Religion

 

 

L’Islam

L’islam est présent en Turquie depuis la seconde moitié du 11e siècle, lorsque les seldjoukides ont commencé à s’étendre depuis l’Est vers l’Anatolie orientale. Selon Halil İnalcık, historien Turc spécialiste de l’empire Ottoman, à cette époque et pendant la fondation du dites Empire, l’Anatolie est majoritairement alevi bektashi (un ordre soufi à tendance Chiite). Ainsi, la famille des Çandarlı qui est à l’origine de la création de l’empire est membre de la confrérie ahilik c’est-à-dire bektachi. De plus, les tribus turkmènes arrivées en Anatolie sont spirituellement influencées par de grande figures de l’islam soufie et hétérodoxe comme Ahmed Yesevi, Yunus Emre, Haci Bektas Veli, Mevlana, Ibn Arabi, Abdal Musa et Kaygusuz. La première médersa (université théologique) est créée par Davud el-Kayserî qui y enseigne le concept de Wahdat al-wujud. Pour Levent Kayapinar, au 14e siècle et 15e siècle les alevi bektashi sont majoritaires dans les provinces de l’Anatolie et de nombreux éléments laissent à penser que les fondateurs de l’empire étaient membres de tariqa hétérodoxes proches du bektachisme.

L’année 1517 marque un tournant dans l’histoire confessionnelle de l’Anatolie. Avant 1517, l’Empire ottoman n’a pas de religion ou ne repose pas sur un système religieux. En 1516, les ottomans mettent un terme au califat des Mamelouks puis Yavuz Sultan Selim s’empare des insignes du pouvoir califal détenus au Caire (fin du Al-Mutawakkil III). En 1517 Yavuz Sultan Selim fait du sunnisme la religion officielle de l’empire. Ce faisant il se démarque de son grand rival Chah Ismail Ier acquit à la cause de l’ahl al-Bayt. Environ deux mille oulémas sont importés de la mosquée al-Azhar d’Égypte pour «sunniser» le pays et les chefs religieux alevi, bektachi et mevlevi qui sont à l’origine de l’islamisation de l’Anatolie et des Balkans sont exécutés ou exilés. Dès lors, l’alévisme est considérée comme hérétique par le pouvoir central sunnite ottoman. Yavuz Sultan Selim lance une politique de dénigrement, de répression et d’assimilation ou de conversion des alevis qui perdure jusque sous l’ère républicaine.

Aujourd’hui l’islam est la religion très majoritaire de la Turquie et le courant principal est le sunnisme. Toutefois, l’islam anatolien n’est pas uniforme et présente de nombreuses variantes: le courant principal est le sunnisme hanafite, suivi par l’alévisme-bektachisme, le sunnisme chaféite et le jafarisme.

Selon les références :

  • 70 à 85 % des turcs sont musulmans sunnites(hanafites et chaféites)
  • Entre 15 et 25 % des turcs sont alévis.

La majorité des alévis sont d’origine turque et turkmène (environ 70 %), kurdes kurmandjiou zazas. Il est difficile de quantifier le nombre de ceux-ci en Turquie :

  • En 1826, date des massacres qui mirent fin au corps des janissaires, étroitement associés à l’ordre des bektachi, l’Empire ottomancomptait sept millions d’alevibektachi.
  • Aucune source statistique de l’ère républicaine ne fournit aujourd’hui des indications fiables permettant une évaluation démographique de cette minorité. Les avis divergent sur leur nombre : officiellement, ils sont entre 10 et 15 % mais d’après les sources alévies il représenterait entre 20 à 25 % de la population nationale. Les répressions exercées sur la communauté sous l’Empire ottomanet la République ont provoqué chez les alevis un sentiment de peur qui les a contraint à pratiquer leur culte en secret ou « Takiye ».

Une enquête publiée en décembre 2004 dans le Wall Street Journal, version européenne, annonce que 96 % des Turcs se définissent comme musulmans et 72 % observent les prescriptions de l’islam. Deux tiers des femmes turques portent le voile.

 

 

La laïcité en Turquie

Alors que la Constitution du 20 janvier 1921 ne mentionnait pas la religion, la loi constitutionnelle du 29 octobre 1923 modifie l’article 2 en indiquant que « la religion de l’État turc est l’islam » (« Türkiye Devletinin dini, Dîn-i İslâmdır »). Cette mention est conservée dans la constitution du 20 avril 1924 (dont l’article 75 proclame pourtant la liberté de conscience et de culte – à condition qu’elles ne s’opposent pas aux lois), supprimée le 11 avril 1928 et remplacée le 5 février 1937 par « l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur », les « six principes d’Atatürk ».

Tout cela s’est traduit sous Atatürk par :

  • L’accord du droit des votes aux femmes en 1934
  • La fermeture de certains lieux de pèlerinage
  • L’interdiction des confréries religieuses (nakşibendis, nurcus…)
  • L’interdiction du port du voile pour les femmes dans les administrations et les écoles publiques

Certaines de ces mesures ont été abolies lors de l’accession au pouvoir du Demokrat Parti (Parti démocrate) d’Adnan Menderes en 1950, mais la religion est restée sous le contrôle de l’État.

Bien que des réformes allant dans le sens de la laïcité aient été accomplies sous Atatürk (abolition du califat, etc.), la Turquie n’est pourtant pas un État strictement laïc dans le sens où il n’y a pas de séparation entre la religion et l’État, mais plutôt une mise sous tutelle de la religion par l’État; chacun reste cependant libre de ses croyances.

C’est ainsi que la religion est mentionnée sur les papiers d’identité et qu’il existe une administration dite « Présidence des affaires religieuses » (Diyanet) qui instrumentalise parfois l’islam pour légitimer l’État et qui gère les 77 500 mosquées du pays. Cet organisme étatique, mis en place par Atatürk le 3 mars 1924, finance uniquement le culte musulman sunnite, les cultes non sunnites doivent assurer un fonctionnement financièrement autonome, quand ils ne rencontrent pas d’obstacle administratif à ce même fonctionnement.

Lors de la récolte de l’impôt, tous les citoyens turcs sont égaux. Le taux d’imposition n’est pas fonction de la confession religieuse. Toutefois, à travers la « Présidence des affaires religieuses » ou Diyanet, les citoyens turcs ne sont pas égaux devant l’utilisation des recettes. La Présidence des affaires religieuses, qui est dotée d’un budget de plus de 2,5 milliards de $ US en 2012, ne finance que le culte musulman sunnite. Cette situation pose d’ailleurs problème d’un point de vue théologique, dans la mesure où, l’islam stipule à travers la notion du haram qu’il faut « donner la juste mesure et le bon poids, en toute justice ». Or, depuis sa création, le Diyanet, à travers l’impôt, utilise les ressources de citoyens non sunnites pour financer son administration et ses lieux de culte exclusivement sunnites. Ainsi, les musulmans Câferî (principalement des Azéris) et Alevi Bektachis (principalement des Turkmènes) participent au financement des mosquées et au paiement des salaires des imams sunnites alors que leurs lieux de cultes, qui ne sont pas officiellement reconnus par l’État, ne reçoivent aucun financement. Pourtant, l’islam alevi Bektachis constitue la seconde croyance en Turquie après l’islam sunnite. Les avis divergent sur leur nombre : officiellement ils sont entre 10 et 15 % mais d’après les sources alévies ils représenteraient entre 20 à 25 % de la population nationale. L’Islam Câferî compte officiellement 3 millions de croyants en Turquie.

Avec plus de 100 000 fonctionnaires, le Diyanet est une sorte d’État dans l’État.
En 2013, le Diyanet ou Ministère des Affaires religieuses, occupe le 16e poste de dépense du gouvernement central.
Le budget alloué au Diyanet est en 2013 de 4,6 milliards de livres turques.

Sous Turgut Özal, l’enseignement religieux dans le secondaire est devenu obligatoire.

En février 2008, le Parlement turc a voté une loi autorisant les femmes à porter le voile dans les universités ; cette loi fut annulée par la Cour constitutionnelle en juin 2008.

 

Autres religions

L’Anatolie (Asie Mineure) est l’un des berceaux du christianisme. Selon les Actes des Apôtres, c’est à Antioche que les disciples reçurent pour la première fois le nom de chrétiens. Saint Paul est originaire de Tarse et il voyagea beaucoup en Asie Mineure : Antakya, Konya, Ankara (capitale des Galates), Éphèse. Cette dernière ville est attachée à la mémoire de saint Jean. Selon la tradition, la Vierge Marie passa ses dernières années près d’Éphèse, à Selçuk. La grotte des Sept Dormants d’Éphèse se situe près d’Éphèse comme son nom l’indique. Les Sept Églises d’Asie ou Sept Églises de l’Apocalypse sont sept communautés diocésaines mentionnées dans le livre de l’Apocalypse dans le Nouveau Testament (les sièges épiscopaux étaient situés en Asie Mineure (Anatolie), aujourd’hui en Turquie.) Saint Nicolas, qui était né à Patara et mourut à Myre, était originaire de la région de Lycie en Anatolie. Les sept Conciles œcuméniques (Nicée I, Constantinople I, Éphèse, Chalcédoine, Constantinople II, Constantinople III, Nicée II) se rassemblèrent en Turquie actuelle (à Nicée, Constantinople, Éphèse, Chalcédoine.) Deux des cinq Églises de la Pentarchie (Église de Constantinople et d’Antioche) sont dans l’actuelle Turquie. On trouve des vestiges du christianisme primitif (en Cappadoce) et médiévaux (dans la région de Trabzon.)

Représentant encore 20 % de la population à la veille de la Première Guerre mondiale, les chrétiens n’en représentent plus que 0,2 % en 2015. Le nombre des chrétiens en Turquie ne dépasserait pas à ce jour les deux cent mille, bien que la plus grande ville du pays, Istanbul, soit le siège de deux patriarcats prestigieux : celui des Grecs et des Arméniens. Les Arméniens constituent la plus grande communauté chrétienne du pays (60 000 dont 45 000 à Istanbul), répartis en trois communautés : apostoliques (57 000), catholiques (3 000) et protestants (500) à Istanbul, Antakya et Kayseri). On peut également citer les Syriaques (15 000 dont 2 000 catholiques, à Istanbul et Mardin), les Chaldéens (10 000, pour la plupart de nationalité irakienne), les Latins (5 000, concentrés à Istanbul et Izmir ; de petites communautés à Bursa, Konya, Mersin, Tarsus, Antakya, Iskenderun, Samsun, Trabzon), les orthodoxes grecs (3 000, à Istanbul, Antakya, Gökçeada et Bozcaada). Il convient aussi d’ajouter les « nouveaux » protestants, soit les musulmans convertis au protestantisme évangélique, qui sont au nombre de 5 000. En 2014, les Témoins de Jéhovah sont 2 500.

Les juifs (25 000) sont concentrés à Istanbul (22 000), İzmir (2 500), Bursa (env. 500) et Çanakkale. Un autre groupe religieux, issu du judaïsme, est celui des sabbatéens ou Dönme. (+/- 20 000)

On trouve également des bahaïs (dont Edirne est la ville sainte) et des yézidis (d’origine kurde) en nombre réduit.

 (Source Wikipédia)

 

 

Halal food

De manière générale la viande en Turquie est halal, car la majorité de la population est musulmane, il est donc plus simple de faire du halal partout; sinon vous auriez entendu de nombreux scandales éclabousser l’actualité. Cela dit comme partout dans des pays dits ”musulmans”, les produits importés d’Europe comme les surgelés (donc parfois dans les hôtels moyens/hauts gamme), les supermarchés ou les franchises occidentales (mac do…) ne sont pas toujours halal. Donc, n’hésitez pas à demander en cas de doute.

N’oubliez pas qu’il y a une certification sur le halal en Turquie également.

 

 

Mosquées

Le nombre de mosquées est impossible à dénombrer, l’islam étant la première religion du pays.  Il y en a partout, vous n’aurez donc aucun mal à en trouver !

 

 

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