’URSS. Cette entente a néanmoins faibli durant la dernière guerre d’Irak, où les deux pays se sont opposés sur la question kurde, la Turquie craignant qu’un pouvoir kurde trop fort en Irak ne favorise les prétentions indépendantistes des Kurdes de Turquie. La Turquie tient une position proche de l’Iran sur cette question.

Du fait que la langue turque fait partie des langues altaïques166, parlées par les peuples turcs d’Asie mineure et d’Asie centrale, la Turquie participe également à plusieurs organismes de coopération économique et culturelle internationaux :

  • la TIKA (Agence de coopération turcophone – Turk Isbirligi ve Kalkinma Ajansi)
  • la TÜRKSOY: (Organisation Internationale pour la Culture Turque – Uluslararası Türk Kültürü Teşkilatı)
  • le TURKPA: Conseil de coopération des États de langue turcique, reconnu observateur de l’organisation des Nations unies depuis 2011.

La Turquie est le premier pays à majorité musulmane à reconnaître l’État d’Israël dès 1949 et le seul à entretenir avec de bonnes relations. Elle ravitaille Israël en eau. Les deux États ont ainsi signé un accord portant sur 50 millions de mètres cubes d’eau douce par an pendant vingt ans, pour une valeur d’environ un milliard d’euros. Une coopération militaire très étroite se développe entre Israël et la Turquie depuis 1996, avec plusieurs accords sur la défense et l’échange de haute technologie. Les deux États entreprennent également des manœuvres militaires conjointes, épaulées par les États-Unis. Mais depuis le mois de juin 2010 les relations entre la Turquie et Israël se sont fortement dégradées à la suite de l’assaut de Tsahal sur un convoi humanitaire turc à destination de Gaza.

La Turquie ne reconnaît pas la République de Chypre, dont elle a occupé la partie nord du territoire, mais est le seul État à reconnaître la République Turque de Chypre du Nord créée après l’intervention en 1974 par l’armée turque. Des tensions apparaissent sporadiquement avec la Grèce au sujet de la mer Égée.

Après les premières victoires de l’armée arménienne sur l’armée azérie lors de la guerre du Haut-Karabagh, le président turc Süleyman Demirel décrète en 1993 un embargo contre l’Arménie. La Turquie est solidaire avec les Azéris, un peuple turc, et a toujours maintenu des relations houleuses avec les Arméniens (notamment la diaspora arménienne) sur la question du génocide. L’embargo est aujourd’hui toujours en vigueur, les deux pays n’entretiennent aucune relation diplomatique officielle et la frontière reste fermée. La Turquie accueille le récent oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan conjointement avec l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Ces trois pays sont les principales nations pro-occidentales dans le Caucase, opposées à l’axe Russie-Arménie. L’intérêt de cet oléoduc pour les occidentaux est d’accéder au pétrole de la mer Caspienne en contournant la Russie et l’Iran. Cependant, le 6 septembre 2008, à l’occasion d’une rencontre entre les deux équipes nationales de football comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde 2010, le président turc se rend à Erevan pour assister au match au côté de son homologue arménien.

La Turquie est actuellement candidate à l’adhésion à l’Union européenne; les négociations ont commencé en octobre 2005. La Turquie occupant (dont justifié par la loi internationale entre La Grèce le Royaume-Uni et la Turquie) une partie de la République de Chypre, pays membre de la zone européenne, les négociations trainent.

Les conditions à remplir les plus souvent évoquées constituant les critères de Copenhague sont adaptées à la situation de la Turquie :

  • l’indépendance du pouvoir civil face à l’armée (ce qui est problématique car l’armée est garante de la laïcité) ;
  • la reconnaissance de la République de Chypre, la normalisation des relations avec ce pays et le départ des colons anatoliens et le retour des chypriotes turcs ;
  • l’application des normes de protection des minorités, en particulier la minorité kurde;
  • la promotion du droit des femmes ;
  • le respect de l’environnement.

 

Défense et géopolitique

Pendant des décennies, l’armée turque a pesé très lourd en tant qu’acteur de la vie politique. La séparation entre l’État démocratique et les généraux était floue, au point que la notion de démocratie pouvait s’effacer devant la tentation du nationalisme. À ce niveau, l’appartenance à l’OTAN et les longues négociations avec l’Union européenne ont permis une séparation plus nette, mais la guerre intérieure contre le du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et la frontière commune avec l’Irak n’ont pas permis un changement important.

 

Conflit kurde

En 29 ans, le bilan humain du conflit entre l’État turc et le Parti des travailleurs du Kurdistan est le suivant :

  • décès de plus de 45 000 personnes
  • meurtres non élucidés : entre 2 000 et 17 000
  • déplacement de 386 000 habitantsdans 14 départements
  • lourd traumatisme dans la société turque

 

 

Economie

  • La monnaie nationale est la livre turque
  • Un marché de plus de 75 millionsde consommateurs
  • 7eéconomie d’Europe (par rapport au PIB $ US courants)
  • Des finances publiques maîtrisées en 2014 : la dette du gouvernement central représente 33 % du PIB. Le ratio dette publique/PIB passe d’environ 70 % en 2004 à 33 % en 2014. Durant la même période, la dette extérieure passe de 147 milliards$ en 2004 à 401 milliards $ en 2014, soit 40 % du PIB.
  • Bilan du commerce extérieur en 2013 : déficit proche de 100 milliards$. Le commerce extérieur est décrit comme structurellement déficitaire.
  • Borsa Istanbul ou BIST, la Bourse d’Istanbul, est la 8eplus grande bourse d’Europe juste derrière la bourse de Milan
  • Membre du G20
  • Membre de l’Union douanière européenne
  • Membre de l’OCDE
  • PIB 2013 :
    • 820 milliards$ US courants soit la 17e puissance économique mondiale174
    • 1 422 milliards$ PPA internationaux courants soit la 17e puissance économique mondiale
  • PIB par habitant 2013 :
    • 11 277 $US courants
    • 19 080 $PPA internationaux courant
  • Croissance du PIB 2014: 2,9 %. Pour comparaison, 8,5 % en 2011 et 9,1 % en 2010.
  • Dépenses en recherche et développement en 2007, en % du PIB : 0,72 %
  • Taux de chômage en janvier 2015 : 11,3 %. Entre décembre 2014 et janvier 2015, le taux de chômage a augmenté de 0,4 point de base.
  • 1erjanvier 2005 : Introduction de la nouvelle livre turque (YTL, environ 0,50 euro) qui remplace 1 million de livres turques (TL)
  • Inflation, prix à la consommation en 2011: 6,47 % annuel
  • En 2011, les exportations turques se montent à 134,9 milliards de dollars
  • Risque pays qui se rapproche des pays européens
  • Projection à horizon 2050:
    • selon les projections de Goldman Sachs, la Turquie pourrait devenir la 2epuissance économique d’Europe en 2050
    • selon l’étude de la HSBC « The world in 2050 » la Turquie sera la 5e puissance économique européenne et la 12e puissance économique mondiale derrière l’Italie et le Canada en 2050
  • Position géographique:
    • ouverture économique: accords de libre échange avec
      • Union européenne
      • AELE (Association européenne de libre-échange): Islande  Liechtenstein Norvège  Suisse
      • autres pays: République de Macédoine  Bosnie-Herzégovine  Palestine  Tunisie  Maroc  Syrie  Jordanie  Égypte  Israël  Liban  Albanie  Géorgie  Monténégro  Serbie  Chili  Corée du Sud
    • corridor énergétique : Oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, Nabucco (gazoduc), South Stream, Blue Stream, Trans Adriatic Pipeline, Interconnector Turkey–Greece–Italy pipeline

 

Synthèse

En 2010, la Turquie est la 1re puissance économique du Moyen-Orient devant l’Iran et l’Arabie saoudite, la 7e puissance économique d’Europe et la 15e puissance économique mondiale. Membre du G20 et de l’Union douanière, la Turquie a officiellement entamé ses négociations d’adhésion avec l’Union européenne en octobre 2005.

Selon le magazine Forbes, Istanbul comptait un total de 37 milliardaires en 2013, se classant 5e au monde, derrière Moscou (84 milliardaires), New York (62 milliardaires), Hong Kong (43 milliardaires) et Londres (43 milliardaires).

En 2000, le pays connait la plus grave crise financière de son histoire moderne.
En 2001, Kemal Derviş, ministre de l’économie, met en place d’importantes réformes économiques :

Ces réformes sont à l’origine de la solidité actuelle du secteur financier de la Turquie.
La stabilité politique (majorité parlementaire AKP depuis 2002), le début des négociations d’adhésion avec l’Union européenne, la mise en circulation d’une nouvelle monnaie et la maîtrise des dépenses publiques améliorent également la confiance des agents économiques envers les autorités politiques et monétaires du pays et contribuent à la stabilisation du niveau général des prix et au renforcement du secteur financier.

En 2010, la Turquie affiche un taux de croissance de +9,1 %, supérieur à celui du Brésil (+7,5 %) ou de l’Allemagne (3,7 %). La structure de la production de la Turquie est caractérisée par une surreprésentation de l’industrie et de l’agriculture et une sous représentation des services. La Turquie est un pays industriel ou l’agriculture occupe une place importante dans la production de la richesse nationale. La valeur ajoutée de l’industrie représente 26,6 % du PIB contre 63,7 % pour les services et 9,6 % pour l’agriculture.

La vitalité de l’économie turque s’explique par :

  • la présence d’un grand marché intérieur (75 millionsde consommateurs): la consommation privée est soutenue et son pouvoir d’achat augmente. La Turquie affiche un taux de croissance du PIB par habitant de 7,8 % contre 1,4 % au Royaume-Uni.
  • des investissements importants : ces derniers représentent une part importante du PIB en 2010 (20 % contre 17,3 % en Allemagne)

En 2010, les finances publiques sont maîtrisées et la Turquie aura remboursé la totalité de sa dette auprès du FMI en avril 2013 et le pays dispose de réserves en mois d’importation relativement bonnes.

En 2010, la Turquie est la 15e puissance économique mondiale pour ce qui est du PIB mais concernant l’Indice de Développement Humain, le classement est moins favorable et montre que la Turquie doit intensifier ses investissements dans l’éducation, la recherche et la santé et mener des politiques moins inégalitaires. En 2011, l’IDH de la Turquie se monte à 0,699. Au niveau mondial, la Turquie est classée 92e.

 

 

Géographie

La Turquie est située pour sa majeure partie (97 %) en Asie (Anatolie), où se trouve sa capitale Ankara, mais une petite partie du pays se trouve en Europe (3 %), la Thrace orientale.

La principale ville, İstanbul (qui s’est auparavant appelée Byzance, puis Constantinople jusqu’à la conquête ottomane au 15e siècle), est située à cheval entre la Thrace et l’Anatolie, les deux parties de la ville étant séparées par le détroit du Bosphore.

 

Géologie et paysage du pays

La Turquie se compose de deux chaînes de montagnes, les monts Taurus et la chaîne pontique, qui enserrent le plateau anatolien et le haut-plateau arménien. Ce sont des formations géologiques jeunes, toujours actives, comme l’indiquent les nombreuses failles et plissements. Environ 80 % du pays se trouve dans une zone tectonique extrêmement active. Le nord de la Turquie est bordée par une faille très active : la faille nord-anatolienne. La Turquie possède huit principaux bassins hydrographiques dont les plus importants sont ceux de l’Euphrate (Firat) et du Tigre (Dicle). Environ un quart du pays est couvert de forêts — pins, épicéas, cèdres et arbres à feuilles caduques.

 

Dans le nord du pays, la chaîne Pontique voit se succéder d’ouest en est le massif schisteux de l’Istranca Dai (Thrace orientale), les plateaux de Bithynie et la série des chaînons montagneux de plus en plus élevés dominant la mer Noire. Les deltas du Kizil Irmak et du Yesil Irmak forment les deux seules plaines littorales.

Au sud, le Taurus, second grand ensemble montagneux, dessine deux grands arcs séparés par le rentrant du golfe d’Antalya et de la plaine de Pamphylie.

Taurus et chaîne Pontique se rejoignent en Anatolie orientale, appelé également haut-plateau arménien (Arménie occidentale) où le mont Ararat (5 165 m), sur lequel l’arche de Noé se serait échouée après le Déluge, constitue le point culminant du pays.

 

 

Histoire

L’histoire de la Turquie est riche et mouvementée, mais peut se résumer en 3 temps : De l’antiquité à l’Empire Ottoman, la guerre d’indépendance et de la République de Turquie à aujourd’hui.

 

Antiquité à l’Empire Ottoman

La péninsule anatolienne (ou Asie Mineure), qui représente aujourd’hui 97 % de la Turquie moderne, compte parmi les régions du globe qui ont continuellement été habitées tout au long de l’histoire de l’humanité.
Les premières implantations comme celles de Çatalhöyük, Çayönü, Hacılar, Göbekli Tepeet Mersin comptent parmi les plus anciennes au monde. Le toponyme turc Göbekli Tepe se traduit en français par «la colline au nombril », en référence à sa forme. Sur ce site repose le plus ancien temple de pierre jamais découvert (datation estimée entre 11 500 et 10 000 avant notre ère).
L’agglomération de Çatal Höyük située dans la plaine de Konya, en Anatolie centrale, sur les bords de la rivière Çarşamba, est l’un des plus grands sites du Néolithique du Proche-Orient. Il fut fondé vers 7000 av. J.-C. et devint un centre important seulement entre -6500 et -5700.

Le premier empire à émerger en Anatolie a sans nul doute été l’Empire hittite, du xviiie au xiiie siècle av. J.-C. Par la suite, les Phrygiens, un autre peuple indo-européen, ont gouverné ces terres jusqu’à leur anéantissement par les Cimmériens au viie siècle av. J.-C. D’autres peuples indo-européens se sont succédé en Anatolie, dont les Lydiens et les Lyciens.

Vers -1200, la côte ouest de l’Anatolie subit l’invasion des Grecs éoliens et ioniens. Puis l’Empire perse achéménide domine toute l’Asie Mineure aux vie et ve siècles av. J.-C.. En 334 av. J.-C., Alexandre le Grand, commençant ses grandes conquêtes, envahit l’Anatolie, qui se divise après sa mort en royaumes grecs comme ceux de Bithynie, de Cappadoce, de Pergame ou du Pont.

Ces derniers sont submergés par la conquête romaine. En 324 apr. J.-C., l’empereur romain Constantin Ier choisit Byzance comme nouvelle capitale de l’Empire. Elle est dénommée Constantinople, la nouvelle Rome.

 

L’Empire seldjoukide et les premiers Turcs d’Anatolie

Les Turcs, à l’origine peuple nomade originaire d’Asie, des plaines de Mongolie à celles de l’Asie centrale, ont connu un vaste et continu mouvement d’émigration vers l’ouest du continent. Organisés en tribus et en fédérations de tribus non exclusivement turques, ils ont constitué au cours du temps des royaumes (comme celui des Göktürk ou Turcs Célestes) plus ou moins vastes et plus ou moins durables. La première fois que l’histoire retient le nom des Turcs au Moyen-Orient, c’est en tant que mercenaires des califes abbassides, qu’ils dirigent de fait dès le 10e siècle. Les Seldjoukides, des Turcs Oghouz, fondent un empire qui s’étend de l’Anatolie jusqu’aux plaines d’Asie centrale. Les invasions mongoles de Gengis Khan achèvent l’Empire seldjoukide, déjà mis à mal par ses luttes internes et par les Croisades.

 

L’Empire ottoman (1299 à 1923)

En 1299, le sultan oghouz Osman Ier conquiert la ville byzantine de Mocadène. Cet événement est considéré comme le début de l’Empire ottoman. Dès lors, l’Empire ne va cesser d’accroître son territoire et il atteint son apogée au 16e siècle sous le règne de Soliman le Magnifique.

Les Balkans sont conquis dès la fin du 14e siècle et la Serbie est entièrement annexée en 1459. 1453 voit la prise de Constantinople par les troupes du sultan Mehmet II. C’est la fin de l’Empire byzantin.

C’est à cette époque que de nombreux chrétiens slaves, grecs ou arméniens, pauvres et démunis, se convertissent à l’islam pour ne pas payer le haraç (impôt sur les non-musulmans) et deviennent ottomans.

Au 16e siècle, l’Empire trouve sa place dans le jeu diplomatique européen où il est un allié traditionnel de la France, dans une alliance de revers contre les Habsbourg dès le règne de François Ier. La défaite de l’Empire à la bataille navale de Lépante en 1571 porte un premier coup à la puissance ottomane.

L’Empire décline à partir du 18e siècle. La défaite à la bataille de Vienne de 1683 marque le début du déclin effectif et des premières pertes territoriales. Au 19e siècle, l’Empire désagrégé tente de se reconstruire en se modernisant par de nombreuses réformes. Mais cette période de réformes, appelée Tanzimat, s’achèvera en 1876 sans empêcher la perte de la Grèce, de l’Égypte ou de l’Algérie. À la fin du siècle, ce sont les Balkans qui retrouvent leur liberté. Dans le même temps, les populations arméniennes se révoltant pour obtenir davantage de droits et de libertés deviennent un véritable problème au sein de l’Empire. Le sultan Abdülhamid II ordonne de les massacrer entre 1894 et 1896. Les massacres hamidiens feront 200 000 victimes arméniennes.

En 1912, l’Empire ottoman perd, à l’issue de la guerre italo-turque, la Tripolitaine et la Cyrénaïque (Libye) ainsi que Rhodes.

En 1913, la défaite de la Première guerre balkanique amène les Jeunes-Turcs (Parti Union et Progrès) au pouvoir.

Entre 1915 et 1917, le noyau dur du parti, et notamment Talaat Pacha, met en place et organise le génocide arménien qui coûte la vie, selon la majorité des historiens, à 1,2 million d’Arméniens d’Anatolie et du haut-plateau arménien. Les deux tiers de la population arménienne d’Anatolie et du haut-plateau arménien ont été exterminés sans que les puissances occidentales n’interviennent. Le génocide arménien est parfois appelé le « premier génocide du 20e siècle ».

 

La guerre d’indépendance (1919 à 1923)

Le 10 août 1920, à la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Sèvres partage l’Empire ottoman ; il prévoit un Kurdistan et une Arménie indépendants, attribue la Thrace orientale et la région de la mer Égée à la Grèce et met les territoires arabes sous contrôle de la France et de la Grande-Bretagne.

Entre 1920 et 1923, Mustafa Kemal Atatürk mène la guerre républicaine destinée à récupérer une grande partie des territoires perdus par le traité de Sèvres. Finalement, le 24 juillet 1923, le traité de Lausanne annule le traité de Sèvres en attribuant toute l’Anatolie et la Thrace orientale à la Turquie ; la minorité grecque de Turquie fait l’objet d’un échange avec la minorité turque de Grèce (1,6 million de Grecs ottomans contre 385 000 musulmans de Grèce) alors que les derniers Arméniens sont chassés, sauf à Istanbul. La dissolution de l’Empire ottoman débouche sur l’indépendance de la Turquie le 29 octobre 1923.

 

La République de Turquie à aujourd’hui (de 1923 à 2017)

La révolution kémaliste est l’une des rares révolutions transnationales qui débouche sur la création d’un nouvel État, la Turquie. Elle se déroule simultanément en terre ottomane et dans les provinces cédées à la Grèce, la France et à l’Italie à travers le développement d’un mouvement de résistance multi-ethnique et multi-confessionnel. Ainsi, des communautés non sunnites comme les alevi bektashi et non turques comme les Lazes et les Kurdes ont joué un rôle de premier plan lors de la guerre d’indépendance. Les différents partis politiques qui se sont succédé à la tête de l’État n’ont pas intégré le caractère multi-identitaire de la révolution turque dans les textes constitutifs de l’État. Toutefois, pour récompenser leur rôle actif lors de la guerre d’indépendance, Mustafa Kemal Atatürk accorde aux femmes turques le droit de vote et d’éligibilité en 1930 pour les élections municipales, et en 1934 pour les élections législatives.

 

Révolution kémaliste et parti unique

Le 9 septembre 1923, le parti unique Cumhuriyet Halk Partisi (Parti républicain du peuple) est créé. C’est le début des réformes kémalistes. Le 13 octobre 1923, Ankara devient la nouvelle capitale en remplacement d’Istanbul. Le 29 octobre 1923, la Grande Assemblée nationale de Turquie proclame la République avec à sa tête Mustafa Kemal Pacha (Atatürk) qui devient ainsi le premier président de la République. En 1924, une nouvelle constitution est adoptée. Le califat est aboli, les 144 membres de la famille impériale (la Dynastie ottomane) déchus de leur nationalité et expulsés du pays.

En 1925, la révolte kurde menée par Cheikh Saïd et soutenue par les Britanniques, est réprimée. İsmet İnönü est nommé premier ministre.

En 1926, les codes civil et pénal sont adoptés, la polygamie est interdite, le mariage civil est instauré comme seul type de mariage reconnu par l’État. En 1928, l’alphabet latin est adopté. L’école primaire devient gratuite et obligatoire. La référence à l’islam comme religion officielle dans la constitution est supprimée.

En 1930, Atatürk a demandé à son ami proche, camarade et collègue Ali Fethi Okyar d’établir un parti d’opposition, afin de commencer la démocratie multipartite en Turquie. Le 12 août 1930, Okyar crée le Serbest Cumhuriyet Fırkası (Parti libre de la République). Toutefois, le parti est bientôt dominé par les opposants islamistes aux réformes d’Atatürk, en particulier en ce qui concerne la laïcité. Le 17 novembre 1930, Okyar décide de dissoudre ce parti : il pense que les réformes kémalistes ont besoin de plus de temps pour être consolidées pleinement avant de se confronter à un parti d’opposition.

En 1930, les femmes turques obtiennent le droit de vote et d’éligibilité pour les élections municipales, et en 1934 pour les élections législatives. 18 femmes parlementaires sont élues au Parlement turc lors des élections générales de 1935.

Depuis le 30 janvier 1932, l’appel à la prière, récité cinq fois par jour à partir des minarets, est fait en turc au remplacement de l’arabe. (Cette mesure a été modifié pour revenir à l’arabe le 16 juin 1950.) Porter l’habit religieux en dehors des lieux de culte est interdit. Le port de costumes et chapeaux de style occidental moderne est rendu obligatoire par des lois et règlements.

En 1934, une loi (Soyadı Kanunu, Loi sur les noms de famille) est adoptée obligeant les Turcs à prendre des noms de famille : le Parlement turc accordé à Mustafa Kemal Pacha le nom de famille honorific Atatürk (Père des Turcs).

En 1935, le dimanche est adopté comme jour de repos hebdomadaire en remplacement du vendredi. En 1936, la Convention de Montreux rétablit la souveraineté totale de la Turquie sur les détroits turcs. En 1937, via un amendement constitutionnel, la Turquie est officiellement définie comme un État laïc.

En 1938, environ 40 000 Zazas (kurdophones de confession alévie) sont tués dans le massacre de Dersim. Le 10 novembre 1938, Mustafa Kemal Atatürk meurt. Le nouveau président, désigné par le parlement, est İsmet İnönü.

En 1939, la France s’assure de la neutralité de la Turquie en lui cédant le sandjak d’Alexandrette, d’abord déclaré indépendant puis annexé. En 1941, un pacte de non-agression est signé avec le Troisième Reich. En 1945, La Turquie s’engage finalement dans la Seconde Guerre mondiale contre l’Allemagne, deux mois avant la capitulation de celle-ci. Elle devient l’un des 51 membres fondateurs de l’ONU. En 1945, le système de parti unique prend fin.

Post-kemalisme et multipartisme

L’après-guerre et les décennies qui suivent se caractérisent par un lent abandon des principes de Mustafa Kemal, le retour graduel et de manière légale des forces religieuses qui peu à peu réinvestissent l’espace public. Ce mouvement général n’étant freiné que par les coups d’État successifs de l’armée (27 mai 1960, 12 mars 1971, 12 décembre 1980, et 28 février 1997), qui se pose comme la gardienne des valeurs kémalistes et la garante des principes fondateurs de la république.

La Turquie est confrontée à un chaos sécuritaire et économique tel que le haut état-major se prépare à faire de nouveau intervenir l’armée pour garantir la sécurité du pays.

 

Retour au régime civil

En décembre 1983 : retour au régime civil. L’Anavatan Partisi, nouvellement créé, gagne les élections législatives et Turgut Özalest nommé premier ministre. Virage néo-libéral (vague de privatisations).

Le 15 août 1984, la guérilla menée par le PKK d’Abdullah Öcalan débute. Les affrontements avec les forces gouvernementales qui s’ensuivent feront plus de 42 000 morts jusqu’en 2010 et de très nombreux déplacés.

Le 18 juin 1988, une tentative d’assassinat est perpétrée contre le Premier ministre Turgut Özal lors du congrès de son parti. Il est légèrement blessé. Le tireur, Kartal Demirağ, un ultra-nationaliste, affirme avoir agi seul.

En 1989, Turgut Özal est élu président par le Parlement. Yıldırım Akbulut est nommé premier ministre.

Le 17 avril 1993, le président Turgut Özal meurt, il est remplacé par Süleyman Demirel, qui devient ainsi le neuvième président de la République.

 

Montée des mouvements islamistes et premier gouvernement

En 1990, une vague d’assassinats politiques attribués aux islamistes touche l’universitaire, rédacteur,  essayiste, députée, chroniqueur et intellectuels alévis.

Le 24 mars 1994, les élections municipales sont massivement remportées par les islamistes du Parti de la Prospérité (Refah Partisi, créé en 1983). Recep Tayyip Erdoğan devient le premier maire islamiste d’Istanbul. Le 12 mars 1995, des émeutes dans la banlieue défavorisée de Gazi à Istanbul, majoritairement alévi, font 17 morts.

Le décembre 1995, des élections législatives ont lieu, le parti islamiste Refah sort vainqueur. En juillet 1996, un gouvernement islamiste du chef de Refah Partisi Necmettin Erbakan est mis en place. Il est poussé à démissionner 11 mois plus tard, en juin 1997, sous la pression de l’armée et de la société civile (médias, milieux d’affaires et universités). Mesut Yılmaz redevient premier ministre.

 

Rapprochement avec l’Union européenne

Depuis 1959, la Turquie propose son adhésion à l’Union européenne. Ce n’est qu’en décembre 1989, que la Commission européenne déclare la Turquie éligible à la candidature, mais elle diffère l’examen du dossier.

Le 1er janvier 1996, l’union douanière entre l’Union européenne et la Turquie entre en vigueur. La Turquie abolit les taxes d’importation sur les produits venant de l’Union européenne.

En décembre 1999 : l’Union européenne accepte officiellement la candidature de la Turquie lors du sommet d’Helsinki et souligne la « vocation européenne » du pays, mais elle fixe à son entrée dans l’UE des conditions que la Turquie accepte.

En octobre 2010, la Turquie modifie radicalement sa constitution pour remplir les critères politiques fixés par l’Union européenne. Paradoxalement, ces modifications qui s’inscrivent dans la logique occidentale minent la volonté de laïcisation introduite par Atatürk : la disparition du rôle politique de l’armée « favorise les partis de centre droit favorables à la réislamisation de la société turque ».

En décembre 2013, un accord sur l’immigration est signé entre la Turquie et l’Union européenne : la première récupérera désormais les migrants illégaux arrivés en Europe par son territoire ; en échange, l’Union européenne accède à sa demande de mettre fin aux visas exigés des ressortissants turcs pour pouvoir entrer dans l’espace Schengen, selon un calendrier de négociations dont la durée initialement prévue est de trois ans et demi. La mise en place effective de cet accord est cependant remise en doute en 2016 à la suite des tensions diplomatiques apparaissant lors des purges suivant la tentative de coup d’État de juillet.

 

AKP et Erdoğan

L’arrivée au pouvoir le 3 novembre 2002 du parti AKP et de Recep Tayyip Erdoğan qui devient premier ministre (mars 2003) consacre le succès de la stratégie liant libéralisme constitutionnel et économique et valeurs traditionnelles de l’islam sunnite.

Cette arrivée au pouvoir des conservateurs détermine un infléchissement de la politique étrangère en direction du monde sunnite tout en restant un allié important des États-Unis dans la région. Le 1er mars 2003, le Parlement turc refuse de permettre le stationnement des troupes américaines sur le sol turc lors du déclenchement de la guerre en Irak. Ce repositionnement diplomatique est également marqué par l’attaque du Mavi Marmara en 2010 qui entraîne une sérieuse dégradation des relations entre Israël et la Turquie, puis depuis 2011 face à la guerre civile syrienne, par l’engagement actif d’Ankara s’efforçant de provoquer la chute du régime alaouite de Bachar el-Assad et au contraire, en 2014, son refus de s’engager dans la lutte contre l’État islamique.

Les 15 et 20 novembre 2003 deux attentats à la voiture piégée d’Al-Qaïda à Istanbul, sont mis en place, contre des intérêts juifs et britanniques faisant 60 morts.

En 2004, la diffusion audiovisuelle des langues minoritaires est autorisée. Les premières émissions en langue kurde à la télévision publique, sur la TRT, voient le jour. En 2005, une nouvelle livre turque (YTL) est introduite. 1 YTL = 1 000 000 TL.

Le 1er juin 2005, un nouveau code pénal est adopté accordant plus de libertés individuelles et plus conforme aux exigences européennes. Le 3 octobre 2005, les négociations d’adhésion avec l’Union européenne débutent.

En avril et mai 2007, une crise politique a lieu autour de l’élection du nouveau président par l’Assemblée nationale, ce qui déclenche des élections anticipées. Malgré la fin de son mandat le 16 mai, le Président Sezer garde son poste en attendant son successeur.

Le 22 juillet 2007, aux élections législatives anticipées, l’AKP obtient 46,7 % des voix. Recep Tayyip Erdoğan conserve le poste de premier ministre.

Le 28 août 2007, Abdullah Gül est élu onzième président de la République grâce à la majorité parlementaire de l’AKP. Le 21 octobre 2007, par un amendement constitutionnel par référendum (70 % pour), le président de la République sera désormais élu au suffrage universel.

Le 9 février 2008, un amendement constitutionnel est mis en place pour supprimer l’interdiction du foulard islamique à l’université. Cet amendement est annulé par la Cour constitutionnelle, le 5 juin 2008 sur la base de l’article 2 de la Constitution, qui garantit la laïcité. Le 30 juillet 2008, la Cour constitutionnelle rejette une demande d’interdiction du Parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir, accusé d’activités anti-laïques. La Cour avait été saisie le 14 mars 2008 par le procureur en chef de la Cour de cassation.

Le 29 mars 2009 des élections municipales ont lieu. L’AKP, au pouvoir, perd des voix mais reste la première formation politique du pays.

Le 19 octobre 2009, à la suite de l’appel de l’ancien chef du PKK Abdullah Öcalan (emprisonné sur l’île d’Imrali en Turquie), le PKK envoie en Turquie un groupe, qu’il appelle groupe de paix composé de 34 personnes (8 membres du PKK et 26 citoyens turcs d’origine kurde du camp de Mahmour en Irak) pour une résolution de la question kurde.

En novembre 2009 commence le procès Ergenekon. Plus de 300 personnes (militaires, hommes politiques, universitaires et journalistes) pro-kémalistes sont arrêtées pour complot contre l’État. À partir de cette date, le président turc Erdogan entame une politique beaucoup plus favorable à l’islam (autorisation du voile dans l’administration, restriction de la consommation d’alcool, fin de la mixité à l’école, etc.).

Le 12 septembre 2010, la Turquie approuve par référendum une réforme de la Constitution à 57,9 % et avec une participation de 77,6 %.

Le 12 juin 2011, le Parti de la justice et du développement (AKP) remportent les élections législatives.

Le 29 mai 2013, les manifestations du parc Taksim Gezi s’opposent à un projet immobilier à Istanbul, soutenu fortement par le pouvoir. Le mouvement se transforme rapidement en un mouvement de contestation massif du pouvoir de Recep Tayyip Erdoğan. Les rassemblements de contestation à Istanbul et dans 24 villes du pays durent plus de deux mois.

Le 10 août 2014, Recep Tayyip Erdoğan est élu douzième président de la République, pour la première fois au suffrage universel.

Lors des élections législatives de juin 2015, l’AKP perd la majorité absolue. Les tractations politiques ne permettent pas la formation d’un gouvernement. Les principaux points d’achoppement sont la mise en place d’une justice indépendante refusée par l’AKP et le règlement de la question kurde ignorée par le MHP.

Le 10 octobre 2015 l’attentat le plus meurtrier de l’histoire de la république turque fait 102 morts à Ankara et vise des militants de gauche manifestant pour la paix. Les deux bombes humaines étaient affiliées à Daech. Malgré une note interne des services de sécurité, aucune mesure n’est prise par le ministère de l’intérieur pour assurer le bon déroulement du meeting.

L’AKP retrouve la majorité absolue au parlement lors des élections législatives turques de novembre 2015.

Le 15 juillet 2016, une tentative de coup d’état militaire menace le pouvoir d’Erdoğan. Celui-ci appelle ses partisans à braver le couvre-feu. La tentative de coup d’état est avortée. Elle aura fait au moins 290 morts dont 104 putschistes abattus, et plus de 1440 blessés. Environ 7500 membres des forces armées ont été arrêtés. S’ensuivent également des purges visant des dizaines de milliers de personnes et, parallèlement, un durcissement préalable de la loi sur internet permet la poursuite du blocage de milliers de sites (dont Wikipédia, Youtube, Vimeo, Twitter, Dailymotion, Blogger ou encore WordPress).

(Source Wiki)

 

 

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