En Bref

Superficie:
357 340 km2

Population:
81 770 900 d’habitants.

Capitale:
Berlin

 

Politique:

Les alliés occidentaux ont réintroduit une structure fédéraliste en Allemagne en 1949. Le but était de préserver l’unité de la partie occupée par les Occidentaux en empêchant le retour d’une Allemagne trop puissante sur le plan politique. Le fonctionnement du système politique allemand est donc régi depuis 1949 par une Constitution appelée Loi fondamentale (Grundgesetz). La Cour constitutionnelle qui siège à Karlsruhe veille à son respect. Depuis cette date, l’Allemagne est donc une République fédérale, composée d’abord de 16 Länder. Depuis la réunification des deux Allemagnes, la capitale fédérale est Berlin. Le Parlement allemand est composé de deux chambres, le Bundestag, élu au scrutin mixte pour quatre ans, et le Bundesrat(Conseil fédéral) qui comprend 68 représentants des gouvernements des Länder. Chaque Land donne toutes ses voix pour ou contre une loi.

Le président de la République fédérale d’Allemagne, Joachim Gauck et la chancelière fédérale, Angela Merkel.

Le président de la République fédérale (Bundespräsident) est élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois, au suffrage indirect, c’est-à-dire par les députés du Bundestag et des personnes élues par les parlements des Länder. Il représente l’unité allemande et défend les intérêts de l’Allemagne, mais ses prérogatives restent serrées, son rôle étant essentiellement symbolique. Cependant, il s’agit d’une autorité morale respectée et écoutée. L’actuel président fédéral est Joachim Gauck ; cet ancien pasteur et militant des Droits de l’Homme en RDA qui exerça les fonctions de commissaire fédéral des archives de la Stasi a été élu à la fonction présidentielle le 18 mars 2012.

Le chancelier fédéral (Bundeskanzler) est le chef du gouvernement allemand. Il est élu par les membres du Bundestag, sur proposition du président fédéral pour un mandat de quatre ans, renouvelable à plusieurs reprises. Angela Merkel(CDU) est l’actuelle chancelière fédérale (Bundeskanzlerin) depuis le 22 novembre 2005 ; elle a été réélue le22 septembre 2013.

 

Langues:

L’allemand est une langue indo-européenne appartenant à la branche occidentale des langues germaniques, de même que le néerlandais ou l’anglais. 92 % de la population a l’allemand comme langue maternelle, ce qui indique une très grande homogénéité linguistique. 8 % de locuteurs parlent une autre langue, ce sont les minorités linguistiques historiques: le danois, le frison, le sorabe, le polonais, les parlers de deux groupes tsiganes (les Sintis et les Roms allemands) ainsi que le turc, le kurde, ou le serbe.

 

Économie:

L’Allemagne est la première puissance économique de l’Union européenne. Elle figure au quatrième rang mondial depuis 2008 derrière les États-Unis, le Japon, et la Chine, mais devant la France et le Royaume-Uni. Elle possède pour cela de nombreux atouts : un marché intérieur important, une population active qualifiée grâce à l’apprentissage professionnel, et un niveau de vie élevé. Les entreprises et les syndicats allemands fonctionnent en cogestion. Le PIB allemand s’élève à 3 876 milliards de dollars. Le commerce extérieur représente un tiers du PNB : avec un volume d’exportations de 1 134 milliards d’euros (2014). L’excédent commercial était le plus élevé du monde en 2014 avec 217 milliards d’euros. Le principal moteur de ce commerce extérieur est l’industrie, dont le pourcentage dans le total des exportations se situe à quelque 84 %(2004).

L’Allemagne est la quatrième puissance maritime économique du monde. Au 1er janvier 2013, sa flotte s’élevait à 3 833 navires, totalisant 125,778 millions de tonnes de ports en lourd, dont 109,136 millions battant pavillon étranger et répartis sur 3 437 unités. Certaines entreprises allemandes occupent la première place du marché mondial dans leur domaine (par exemple BASF dans l’industrie chimique, Munich Re (aussi Münchener Rück) dans la réassurance, Aldi et Lidl pour les supermarchés hard-discount). Autres entreprises occupent la première place européenne dans leur domaine (par exemple Volkswagen dans la construction automobile, Bosch pour les équipementiers automobiles, Deutsche Bahn pour les entreprises ferroviaires, Lufthansa pour les compagnies aériennes, DHL pour la logistique, SAP pour les entreprises de logiciels ou Adidas dans la fabrication d’articles de sport). En outre, il y a beaucoup de petites et moyennes entreprises, le fameux « Mittelstand », qui occupe la première place du marché mondial ou européen dans une niche qui s’appelle « champions cachés »54 ou « hidden champions ».

 

Géographie:

L’Allemagne est un pays à la charnière de l’Europe occidentale et de l’Europe centrale situé entre le Benelux et la France à l’ouest, la mer du Nord, le Danemark et la mer Baltique au nord, la Pologne et la République tchèque à l’est et la Suisse et l’Autriche au sud. On distingue en Allemagne plusieurs grands espaces : la grande plaine du Nord, les montagnes moyennes du centre (Mittelgebirge), le plateau bavarois et la vallée du Danube au Sud. Le pays est traversé par plusieurs grands fleuves, dont le Rhin, le Danube et l’Elbe.

État-nation unifié tardivement, l’Allemagne a connu des frontières instables, bouleversées plusieurs fois à la suite de guerres avec les pays voisins. Divisée entre 1949 et 1990, l’Allemagne réunifiée est le pays le plus peuplé de l’Union européenne. À l’inverse de la Grande-Bretagne ou de la France, aucun centre ne domine le réseau urbain. La population se répartit dans plusieurs pôles dont la Ruhr, la région Rhin-Main avec la ville principale de Francfort, les villes de Berlin, Hambourg et Munich et plusieurs métropoles secondaires.

L’Allemagne dispose d’une situation privilégiée sur le continent européen : elle apparaît comme un passage entre la mer du Nord et la mer Méditerranée. Avec la disparition du rideau de fer et l’intégration des pays orientaux dans l’Union européenne, elle se retrouve au centre du continent. L’ouest du pays est traversé par la dorsale européenne, une région très peuplée et dynamique sur le plan économique. Les axes est-ouest devraient retrouver une certaine dynamique.

 

Histoire:

L’histoire du pays se joue sur 5 temps : du Saint-Empire aux principautés, de la Confédération germanique à l’Empire allemand, première et seconde guerre mondiale  (1914–1945), division du pays et réunification, depuis la chute du mur.

 

Du Saint-Empire aux principautés (~843–1806 )

La linguistique et les textes latins nous montrent que la mention du peuple germain remonte à l’époque romaine. Louis le Germanique a obtenu l’est de l’empire carolingien, nommé Francie orientale. C’est de la Francie orientale qu’est issu le Saint-Empire romain germanique fondé par Otton Ier, dit le Grand (936–973). Cet empire comprend, outre le territoire de l’actuelle Allemagne, l’Italie du Nord et la Bourgogne. Dès sa fondation, ce nouvel empire est entravé par le peu d’institutions sur lesquelles l’empereur peut assoir son autorité et la faiblesse des revenus. Traditionnellement, l’empereur élu entreprenait un voyage à Rome pour être couronné par le pape.

Le délitement du pouvoir impérial est accentué par l’obsession de certains empereurs à vouloir établir une autorité forte dans leurs possessions italiennes. De ce fait, les terres allemandes sont pratiquement indépendantes du pouvoir impérial dès cette époque.

À partir du xie siècle, la Germanie déborde de ses limites traditionnelles entre le Rhin et l’Oder. Commence alors la colonisation de l’Europe centrale sous l’action de grands seigneurs, des rives de la mer Baltique par une croisade menée par les chevaliers Teutoniques et du sud du pays à partir du règne de Otton Ier.

Les progrès du calvinisme en Allemagne à la fin du xvie siècle et la volonté de l’empereur Ferdinand II d’imposer son autorité et celle de la religion catholique aux États du Saint-Empire entrainent la guerre de Trente Ans qui ravage le pays de 1618 à 1648. Les traités de Westphalie entérinent l’affaiblissement du pouvoir impérial en favorisant les droits des 350 États allemands. La liberté religieuse des princes est réaffirmée.

 

De la Confédération germanique à l’Empire allemand

Sous la pression de la France, le Saint-Empire est dissout en 1806 et remplacé par la Confédération du Rhin sous protectorat français. Après le congrès de Vienne (juin 1815), celle-ci est remplacée par la Confédération germanique qui ne regroupe plus que 39 États sous la direction honorifique des Habsbourg, lesquels ne portent plus que le titre d’Empereur d’Autriche. En fait, cette confédération ne peut exister que si l’Autriche et la Prusse s’entendent. Une assemblée élue au suffrage universel se réunit à Francfort et propose la couronne d’une Allemagne unifiée au roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV, qui la refuse, soucieux de ne pas tenir son pouvoir de la souveraineté du peuple. Il est prêt à accepter la couronne que lui proposent les princes allemands, mais l’Autriche force la Prusse à renoncer en 1850.

En 1862, Otto von Bismarck devient le ministre-président du roi de Prusse Guillaume Ier. Il a compris que l’unité allemande ne se fera pas sans l’éviction de l’Autriche par la guerre. Il fait passer par la force les réformes modernisant l’armée. En 1866, l’armée prussienne écrase l’armée autrichienne à Sadowa.

La Prusse annexe les territoires situés entre sa partie orientale et sa partie occidentale, et dirige la Confédération de l’Allemagne du Nord. Seuls les quatre États du Sud n’y adhèrent pas.

La France, en déclarant la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870, permet de fédérer tous les États allemands autour d’un ennemi commun. La défaite française débouche sur la proclamation de l’Empire allemand le 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces du château de Versailles, avec Guillaume Ier de Prusse à sa tête, entraînant également l’annexion de l’Alsace (sauf Belfort) et du nord de la Lorraine, dont la région de Metz, place forte de première importance.

L’indemnité de guerre de 1871, forçant la France à emprunter 25 % de son PIB pour verser de l’or à l’Allemagne, dope la spéculation immobilière à Berlin, précipitant le krach de mai 1873, le plus profond de l’histoire boursière allemande puis la Grande Dépression (1873-1896). Les banques se méfient les unes des autres. Les prêts interbancaires s’assèchent, mais la Deutsche Bank nouvellement créée résiste à la tempête et d’autres banques la suivent.

Dans les années 1890, des dizaines de milliers de travailleurs polonais émigrent de Pologne vers la Ruhr pour s’embaucher dans les mines de charbon, dont une partie qui se feront embaucher après la Première Guerre mondiale par les industriels français souhaitant relancer leur économie, grâce à leur savoir-faire.

 

Première et seconde guerre mondiale  (1914–1945)

L’Allemagne, devenue une des puissances politiques majeures en Europe s’engage dans la Première Guerre mondiale aux côtés de l’Autriche-Hongrie(1914) et tente d’envahir la France. Après les premiers assauts, la guerre s’oriente vers une longue et lente guerre de position dans les tranchées, meurtrière d’un côté comme de l’autre. Elle prend fin en 1918 avec la défaite allemande, et l’empereur allemand, le Kaiser Guillaume II, doit abdiquer en raison de la Révolution allemande de novembre 1918. Lors du traité de Versailles, l’Allemagne est considérée comme responsable de la guerre et condamnée à payer de très lourdes réparations, d’autant que les Allemands ont fait sauter les cuvelages de 18 des 19 sociétés minières françaises du nord pendant la guerre et noyé les galeries.

L’Allemagne, chose unique dans l’histoire diplomatique, n’est pas invitée aux discussions versaillaises. Elle est jugée comme principalement responsable (avec l’Autriche-Hongrie) de la guerre, mais conserve néanmoins la Rhénanie, au regret de la France qui voulait fixer la frontière sur le Rhin. L’Alsace et la Lorraine perdues en 1871 reviennent à la France qui n’obtient cependant pas la Sarre (51 millions de tonnes de charbon, soit deux tiers des besoins français), en raison des pressions exercées par l’Angleterre. La Sarre est placée sous la tutelle de la Société des Nations et un référendum sera organisé quinze ans plus tard pour décider son rattachement à la France ou à l’Allemagne.

L’Allemagne perd 88 000 km2 et huit millions d’habitants. Le service militaire est aboli et l’armée est réduite à 100 000 hommes, dont 5 000 officiers. Elle ne peut posséder ni blindés, ni artillerie lourde, ni aviation. Sa flotte de guerre se saborde à Scapa Flow le 26 juin 1919. Elle perd ses colonies, qui sont placées par la SDN sous mandats confiés aux vainqueurs. Comme responsable de la guerre, elle doit céder du matériel et des produits agricoles. Les réparations de guerre sont évaluées en 1921 à 132 milliards de marks-or à payer en 30 ans. Tous les brevets allemands sont perdus, les vainqueurs obtiennent la clause de « nation la plus favorisée » et le Rhin, l’Oder et l’Elbe sont internationalisés, l’Allemagne perdant tout pouvoir sur leur contrôle. La rive gauche du Rhin, avec des têtes de pont rive droite, est occupée, puis considérée comme démilitarisée perpétuellement.

Malgré ces mesures intransigeantes, l’industrie allemande résiste et affiche une croissance plus forte que celle des anglais, qui sont les perdants de la forte expansion européenne des années 1920. En 1939, le charbon français coûte 25 % plus cher qu’en Allemagne.

Le pangermanisme dévoyé en un nationalisme raciste, le ressentiment contre les conditions du traité de Versailles et les conséquences particulièrement dures de la crise économique mondiale de 1929 permettent au NSDAP (parti nazi) d’Adolf Hitler d’accéder démocratiquement au pouvoir en 1933. Hitler élimine rapidement toute opposition puis prend le contrôle absolu de l’État allemand en instaurant un régime totalitaire. En 1935, l’Allemagne devient officiellement antisémite en promulguant les lois de Nuremberg. La politique d’Hitler consistant à annexer ou envahir ses voisins finit par provoquer la Seconde Guerre mondiale le 1er septembre 1939.

L’Allemagne domine le début du conflit. Elle conquiert une grande partie de l’Europe, de l’Afrique du Nord, de l’URSS. Mais pendant l’hiver 1941-1942, l’armée allemande subit de lourdes pertes sur le front russe. En 1942-1943, la guerre tourne en faveur des pays alliés : le Royaume-Uni, le Canada, les États-Unis, l’URSS écrasent finalement les armées de l’Axe, envahissant finalement Berlin. Le 30 avril 1945, Hitler se suicide.

 

Division du pays et réunification (1945–1990)

Dévastée par la guerre, l’Allemagne est occupée par les Alliés. Le pays et Berlin sont divisés en quatre secteurs, chacun contrôlé par l’une des nations victorieuses (États-Unis, Royaume-Uni et Union soviétique et France). Après plusieurs propositions pour une nouvelle Allemagne, elle est finalement divisée en deux parties durant toute la Guerre froide : la RFA (République fédérale d’Allemagne) créée le23 mai 1949 à l’Ouest avec Bonn pour capitale et siège administratif, et la RDA(République démocratique allemande) créé le 7 octobre 1949 à l’Est avec Berlin-Est pour capitale. Les territoires à l’est du fleuve Oder et son affluent Neisse de Lusace ont été intégrés à la Pologne et à l’URSS.

Le creux démographique provoqué par la guerre est rapidement compensé par l’arrivée d’environ13 millions d’Allemands expulsés des anciens territoires d’Allemagne-Orientale et des pays d’Europe de l’Est.

Sous l’impulsion du plan Marshall (1948-1952), l’Allemagne de l’Ouest renoue rapidement avec la croissance économique, au contraire de l’Allemagne de l’Est. L’amitié franco-allemande naît avec Konrad Adenauer et Charles de Gaulle, et est considérée encore aujourd’hui comme le moteur de l’Europe. À la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, prélude à la réunification de l’Allemagne du 3 octobre 1990, les deux pays de RFA et de RDA ne possèdent pas le même niveau économique. Cette différence persiste aujourd’hui, les Länder de l’Est (ancienne RDA) demeurant plus pauvres que ceux de l’Ouest. Le coût de la réunification a entraîné d’importantes difficultés économiques pour le pays depuis les années 1990. Son unification a cependant permis d’en faire une nation politiquement incontournable au sein de l’Union européenne et la première puissance économique du continent.

 

Depuis la chute du mur

De 1991 à 2000, 150 milliards de DM ont été investis chaque année à l’Est de l’Allemagne sans parvenir à sortir cette région de la crise, mais des réformes en profondeur sont entreprises dans les deux parties de l’Allemagne dans les années 1990, afin d’inciter le pays à être plus compétitif, en particulier celle du Système de retraite en Allemagne. De 1998 à l’automne 2005, le gouvernement allemand est dirigé par Gerhard Schröder, du SPD (Parti social-démocrate). Les écologistes du parti Die Grünen participent à un gouvernement de coalition. Après les élections législatives anticipées de 2005, la chancelière chrétienne démocrate Angela Merkeldirige un gouvernement basé sur une « grande coalition » qui regroupe cette fois la CDU (et sa branche bavaroise la CSU) et le SPD. Depuis 2009, la même Angela Merkel est à la tête d’une coalition « noire-jaune » entre la CDU et les libéraux du FDP avant de former une nouvelle « grande coalition » après les élections fédérales en 2013.

 

 

 

 

 

 

(Source wiki)