Culture

 

 

Histoire: Skanderbeg

« Je ne vous ai pas aporté la liberté ; je l’ai trouvée, ici, parmi vous. » Héros de la résistance aux Turcs, Skanderbeg (1405-68) est le père spirituel de l’Albanie.

Fils du prince d’Émathie (Macédoine), né Gjergj Kastriot, il est envoyé comme otage à la cour du sultan turc dès son enfance – une bonne manière de s’assurer de la loyauté du père. Converti à l’islam, éduqué à Edirne, il s’illustre à la guerre.

Rebaptisé Iskander (Alexandre), il reçoit le titre de bey avec charge de gouverner en loyal serviteur de la Grande Porte. Mais il déserte avec 300 Albanais lors de la bataille de Nis (dans l’actuelle Serbie) et prend Krujë, perchée sur les flancs de la plaine albanaise près de Tirana. Le 28 novembre 1443, peu après avoir abjuré l’islam et réaffirmé sa foi chrétienne, il est couronné roi des Albanais et fait hisser sur la forteresse de Krujë le drapeau byzantin rouge frappé d’un aigle à deux têtes.

Soutenu par le Vatican, le roi de Naples et les Vénitiens, « l’Athlète du Christ » (selon les mots du pape Paul II) repousse 24 attaques turques sur Krujë ! Lassé, le sultan finit même par le reconnaître seigneur d’Albanie (1461). Sa force de conviction lui aura permis de résister durant 25 ans. Mais une douzaine d’année après sa mort, le pays est soumis par les Ottomans.

D’abord assimilé à un héros chrétien, le Vercingétorix albanais devient une figure emblématique de la cause nationaliste au XIXe siècle, toutes confessions confondues, lorsque le pays tente d’arracher son indépendance à la Turquie vacillante. Bien plus tard, Enver Hoxha tentera de s’approprier le mythe en se plaçant dans la filiation du héros…

Plus révéré que jamais, Skanderbeg s’est vu ériger de nombreuses statues ces dernières années, dont une au Kosovo (Pristina) et une autre à Skopje (Macédoine), où vit une forte minorité albanaise.

 

Littérature: Ismail Kadaré

Figure de proue de la littérature albanaise, Ismail Kadaré est né en 1936. Il étudie à Tirana, puis Moscou, mais doit rentrer lorsque l’Albanie rompt politiquement avec l’URSS. Déjà publié sous le régime stalinien d’Enver Hoxha, il parvient néanmoins à peindre l’absurdité du totalitarisme dans Le Général de l’armée morte (1963), qui le consacre sur la scène internationale.

Plus généralement, Kadaré réalise un portrait historique et sociologique pointu du monde albanais à travers les âges. Puisant dans le fond commun de la mythologie et des légendes, des ballades médiévales et des traditions, il tisse des histoires tantôt poétiques et philosophiques, tantôt cruelles, où se mêlent et s’affrontent passé et présent, réalité et fiction.

Avril brisé (1978) expose l’ineptie du kanun, la vendetta traditionnelle. Son œuvre considérable comprend romans, essais, poésie et théâtre. Peu avant la chute du régime, en 1990, il obtient l’asile politique en France, où il réside toujours. Lauréat en 2005 du prestigieux prix Man Booker, il est souvent cité au nombre des nobélisables.

 

Musique traditionnelle Albanaise

La musique albanaise est celle pratiquée en Albanie, mais aussi par les nombreuses communautés albanaises vivant en Italie, au Kosovo et en Macédoine.

Elle présente des caractéristiques tout autant archaïques, préservées par le relief et le régime, que métissées, par l’influence ottomane, persane, arabe, grecque ou slave. Elle se présente sous deux formes principales : le chant këngë et la danse valle (souvent en rythme aksak à 5, 7 ou 11 temps). Ces deux formes convergent parfois en këngë valle.

La musique folklorique a été encouragée par le régime communiste pour des raisons de lutte idéologique notamment par la création du festival de Gjirokastër.

La musique traditionnelle est schématiquement divisée en deux aires musicales : au nord (correspondant à la zone de peuplement guègue, la musique est majoritairement monodique, de style plutôt héroïque, tandis que dans le sud (correspondant à la zone de peuplement tosque) la polyphonie domine, dans un style plus lyrique et romantique.

Il existe diverses formes de chants polyphoniques à métrique libre et riche ornementation (vibrato et falsetto) :

  • këngë historike, ou chant historique
  • këngë legjendare, ou chant épique
  • këngë lirike, ou chant lyrique
  • kënge trimash, ou ballade héroïque des partisans
  • vjersh, chanté par les Arbëreshes (Albanais réfugiés en Italie)

 

Bunkers

Le pays est jonché de mini-bunkers, vestiges de la dictature stalinienne. On en voit tout au long des routes, sur les plages, dans les villes même. Il y en avait jadis tous les 100 à 150 m ! Beaucoup ont été détruits ces dernières années, mais leur quantité est telle que vous ne pourrez manquer d’en voir.

Paranoïaque, Enver Hoxha s’était mis en tête que le monde entier cherchait à envahir l’Albanie pour le déloger de ses fonctions civilisatrices… Un film albano-franco-polonais sorti en 1996, Kolonel Bunker, évoque la démence de cette époque et de cet homme, qui recouvrit l’Albanie de quelque… 800 000 bunkers ! Le film et son réalisateur, Kutjim Çashku, ont été plusieurs fois primés, notamment à Venise.

 

Mercedes

La Mercedes est un fait culturel. Presque tous les Albanais roulent en Mercedes ! Du plus petit village jusqu’aux réduits huppés de Tirana, la marque allemande fait un carton. Robuste sur des routes cabossées (on est gentils pour les zones de montagne…), chic pour faire valoir son prestige social. Évidemment, toutes ne sont pas des jeunettes et beaucoup affichent 6 chiffres au compteur.

 

 

 

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