En Bref

 

Superficie : 28 748 km2 (classé 138e)

Population : 3 029 2781 hab. (classé 128e)

Capitale : Tirana

 

 

 

Langues

L’albanais est une langue d’origine indo-européenne, rattachée au groupe thraco-illyrien. Le premier écrit en langue albanaise trouvé jusqu’à ce jour, est La Formule de baptême de Pal Engjëlli (1416-1470), archevêque de Durrës (« Je te baptise au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit ») découvert à la bibliothèque de Florence par Nikola Jorga en 1915, chercheur roumain.

La langue albanaise est parlée en Albanie, en République de Macédoine, au Monténégro, au Kosovo, ainsi que dans certaines poches isolées d’Italie (Arbëresh) et de Grèce (Arvanites). Il existe deux dialectes principaux :

  • le guègue(Geg), parlé au nord du fleuve Shkumbin, au Kosovo et en Macédoine ;
  • le tosque(Tosk), parlé au sud de l’Albanie (au sud du fleuve Shkumbin), en Grèce et en Italie.

 

Les autres langues

Le grec est la seconde langue nationale, mais minoritaire, parlée au sud par la minorité grecque (ou épiriotes du Nord).

L’italien est si courant en Albanie qu’il est sans doute plus parlé que le grec, mais l’italien est surtout parlé en seconde langue, et les locuteurs de langue maternelle italienne en Albanie constituent moins de 2 000 personnes.

L’anglais, l’italien et le turc sont les trois autres grandes langues parlées. Les Albanais regardent beaucoup les programmes télévisés, italiens essentiellement. L’anglais est très important au niveau du tourisme.

Le turc reste présent en Albanie, depuis son indépendance en 1912-1913, mais cette langue décline ; elle serait surtout parlée par des Albanais de plus de 60 ans et quelque 10 000 Albanais dont les origines sont turques.

 

 

Politique

Depuis 1992, l’Albanie est une république parlementaire, démocratique et représentative. Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement. Le pouvoir législatif est détenu par le Parlement l’Assemblée d’Albanie (Kuvendi i Republikës së Shqipërisë), mais le Gouvernement aussi propose des projets de lois. Depuis 1991, et l’introduction du pluralisme, le système politique est dominé par les conservateurs, le Parti démocratique d’Albanie et le Parti socialiste d’Albanie. D’autres formations politiques d’une importance moindre sont représentées au Parlement et au Gouvernement.

 

Pouvoir exécutif

Le chef de l’État est le président de la République, qui est élu par le Parlement avec un mandat de 5 ans, renouvelable une fois. Dans ce système, le président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire. Le président est le garant de la démocratie puisque c’est à lui qu’incombe la responsabilité de décréter les lois adoptées par le Parlement.

 

Pouvoir législatif

L’Assemblée (Kuvendi), constitue le pouvoir législatif, responsable des politiques intérieures et extérieures du pays et des modifications de la Constitution. Élu tous les 4 ans, il compte au total 140 députés sortis des listes des différents partis politiques selon un système proportionnel régional.

 

 Principaux partis politiques

Les chiffres correspondent aux élections du 23 juin 2013.

  • Parti socialiste d’Albanie(PSSh) et alliés (dont le Mouvement socialiste pour l’intégration, le Parti de l’Union pour les droits de l’homme et le Parti démocrate-chrétien d’Albanie) : 84 députés
  • Parti démocratique d’Albanie(PDSh) et alliés (dont le Parti pour la Justice, l’Intégration et l’Unité (en) et le Parti républicain d’Albanie) : 56 députés

Principaux partis non représentés :

  • Nouvel Esprit démocratique: 1,7% des voix
  • Alliance rouge et noire: 0,6% des voix

 

Adhésion à l’Union européenne

En 2006, l’Albanie est devenue membre associée de l’Union européenne, après la signature d’un Accord de stabilisation et d’association (ASA). Au cours des dernières années des progrès plus ou moins grands ont été enregistrés dans les différents domaines de la gouvernance, tels que la réforme des institutions démocratiques, le renforcement des droits civiques, etc. D’autres progrès ont été accomplis en ce qui concerne la gestion de l’économie et la création d’opportunités pour inciter les investissements étrangers directs et diminuer ainsi le chômage (en 2008 13,4 %). En mars 2009, le Premier ministre Sali Berisha annonce son intention de déposer la candidature de l’Albanie à l’UE, dans l’espoir de se prévaloir de cette initiative lors de sa campagne électorale pour les législatives prévues en juin. En avril 2009 l’ASA est entré en vigueur, et la République d’Albanie est devenue officiellement membre de l’OTAN. Elle devient membre de l’UE, le mardi 24 juin 2014.

 

 

 

Economie

La fuite des élites albanaises est un processus social et économique qui pénalise la recherche. Cependant, pour enrayer cet exode et encourager les émigrés à revenir, l’Albanie doit définir une politique scientifique et scolaire claire, étroitement liée à une politique industrielle à long terme avec l’aide des programmes européens développés à cet effet (ACE, PHARE, TEMPUS ou EAST).

Les exportations sont faibles (surtout des produits agricoles) et les travailleurs émigrés sont les principaux pourvoyeurs de devises. Les importations sont principalement les équipements mécaniques, les produits manufacturés, les denrées alimentaires, les textiles et les produits chimiques. Le changement de régime en 1991 a créé les conditions d’un rapprochement progressif de l’Albanie et de l’Europe.

Malgré des ressources naturelles importantes, l’Albanie demeure un pays en développement. Son histoire a été profondément marquée par les quarante-cinq années d’autoritarisme et par l’autarcie imposée par Enver Hoxha qui s’est maintenue jusqu’en 1991 et qui donnait l’importance principale au secteur primaire, sans favoriser l’agriculture. L’Albanie reste cependant l’un des pays les plus pauvres de l’Europe.

Le salaire minimum avoisine les 150 euros par mois, ce qui est le salaire le plus faible d’Europe.

 

Agriculture

L’agriculture représente un quart du PIB et l’économie parallèle a un poids important. Les structures économiques restent fragiles et dépendantes de l’aide extérieure et des transferts de revenus de l’émigration (environ 14 % du PIB). En 2004, le déficit budgétaire représentait 5 % du PIB et la dette publique s’élève à 56 % du PIB. Néanmoins, la productivité s’améliore sensiblement depuis environ une décennie et connaît depuis 2003 une croissance régulière (6 %) dans un contexte d’inflation modérée. Le pays dispose en outre d’une situation géographique favorable à son développement et d’une ouverture sur la mer, d’un large éventail de ressources naturelles et d’un potentiel touristique.

Pour ce qui est du secteur primaire, il constitue une grande partie de sa population. En effet, l’Albanie est un pays agricole et 60 % de la population travaille sur les terres. Le secteur secondaire représente 19 % du PIB et 32 % de la population active. Finalement, le secteur tertiaire représente 60 % du PIB et 20 % de la population active. Ce secteur représente les services et le tourisme en Albanie.

 

Énergie

La production électrique de l’Albanie provient à 95 % des centrales hydroélectriques situées sur le fleuve Drin au Nord du pays.

Malgré une consommation d’électricité moyenne par habitant très basse (l’une des plus faibles en Europe), l’Albanie a des problèmes d’approvisionnement. Les trois centrales situées sur le Drin ne suffisent pas à couvrir les besoins en électricité du pays, qui n’a pour l’instant d’autre alternative que l’importation ou le rationnement.

Le gouvernement albanais prévoit cependant la construction de deux nouvelles centrales hydroélectriques d’une puissance de 200 MW chacune à Bushat et à Kalivaç qui pourraient stabiliser la situation.

La consommation d’hydrocarbures est aussi plus élevée que la production ce qui oblige l’importation d’Italie ou de Grèce.

 

Développement

L’Albanie est actuellement un pays en développement, avec la moitié de sa population active travaillant dans le secteur de l’agriculture, et un cinquième des actifs travaillant à l’étranger. Officiellement, le chômage s’élève à 15 %, mais des sources indépendantes l’estiment à près de 30 % au Nord et au Nord-Est du pays. La croissance globale est de 7,3 % mais varie selon les secteurs. Elle atteint presque 20 % pour la construction mais seulement 10 % pour les services publics et privés.

 

 

 

Géographie

L’Albanie s’étend sur une superficie totale de 28 748 km2, avec environ 70 % de surface montagneuse, accidentée et difficilement accessible, dont le point culminant est le mont Korab s’élevant à 2 753 m.
Le reste est constitué de plaines alluviales, dont le terrain est plutôt de piètre qualité pour l’agriculture, alternativement inondé ou desséché. Les terres les plus fertiles yn,,n,, ;:;;                   sont situées dans le district des lacs (lac d’Ohrid, Grand Prespa et Petit Prespa) et sur certains plateaux intermédiaires entre la plaine et la montagne.
La seule île notable est celle de Sazan qui fut tour à tour occupée par diverses grandes puissances européennes.

Son littoral s’étend sur 362 kilomètres le long de l’Adriatique et de la mer Ionienne. L’Albanie possède 720 kilomètres de frontières terrestres avec le Monténégro(172 km), le Kosovo (115 km), la Macédoine (151 km) et la Grèce (282 km).

Les principales villes sont Tirana (la capitale) avec environ 800 000 habitants, Durrës, Korça, Elbasan, Shkodër, Gjirokastra, Vlora et Kukës.

Le plus grand fleuve albanais est la Drini. Long de 282 kilomètres, il est un des seuls à connaître un débit relativement stable tout au long de l’année. Les autres cours d’eau sont généralement presque secs durant l’été, même les rivières Semani et Vjosa qui ont pourtant une longueur de plus de 160 kilomètres.

L’Albanie possède trois lacs dont l’un des plus vieux du monde (lac d’Ohrid). Il est situé dans le sud du pays et est partagé entre l’Albanie et la République de Macédoine. Il possède une variété de flore et de faune unique au monde, des «fossiles vivants» et de nombreuses espèces endémiques. En raison de sa valeur naturelle et historique, le lac d’Ohrid est sous la protection de l’Unesco.

Le lac de Shkodër situé dans le nord-ouest du pays a une surface qui peut varier entre 370 km2 et 530 km2, partagé entre l’Albanie et la ville d’Ulcinj au Monténégro. La rive albanaise du lac est longue de 57 kilomètres.

Environ 3 000 espèces différentes de plantes poussent en Albanie, dont beaucoup sont utilisées à des fins médicinales. Les forêts abritent une grande variété de mammifères, y compris les loups, ours, sangliers et chamois. Les lynx, les chats sauvages et les putois sont rares, mais continuent de survivre dans certaines régions du pays.

Les ressources naturelles les plus importantes sont le pétrole, le gaz naturel, le charbon, le chrome, le cuivre, le bois, le nickel, le potentiel hydroélectrique.

 

 

Histoire

L’histoire de l’albanie peut se résumer en X phases : De l’Antiquité au Moyen âge, l’Albanie vénitienne, l’occupation Ottomane, l’échec des campagnes autrichiennes et austro-russe, de la renaissance de la nation albanaise jusqu’à son indépendance à aujourd’hui.

  

De l’Antiquité au Moyen âge

Dans l’Antiquité, le territoire qui forme aujourd’hui l’Albanie était habité par les Illyriens et les Bryges, peuples indo-européens qui se sont installés dans la région des Balkans au xxe siècle av. J.-C.. Parmi les tribus illyriennes qui habitaient le territoire de l’Albanie se trouvaient les Ardiéens, les Taulantiens, les Enchéléiens, les Parthiniens, tandis que dans le sud vivait la tribu grecque des Chaoniens, et à l’ouest les Bryges.

Cet État d’Illyrie atteint l’apogée de sa puissance sous les règnes du roi Agron puis de sa fille, la régente Teuta. La capitale de ce royaume était la ville de Shkodër (située au nord de l’Albanie actuelle) au milieu du iiie siècle av. J.-C.. Ce royaume devint une forte puissance maritime, mettant ainsi en danger le commerce de la République romaine. « Illyrii proprie dicti » (Illyriens proprement dits) sont les populations qui vivaient dans les territoires actuels du sud de la Croatie, l’Herzégovine, le Monténégro et la moitié nord de l’Albanie.

En −168, Rome conquiert l’Illyrie, qui reste sous son autorité pendant plus de cinq siècles. L’Illyrie devient un centre important reliant Rome et Byzance par la via Egnatia. Pendant cette période, les ports de Dyrrachium (Durrës), Apollonie ou Oricum se transforment en d’importantes places commerciales.

À la suite du partage par l’Empire romain en 395 de l’Illyrie entre les provinces de Mésie, Dalmatie et Épire, l’Illyrie est intégrée politiquement à l’empire d’Orient. Les provinces illyriennes sont dévastées par des tribus nomades, les Gothsau ive siècle et les Huns au ve siècle, les Bulgares, et les tribus slaves au viie siècle, Serbes et Croates en provenance du nord des Carpates (sud de la Pologne actuelle). Avec l’arrivée des Slaves, les populations Illyriennes disparaissent de l’histoire, leur dernière mention étant dans Miracula Sancti Dimitrii au viie siècle. Le géographe Ptolémée mentionne pour la première fois au iie siècle le mot Albanopolis pour un lieu-dit correspondant à Zgërdhesh (près de Krujë, Albanie centrale).

 

Moyen Âge, les Albanais seront mentionnés pour la première fois au xie siècle : l’historien byzantin Michaelis Attaleiates écrit une Histoire dans laquelle il parle des Albanoï ayant participé à un soulèvement contre Constantinople en 1043, et des Arbanitai qui étaient des habitants du duché de Dyrrachion (Durrës), la nouvelle Épire. Vers 1081, un autre historien, Ioannis Scylitzes, évoque des Arvanites (dénomination grecque des Albanais) qui constituent une partie des troupes réunies par le duc de Durrës, Nicéphorus Basilacius, en rébellion contre Constantinople. Mention des Albanais est faite aussi au xie siècle dans la chronique d’Anne Comnène, la fille de l’empereur byzantin Alexis Ier Comnène. Ce dernier est alors confronté à l’invasion normande conduite par Robert Guiscard. Ce dernier sera battu à Shën Koll (Saint-Nicolas), près de Durrës, et selon la chronique il aurait pu vaincre « s’il avait attendu les Arvanites ». Replié ensuite vers Ohrid, il aurait donné le commandement de la place de Durrës au komiskort (seigneur) de l’Arbanon.

De 1272 aux années 1280, la région se trouve sous le contrôle de Charles d’Anjou (frère de Saint Louis, installé d’abord en Sicile), qui se proclame rex Albaniae. Le territoire de ce royaume a la forme d’un rectangle dont les sommets sont aujourd’hui à Bar (anciennement Tivar), Prizren (Dardanie), Ohrid et Vlora (sud de l’Albanie actuelle). Cela ne correspond qu’à une partie seulement du territoire sur lequel vivaient les tribus identifiées comme Illyriennes dans l’Antiquité20.

Les Normands, qui gouvernaient le sud de l’Italie, conquirent Durrës en 1081. Les Byzantins reconquirent l’Albanie en 1083. Des Normands y retournèrent en 1107 et encore en 1185 mais furent rapidement expulsés. En 1190, le prince albanais Progon réussit à instaurer un État indépendant qui se maintient jusqu’à la moitié du xiiie siècle. Le Second Empire bulgare qui atteint son apogée sous le règne d’Ivan Assèn II (1218-1241), chutera à la mort d’Ivan Assèn II. Un siècle plus tard, un empire serbe atteint son apogée au milieu du xive siècle, sous le règne d’Étienne IV Douchan (1331 à 1355), période pendant laquelle une partie du nord de l’Albanie (jusqu’à Durrës où commençaient les territoires appartenant à la République de Venise) est sous sa domination (13 ans).

L’historiographie fait apparaître l’existence de plusieurs principautés albanaises avec l’effondrement de l’empire de Dusan et les premières incursions ottomanes dans l’ouest des Balkans autour de 1385. De puissants seigneurs albanais dirigeaient la plupart des régions albanophones des Balkans, de Kosovo à Arta.

Les territoires de ces principautés n’étaient pas stables à cause des divisions et regroupements qui se faisaient en relation avec des partages d’héritages, des mariages et l’évolution des rapports de force. Lors de l’attaque ottomane de la bataille de Kosovo Polje (1389), dans laquelle prirent part toutes les forces balkaniques (Albanais, Hongrois, Vlaques, Serbes et Bosniaques), la défaite fut avant tout une défaite albanaise. La conséquence immédiate de la défaite fut l’extension de la domination ottomane sur les Serbes et les Albanais du Nord.

La prise de Constantinople et le sac de la ville par les Croisés en avril 1204 constituent un événement majeur pour le destin de la région. Le schisme de 1054 n’avait pas été vécu comme tel par la grande majorité des chrétiens. Mais le pillage de Constantinople par les chevaliers de l’Europe occidentale fut ressenti dans le monde hellénique comme une agression. La prise de Constantinople par les Ottomans en 1453, entraînera l’Église orthodoxe de Grèce dans une alliance avec l’Empire ottoman qui se consolidera avec le temps contre l’Église catholique romaine. Avec l’occupation ottomane définitivement acquise en 1501, date où la République de Venise signe le traité de cession de l’Albanie vénitienne à la Turquie, les populations albanaises connaîtront une première division religieuse : rite catholique romain au Nord, et byzantin au Sud. Le rite byzantin du Sud de l’Albanie sera sauvegardé durant des siècles par les Albanais qui immigrèrent en Italie du sud à la suite de l’occupation turque (les « Arbëresh »).

 

L’Albanie vénitienne (Georges Castriote)

Au xe siècle, la République de Venise s’étend à la côte dalmate. En 1202-1204, les Croisés l’aidèrent à conquérir plusieurs autres étapes sur la route vers l’Orient (de Zadar – Zara en Croatie jusqu’aux îles Ioniennes actuellement en Grèce) bien que ce ne fut pas à l’origine le but de l’expédition. Au xve siècle (1448), ce que la République de Venise appelle l’Albanie vénitienne comprend les territoires et populations s’étendant de Kotor (Cattaro) (Nord du Monténégro actuel), en passant par Shkodër(Scutari) et Durrës (Durazzo), jusqu’à la ville de Arta (région de Ioannina, actuellement partie de la Grèce du Nord depuis 1918).

À cette période commencent également les premières installations massives des Albanais en Italie.

Après la chute de Constantinople, les incursions turques dans la péninsule se font de plus en plus insistantes. En dépit d’une résistance rassemblée derrière le seigneur Georges Castriote (v. 1403-1468), dit Skanderbeg, fils du prince d’Épire Jean Castriote, et de l’aide de la République de Venise, l’Albanie succombera à l’occupation ottomane à la fin du xve siècle. Pendant près d’un quart de siècle, ce personnage — salué par les papes Nicolas V et Pie II du nom de « champion du Christ » — infligea de rudes défaites aux troupes turques, sans pouvoir toutefois les chasser pour toujours.

En mourant, Skanderbeg laissera entre les mains des Vénitiens la principauté d’Arbëri qu’il avait fondée. Il semblerait que les princes chrétiens ne comprirent pas à temps le rôle immense que Skanderbeg eût pu jouer dans les guerres contre les Turcs au moment décisif où ceux-ci prenaient décidément pied en Europe.

 

L’occupation ottomane

Sous la conduite de Suleiman-Pacha, les Turcs vinrent assiéger Shkodëren 1474. Cette ville, la plus importante d’Albanie aux yeux de Venise, fut défendue par le sénateur Antonio Loredan. Le siège de Shkodër par les Ottomans, provoca la première résistance qui dura 3 mois. À ce moment la flotte ottomane, massée à l’embouchure du lac de Buna de Shkodër, fut dispersée par l’amiral Triadano Gritti, et le siège fut levé grâce à une diversion du roi de Hongrie.

Des scènes de bataille seront peintes par Paolo Veronese montrant sur un rocher le château de Shkodër (Rozafa) sur lequel flotte un drapeau vénitien, avec en arrière-plan la Cathédrale de Saint Stéphane de Shkodër. Vers la fin de 1477, une puissante armée commandée par Ali-Bey et Gaiolla-Pacha vint à nouveau investir la ville. Le bombardement fut terrible. Les furieux assauts que Mehmed II fit livrer, notamment les 22, 27, 28 juillet 1478, aboutirent à un blocus. La ville de Krujë (Croïa) avait capitulé le 5 juin 1478, au bout de 13 mois de résistance. Ses habitants furent décapités au mépris de toute parole donnée. C’est la famine qui les fit succomber, de même qu’elle fit succomber, au bout de 15 mois, les 1 600 défenseurs de Shkodër enfin obligés de se rendre aux 40 000 soldats de Ahmed Pacha, le 25 janvier 1479. Parmi les autres défenseurs de Shkodër, les Monténégrins se réfugièrent à Cetinje.

 

À la fin du xve siècle, l’Albanie fut occupée par les Ottomans. Les provinces albanaises de Ioannina au sud, à Preševo au nord, en passant par Skopje et Bitola (Monastir) à l’est, retombèrent dans leurs déchirements féodaux et le sultan Murat II achèvera d’abattre ces « remparts papistes ».

Après la chute de Shkodër, et après des efforts et négociations de longue haleine, la République de Venise réussit à convenir le 25 janvier 1479 d’un accord avec le Sultan Mehmet II, selon lequel la dernière forteresse de l’Albanie vénitienne (Shkodër) passait entre les mains des Ottomans, et ses habitants pouvaient quitter la ville. Le Provéditeur vénitien, Antonio de Lezze, stipula que la garnison se retirerait avec armes et bagages : une partie s’en fut à Venise où le Sénat montra une grande considération pour toutes les familles en provenance de Shkodër, Drisht et Durrës, pour leur courage et leur fidélité à Venise. Les Albanais reçurent des terres pour s’installer à Venise et au Frioul, et les religieux catholiques albanais dans des paroisses de Venise, de Padoue et de Gênes24. Ceux qui restèrent à Venise se regroupèrent en confréries sous les vocables Saint Maurice et Saint Gallo. La république de Venise cédera ensuite dans la même année aux Ottomans l’Albanie du Sud (les châteaux de Himarë, Sopoti (Borshi) et de Kastrovila). Les Turcs prendront également les dernières possessions du seigneur Leonard I (IV) Toko dans l’Albanie du Sud en 1501.

Quelques années après l’installation de l’occupant turc en Albanie, de nombreux chrétiens albanais (du Sud de l’Albanie cette fois) fuirent encore plus massivement l’Albanie vers l’Italie, formant la communauté des Arbëresh, qui existe encore aujourd’hui notamment en Sicile et en Italie du Sud, dans les provinces de Foggia, Potenza, Catanzaro, Teramo, Campobasso, Lecce, Palerme, Catane, Agrigento, Cosenza. À l’exception des émigrés du nord de l’Albanie, qui étaient du rite catholique romain jusqu’à la ville de Durrës, les émigrés du sud étaient du rite catholique byzantin (ou gréco-catholique). Cette importante émigration s’installa en Italie et rejoignit ceux qui avaient déjà émigré progressivement entre 1481 et 1492, dès les premières attaques ottomanes. Cette communauté créera les centres de Palazzo Adriano (1481), Santa Cristina, Gela, Mezzojuso (1490), San Angelo di Girgenti, S. Michele di Bagoaria. Plus tard, elle fondera (1536) les colonies de Basile, Moschite, S. Costantino albanese, S. Paolo albanese, Brindisi de la Montagne (dans la Basilicate), et de Farneta à Cosenza21.

La communauté des Arbëresh se renforça en 1680, avec la création de nouvelles fondations : celles de Ururi, Portocannone, Campomarino, et Montecilfone (Campobasso). Charles III de Bourbon fut très favorable aux Albanais, ainsi il leur permit de fonder des établissements spéciaux pour l’éducation de leurs enfants (collèges de San Benedetto, Ullano, et de Palerme). De plus, il fut créé des évêchés albanais du rite gréco-catholique. C’est pourquoi une nouvelle masse de populations passera en Italie, de même que sous l’empire de Ferdinand IV du Saint-Empire. Ces derniers émigrés s’établirent à Brindisi et à Naples, notamment à la suite du régiment royal de Macédoine formé d’Albanais et de Macédoniens. Il existe une littérature italo-albanaise qui comptait au début du xxe siècle des écrivains de valeur comme Don Variboda, Dorsa, Mauro, de Rada, Marchiano. Les meilleurs statistiques sur les Albanais d’Italie ont été faites par Barbarich.

 

Échec des campagnes autrichiennes du xviie siècle et austro-russe du xviiie siècle

Au cours du xviie siècle, les Impériaux eurent à faire avec les Turcs, et durant la campagne de 1689 leur général Piccolomini franchit la Save et pénétra par le Kosovo, où la route lui fut facilitée par Mgr Pjetër Bogdani jusqu’à Prizren. Les Autrichiens avancèrent de Prizren (Kosovo) à la vallée de Vardar, battant le Turc Mahmoud Begovitch, s’alliant avec les chrétiens albanais. Néanmoins, les Ottomans réussirent à faire entrer en conflit une partie des Albanais musulmans contre les Albanais chrétiens, et le duc de Holstein qui remplaça Piccolomini après sa mort ne sut pas comprendre ses alliés albanais, et les froissa de telle sorte qu’ils le forcèrent à rentrer en Hongrie entraînant dans la retraite le Patriarche Arsène II Cernogevitch et les habitants de la Vieille Serbie.

Lorsque les Austro-russes envahirent l’Albanie du Nord en 1737, les tribus catholiques (Shkodër, Hoti, Kelmendi, etc.) et orthodoxes (Kuçi, Piperi, Gruda, etc.) crurent leur heure de libération arrivée. Malheureusement le chef des Alliés, le colonel autrichien Lentulus, manqua de décision et rétrograda du sandjak de Novi-Bazar, abandonnant ses auxiliaires à la vengeance des Turcs pour une deuxième fois, qui, néanmoins, ne purent en venir à bout qu’après deux sanglantes répressions en 1740. Cette expédition manquée eut également une influence sur les progrès de l’islam.

L’histoire de l’Albanie sous l’empire ottoman, du xvie siècle jusqu’à 1912, fut marquée par une succession de révoltes albanaises anti-ottomanes durement réprimées. Les plus sévères furent celles des Bushati à Shkodra (1796) et celle d’Ali Pacha (1822) en Épire.

 

De la renaissance de la nation albanaise fin xixe siècle jusqu’à son indépendance début à aujourd’hui

Réaction albanaise au Traité de Berlin de 1878

À la fin du xixe siècle, les territoires d’Albanie sous domination ottomane étaient séparés en quatre régions administratives (vilâyet) : la région de Kosovo, celle de Shkodër, celle de Bitola (anciennement dénommée Monastir), et celle de Ioannina.

À l’issue de la grande guerre d’Orient (guerre russo-ottomane) qui marqua la victoire de l’empire Russe face à l’empire ottoman :

  • la Serbie, sous l’impulsion de la Russie, revendiquait les territoires de Kuršumlija(actuel sud de la Serbie), Plav(actuel Sud-Est de Monténégro aux confins avec Kosovo), Guceviće (ou Gucia, actuel sud-ouest de la Serbie), et la ville de Bar (ou Tivar) et son littoral.
  • La Grècerevendiquait une partie de l’Épire (Ioannina, Arta et Préveza dans lesquelles elle avait placé des consulats quelques années auparavant.

En signe de protestation contre ces annexions de populations et territoires albanais, se constitua la Ligue albanaise de Prizren, dont le siège se trouvait à Elbasan (Albanie centrale) avec des succursales à Prizren (Kosovo) et à Gjirokastër(Albanie). La Ligue proclamait la nécessité d’arriver à la constitution d’une autonomie albanaise avec la ville d’Ohrid (actuel sud-ouest de la Macédoine), comme chef-lieu. Avant la poursuite de ce dessein, la Ligue albanaise protesta vivement contre l’annexion des territoires albanais par le Monténégro, notamment pour les territoires de Podgorica et Ulcinj, puis se mit à organiser une résistance armée. Le 6 novembre 1879 un combat eut lieu à Plav (Novsici) entre quatre bataillons commandés par Boscio Petrovic et les 8 000 Albanais de l’Albanie du Nord (de Velika). Ce combat dura deux ans, et l’issue en fut incertaine. Comme les districts contestés étaient tombés en pleine anarchie, l’Empire Ottoman fit partir de Bitola, des troupes dirigées par Mouktar Pacha, pour se porter au secours des Monténégrins, contre les 8 000 Albanais soulevés sous les ordres du prince de Mirdita (région du Nord-Est de l’Albanie), Bibë Doda. Une nouvelle rencontre indécise eut lieu près de Plav, à Metei, le 8 janvier 1880. Dans ces conditions, l’Italie proposait sa médiation, par un échange de territoires qui fut refusé par les Albanais. L’Angleterre proposa une autre combinaison dont la ville albanaise d’Ulcinj formait la base d’échange au profit de Monténégro. Comme les Albanais refusèrent à nouveau, une démonstration navale devant la ville d’Ulcinj vint à bout de leur résistance en 1880. Entre temps, la Grèce profitait pour occuper Ioannina et toute la région entre le fleuve Arachtos et le Pinde, ainsi que Préveza. Elle fut néanmoins obligée d’évacuer Ioannina, Arta et Préveza, recevant en récompense de la Turquie la région de Thessalie.

Après ces sanglantes révoltes, Dervich Pacha combattit à nouveau les forces de la Ligue albanaise près de Pristina (à Slivove, Kosovo), et occupa les villes de Prizren et Gjakovë (Sud et Sud-Ouest de Kosovo). De nouvelles manifestations de la Ligue auront lieu lors de la guerre gréco-turque de 1897, et dans la Vieille-Serbie en 1903, dans le but d’unir tous les territoires et populations albanaises dans un État.

 

Expéditions turques de désarmement des Albanais en 1910

La révolution de 1908 du mouvement Jeune-Turc donna naissance à un deuxième regroupement des forces albanaises contre l’Empire Ottoman, les Albanais constatant qu’ils perdaient au fur et à mesure une grande partie de leurs territoires depuis les accords turco-russes 1878-1880, et à la suite d’une nouvelle levée de taxes. Aussi, en 1910 une nouvelle organisation, le mouvement Bessa (le « Serment ») s’organisa près de Prizren (Ferizaj, Sud du Kosovo), réclamant l’autonomie de l’Albanie vis-à-vis de l’Empire Ottoman.

En représailles, l’Empire Ottoman entreprit une expédition très importante sous la direction de Chefket Pacha, et désarma la population.
Les ottomans réussirent à la fin de 1910 à confisquer plus de 147 000 fusils, 600 000 cartouches, et quelques canons. Durant une vingtaine de combats, les ottomans tuèrent environ 3 000 Albanais, exécutèrent 20 chefs de la résistance, ne perdant eux-mêmes que 300 hommes.

Les mouvements albanais se regroupèrent à nouveau, et reprirent Skopje durant l’été de 1912, quelques semaines avant la déclaration de guerre par la Ligue balkanique à l’Empire Ottoman. La guerre éclatée, l’Albanie devait se tenir encore au statu quo sur ordre des Grandes Puissances, dans l’attente de la détermination de ses frontières.

 

Indépendance de l’État albanais – Luttes pour la définition des frontières

En 1912, face à l’agonie de l’Empire ottoman, quatre pays, (Serbie, Grèce, Monténégro et Bulgarie) conclurent une alliance militaire, la ligue balkanique, visant à faire reculer l’Empire ottoman, avec l’appui de la Russie. Le 8 octobre 1912, la ligue déclare la Première Guerre balkaniqueà l’Empire. La guerre tourne rapidement à l’avantage des coalisés aux vues des faiblesses de l’Empire ottoman depuis la guerre russo-ottomane de 1877. L’Albanie lance un nouveau soulèvement, et proclame son indépendance le 28 novembre 1912, dans la continuité des révoltes précédentes. Les territoires revendiqués à la Conférence des Ambassadeurs de 1912-1913 à Londres, sont l’ensemble des territoires albanophones, incluant donc le Kosovo, la Ioannina, Skopje, et notamment les territoires de l’ouest et du nord de l’actuelle république de Macédoine. L’Épire du Sud, que les Albanais considèrent à forte population albanaise, est également revendiquée. Mais les coalisés ne reconnaissent pas cette indépendance. Les Monténégrins revendiquent le Nord de l’Albanie, les Grecs revendiquent l’Épire du Nord, et les Serbes ont des visées sur le reste des territoires albanophones.

Dès la fin octobre 1912, les Monténégrins pénètrent dans le nord de l’actuelle Albanie, et mettent le siège contre Shkodër. Au mois de novembre, les troupes serbes et grecques pénètrent respectivement au nord et au sud de l’Albanie. En décembre 1912, les six grandes puissances européennes signataires du traité de Berlin de 1878, lequel visait déjà à traiter la question de la Roumélie (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Autriche-Hongrie, Italie et Empire russe), créent la conférence de Londres, visant à régler les questions balkaniques.

En mai 1913, la question des frontières albanaises est réglée. Cependant, 60% du territoire revendiqué par l’Albanie, pour la plupart albanophones, sont incorporés aux États voisins. L’indépendance albanaise est donc reconnue malgré les réticences des coalisés. Les thèses contradictoires des parties en présence s’affrontent, chaque pays étant en outre soutenu par différentes puissances, la Grèce par l’Angleterre, la Serbie, par la Russie, pour l’annexion des territoires du nord de l’Albanie, et la Bulgarie pour l’annexion des territoires de l’est. À l’inverse, l’Autriche-Hongrie soutient les revendications de la délégation albanaise. Dans une certaine mesure, mais pas pour les mêmes raisons, l’Italie les soutient également, car elle préfère voir émerger sur la côte Adriatique un État albanais indépendant, une sorte d’État neutre, plutôt que ses rivaux – notamment la Russie – qui entendaient annexer totalement les populations et terres albanaises.

Les frontières étant fixées, les Monténégrins qui n’auront pas plus que ce qu’ils avaient obtenu par le Traité de Berlin en 1878, doivent quitter les territoires albanophones qu’ils revendiquaient.

À l’ouest, la frontière est également rapidement fixée par les grandes puissances, mais est sensiblement moins favorable aux Albanais. Les territoires albanophones du Kosovo, ainsi que de l’ouest et du nord de l’actuelle république de Macédoine, sont donnés à la Serbie. En échange, celle-ci reconnait l’indépendance du pays et le quitte en octobre 1913. La fixation de la frontière, en dépit des réalités ethno-linguistique, vient reconnaitre la réalité du rapport de force entre Grandes Puissances, très favorable à la Russie.

Enfin, dans le sud, la fixation de la frontière est plus lente. La Grèce s’était procurée des appuis auprès de l’Angleterre pour annexer l’Épire du Sud. Ayant eu Ioannina, elle ne peut annexer plus de territoires, et finit par céder30 en quittant la région en février 1914. La Grèce réoccupe la région le 14 octobre 1914, mais doit la quitter pendant la Première Guerre mondiale, en 1916. Bien que la Conférence de paix de Paris (1919) pose le principe d’un rattachement à la Grèce, l’Épire du nord reste définitivement à l’Albanie.

Un dernier conflit frontalier oppose en 1921 l’Albanie et la Yougoslavie, qui mène à une violation du territoire albanais par les troupes yougoslaves en janvier. Une escalade du conflit est évitée grâce à l’intervention de la Société des Nations, qui établit une nouvelle définition des frontières, acceptée par les deux parties (voir article détaillé).

 

De la République à la monarchie

Après la redéfinition de ses frontières, l’Albanie connut une courte période démocratique (marquée notamment par le gouvernement de Theofan Stilian Noli, dit Fan Noli, et de Luigj Gurakuqi) (1924). Ce gouvernement ne cessa de revendiquer auprès de la Société des Nations, après les découpages de 1913-1919, les territoires abritant des populations albanaises : le Kosovo, Monastir (de Skopje à Bitola) et une partie de l’Épire du sud, dont Ioannina. Les diplomates occidentaux, irrités par les réclamations de Theofan Stilian Noli, réussirent à propulser sur le devant de la scène politique albanaise une figure moins revendicatrice envers la Société des Nations, celle d’Ahmed Zogu. Ce dernier viendra au pouvoir avec le soutien de le Grande Bretagne et de la Serbie, en s’auto-proclamant roi des Albanais. Toutefois, ce roi fit des efforts pour moderniser l’Albanie, sous la forte impulsion de l’Italie. Ainsi, sous son régime fut promulgué un Code civil, d’après le Code civil suisse, une Banque nationale fut créée, et la réforme agraire donna de la terre aux paysans et la presse connut un essor pendant les années 1920–1930.

 

De l’occupation italienne à la montée du communisme

En 1939, le pays est occupé par l’Italie ; la couronne du Royaume d’Albanie passe alors au roi d’Italie Victor-Emmanuel III, le pays devenant un protectorat italien. La résistance albanaise de quelques groupes communistes s’organise autour du Parti communiste d’Albanie à partir de 1941, sous la direction d’Enver Hoxha et en liaison avec le mouvement communiste de Tito. Le 16 septembre 1942, la première Conférence de libération nationale, à Peć (Pejë), regroupe les communistes, les monarchistes, les nationalistes républicains du Balli Kombëtar (Le Front National) et le mouvement des frères Kryeziu. Cette conférence donne naissance au Mouvement de libération nationale – LNÇ (MLN ou en albanais LNÇ, Levizje Nacional Çlirimtare) dirigé par huit membres dont Enver Hoxha et Abaz Kupi. Ce dernier, exclu du MLN en novembre 1943 quand le mouvement passe sous le contrôle exclusif des communistes, fonde le parti de la Légalité (Legaliteti), fidèle au roi.

Dès avril 1943 le SOE parachute des équipes pour encadrer les maquis de résistance, au départ sans considération politique. À partir de la fin 1943, les Britanniques vont essentiellement soutenir la résistance nationaliste et royaliste dans les Balkans, y compris en Albanie31. Ils étendront après la Seconde Guerre mondiale leur protectorat sur la Grèce selon les accords conclus entre Churchill et Staline.

 

De la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la chute du communisme en 1991

L’Albanie connaît, après sa libération totale en novembre 1944, un gouvernement communiste stalinien, dont le principal dirigeant est Enver Hoxha, chef du gouvernement et premier secrétaire du Parti communiste d’Albanie. La République populaire d’Albanie est officiellement proclamée le 11 janvier 1946. L’Albanie est dès lors isolée du reste du monde jusqu’à la chute du régime communiste en 1991 et elle subit l’un des régimes les plus sévères de l’histoire de l’Europe moderne, comptant plus de 8 000 condamnés à mort et des milliers de personnes emprisonnées dans des camps (rapportées à une population d’après-guerre de 1 million d’habitants). La France sera l’un des seuls pays occidentaux, avec l’Italie, l’Autriche et la Suisse, à entretenir des relations diplomatiques avec l’Albanie pendant la période communiste. La Royaume-Uni et les États-Unis tenteront en 1949–1951, en pleine guerre froide, de renverser le régime communiste en infiltrant des commandos de réfugiés politiques albanais. Ce projet Valuable échouera du fait de la trahison de l’agent double Kim Philby. La transition du communisme au capitalisme s’est avérée extrêmement difficile pour la population. Des migrations importantes de la population, principalement vers l’Italie, la Grèce et les États-Unis, ont eu un effet déstabilisant pour l’économie albanaise. L’Albanie a également reçu d’importants mouvements d’immigration à la suite du conflit au Kosovo voisin, en 1998-1999. Ce mouvement d’émigration économique se poursuit dans les années 2000. Ainsi, rien que pour la première moitié de 2015, 30 000 citoyens albanais, venant principalement de la province, ont quitté leur pays afin de rechercher de meilleures conditions de vie dans les pays de l’Europe de l’Ouest.

 

 

 

 

 

Aller sur le Forum Albanie :

Oh quelle misère ! Aucun sujet n'a été trouvé ici !

Créer un nouveau sujet dans “Albanie”

Vos informations: