En bref

 

 

 

 

Superficie: 672 369 km2 (classé 41e)

Population: 67 595 000 hab. (classé 20e)

Capitale: Paris

 

 

Langues

Le français est la langue très majoritairement parlée en France, et est officiellement « la langue de la République » depuis la loi constitutionnelle de 1992. La France est le deuxième pays francophone le plus peuplé du monde, après la République démocratique du Congo, mais le premier en termes de locuteurs. La France mène une politique linguistique active en faveur du français. Celle-ci peut être visible entre autres au sein de l’Organisation internationale de la francophonie dont la France fait partie de même qu’au sein de l’Assemblée parlementaire de la francophonie dont la France fait aussi partie.

Selon un rapport du linguiste Bernard Cerquiglini 1999, soixante-quinze langues autres que le français sont parlées en France, en comptant les langues régionales, les langues issues de l’immigration et les dialectes parlés dans l’outre-mer.

 

Politique

La France est une démocratie libérale, dont le gouvernement a la forme d’une République. Les fondements de l’organisation politique et administrative actuelle de la France ont été fixés en 1958 par la Constitution de la Cinquième République. Selon l’article premier de la Constitution, « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Depuis 2003, ce même article affirme en outre que « son organisation est décentralisée ».

 

Organisation des pouvoirs

L’organisation des pouvoirs en France est définie par la Constitution de 1958, amendée à plusieurs reprises; le rôle de chaque institution est cependant défini tant par la pratique observée depuis 1958 que par le texte de la Constitution. La France possède un régime politique original par le large pouvoir dont disposent à la fois le Parlement et le président de la République, ce qui a amené les constitutionnalistes à parler de « régime parlementaire présidentialisé », de « régime semi-présidentiel » ou encore de « régime parlementaire bireprésentatif ».

Le pouvoir législatif appartient au Parlement, formé de deux chambres, l’Assemblée nationale et le Sénat. L’Assemblée nationale, chambre basse du Parlement, est formée de 577 députés, élus pour cinq ans au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans des circonscriptions découpées au sein des départements. Le Sénat, la chambre haute, est formé de 348 sénateurs élus pour six ans par 150 000 grands électeurs (principalement des élus locaux) et est de ce fait considérée comme moins représentative que l’Assemblée nationale. L’Assemblée nationale est plus puissante que le Sénat en cas de désaccord prolongé sur l’adoption d’une loi avec ce dernier. Le pouvoir exécutif appartient en premier lieu au président de la République, élu pour cinq ans au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Le président de la République est le chef de l’État et le chef des armées, il promulgue les lois et peut dissoudre l’Assemblée nationale. Il nomme le Premier ministre, et, sur proposition de celui-ci, les membres du gouvernement. Le gouvernement peut être renversé par une motion de censure adoptée par l’Assemblée nationale. Lorsque la majorité parlementaire et le président n’appartiennent pas au même parti politique, on parle alors de cohabitation.

Le pouvoir judiciaire, quant à lui, est séparé des deux autres, bien que le président de la République dispose d’un droit de grâce. Il est lui-même subdivisé entre un ordre administratif, dont la plus haute juridiction est le Conseil d’État, et un ordre judiciaire, dont la plus haute juridiction est la cour de cassation. Le droit français, de tradition romano-civiliste, stipule que tout accusé, avant d’être condamné, est présumé innocent, et qu’une affaire peut être rejugée en appel sur demande d’une des parties. La conformité des lois à la Constitution, la régularité des scrutins et, plus largement, le respect des institutions sont contrôlés par le Conseil constitutionnel.

 

Tendances politiques, partis et élections

Le système politique français, et notamment le suffrage uninominal majoritaire qui prévaut lors des élections présidentielles et législatives, tend à une bipolarisation ou à une tripolarisation de la vie politique. Par conséquent, on observe depuis les débuts de la Cinquième République une tendance au regroupement des partis avec de fréquents retours en arrière. Cependant, l’audience des principaux partis tend à diminuer au profit des petites formations.

Le paysage politique français connaît trois évolutions majeures depuis les années 1980 : la chute de l’audience du Parti communiste français, la baisse progressive de l’électorat centriste et la hausse du vote pour des partis d’extrême droite. Par ailleurs, l’abstention concerne un nombre de plus en plus élevé d’électeurs.

Depuis les années 1990, les deux principaux partis français sont 

  • Les Républicains(LR) ( Rassemblement pour la République (RPR) avant 2002, puis Union pour un mouvement populaire (UMP) de 2002 à 2015) parti de droite et de centre-droit.
  • et le Parti socialiste(PS), parti de gauche et de centre-gauche, membre du Parti socialiste européen.

De nombreux autres partis participent à la vie politique de la France : les plus importants sont le Front national (FN, droite souverainiste), l’Union des démocrates et indépendants (UDI, centre et centre-droit), le Mouvement démocrate (MoDem, centre), le Parti radical de gauche (centre-gauche), Europe Écologie Les Verts(écologistes) et le Front de gauche (gauche antilibérale).

 

La séparation des pouvoirs

Les régimes démocratiques sont organisés selon le principe de la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire afin d’éviter leur concentration entre les mains d’une seule personne. Certaines Constitutions privilégient la stricte séparation des pouvoirs, d’autres leur permettent, tout en étant distincts, de disposer de moyens de contrôle les uns à l’égard des autres. La République française est dirigée par quatre pouvoirs distinctifs.

  • Pouvoir exécutif

La Constitution de 1958 distingue deux catégories de gouvernants : le président de la République et le gouvernement. Ils exécutent les lois et le budget de l’État après consultation et approbation des députés et des sénateurs, le cas échéant des Français par référendum. Le président veille au respect de la Constitution. Il assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ; il a le devoir de garantir l’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et le respect des traités. Il est le chef des armées. Élu au suffrage universel direct, il exerce un mandat à durée limitée de cinq ans (renouvelable indéfiniment). Il nomme le Premier ministre et, sur proposition de celui-ci, les ministres du gouvernement, lequel peut être renversé par l’Assemblée nationale après le vote d’une motion de censure ou la réponse négative à une question de confiance. Quant au Premier ministre, il dirige l’action du gouvernement, qui détermine et conduit la politique de la Nation et assure l’exécution des lois, et il est responsable de la défense nationale ; il dispose de l’administration et de la force armée. Le Conseil des ministres, qui se réunit en principe une fois par semaine sous la présidence du président de la République, est le seul organe collectif où sont prises les décisions du gouvernement.

  • Pouvoir législatif

Pouvoir judiciaireLes Français inscrits sur les listes électorales sont consultés pour voter en cas de référendum ou d’élections européennes, présidentielle, législatives, sénatoriales, régionales, départementales, et municipales. Le pouvoir législatif est chargé de la rédaction et de l’adoption des lois mais également du contrôle de l’exécutif. En France, le pouvoir législatif est exercé par le Parlement, composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat. L’Assemblée nationale se situe au cœur de la démocratie française comme le montrent les textes qui régissent le fonctionnement de la Ve République. Représenter le peuple français, légiférer et contrôler l’action du gouvernement : tel est le triptyque qui guide l’action des 577 députés représentant les Français de métropole, d’outre-mer ou de l’étranger. Chaque année, ce sont ainsi en moyenne une centaine de lois qui sont adoptées, plus de 1 400 heures de débats qui ont lieu dans l’hémicycle, plus de 33 000 questions qui sont posées au gouvernement par écrit ou par oral, plus de 450 rapports qui sont adoptés par les commissions sur les sujets les plus divers. Avec la dernière révision de la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, qui s’est traduite par une réforme profonde du Règlement de l’Assemblée, les pouvoirs de l’Assemblée sont sensiblement renforcés. Le Sénat constitue, avec l’Assemblée nationale, le Parlement, qui vote la loi. Le contrôle du gouvernement est la deuxième grande mission du Sénat. Ce contrôle s’exerce par des questions, des débats ou des investigations menées par les sénateurs.

Les tribunaux administratifs regroupent ce qui est rendu comme jugement au vu du droit administratif. Les personnes en conflit peuvent ainsi saisir les tribunaux administratifs par requête écrite. Tout citoyen contre l’État français, personne morale ou physique a le droit et la possibilité de contester une décision prise pour excès de pouvoir ou pour obtenir des dédommagements à la suite d’une faute de l’État ou de ses services ou établissements publics. Les tribunaux administratifs sont régis par le code de justice administrative. Ce code regroupe les dispositions du droit français relatives aux juridictions administratives telles que le Conseil d’État, les Cours administratives et le tribunal des conflits notamment. D’autres codes en relation sont aussi consultés, le code de l’organisation judiciaire, le code de procédure civile, le code des juridictions financières et le code général des collectivités territoriales. Le code de justice administrative est consultable sur le site officiel des textes du gouvernement français : légifrance.

  • Constitution

La Constitution de la Ve République française.

La Constitution définit également l’organisation des pouvoirs publics locaux. Elle distingue les compétences respectives de l’État central et des institutions locales. Selon l’article premier de la Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales. ».

 

Protection sociale

Depuis sa création en 1945, la Sécurité sociale est au cœur du système de protection sociale français, bien que l’État, les collectivités territoriales et les mutuelles aient également un rôle important. Le maintien des régimes de protection sociale dont disposaient certaines professions avant 1945 explique la grande complexité du système, qui ne compte pas moins de 120 régimes de base et 1 200 régimes complémentaires. Le régime général de la Sécurité sociale, qui compte de loin le plus grand nombre d’affiliés, est divisé en quatre branches correspondant aux quatre risques majeurs, la maladie, les accidents du travail et maladies professionnelles, les risques liés à la vieillesse et la famille. Si cette protection sociale ne concernait dans un premier temps que les personnes actives, elle s’est peu à peu étendue à toute la population active comme inactive dans beaucoup de domaines, par exemple lors de la création de la couverture maladie universelle (CMU) en 1999. En outre, à la fin des années 1990, six millions de personnes dépendaient des minima sociaux.

Les prestations sociales sont principalement financées par les cotisations sociales versées par les actifs (65,5 % du total en 2005), mais aussi — et de plus en plus — par l’État et les collectivités territoriales. En 2005, les dépenses de protection sociale — au sens le plus large du terme — représentaient près de 30 % du PIB et plus de 45 % du revenu disponible ajusté des ménages. Malgré les efforts menés par les gouvernements successifs pour maîtriser les dépenses sociales, celles-ci augmentent rapidement, du fait notamment de l’augmentation des dépenses de santé des ménagesa et du vieillissement de la population — le rapport actifs sur inactifs de plus de 60 ans, qui était de 3 en 1970, devrait atteindre 2,07 en 2010 et 1,36 en 2050 en métropole, selon l’Insee. Enfin le fort taux de chômage, persistant, contribue à l’augmentation du déséquilibre car les chômeurs ne cotisent pas. Les dépenses sociales expliquent à elles seules la quasi-totalité de la progression des dépenses publiques (en pourcentage du PIB) depuis 1960, et la Sécurité sociale affiche en 2015 un déficit de 14,7 milliards d’euros.

 

Défense

La France a le cinquième budget de la Défense au monde, selon les données du SIPRI. Elle est la troisième puissance nucléaire militaire mondiale, l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et, à ce titre, juridiquement reconnue comme un des cinq « États dotés d’armes nucléaires » (EDAN) par le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Elle est l’un des membres de l’OTAN où elle dispose du Commandement allié Transformation (ACT), qui est un des deux postes de commandement militaires. L’Armée française est l’une des cinq plus dotées financièrement dans le monde et assure avec l’Armée britannique l’essentiel des opérations militaires européennes. La France lui consacre 2,2 % de son PIB en 2013 (soit un budget de 45,32 milliards d’euros). Les forces militaires sont divisées en quatre armées principales : l’Armée de terre, la Marine nationale, l’Armée de l’air et la Gendarmerie nationale. Depuis 1996, l’Armée est devenue professionnelle et le service militaire obligatoire a été remplacé par une Journée défense et citoyenneté mixte. D’une capacité d’environ 350 000 hommes, elle est déployée à travers le monde, dans le cadre d’opérations extérieures au Sahel (Mali et Tchad notamment), en République centrafricaine, au Liban et en Irak, mais aussi dans le cadre de forces pré-positionnées en vertu de traités internationaux à Djibouti, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon et aux Émirats arabes unis, sans oublier les troupes positionnées dans la France d’outre-mer. Elle mobilise en outre plus de 1 000 hommes dans le cadre du plan Vigipirate.

 

Politique étrangère et diplomatie

Depuis la présidence du général de Gaulle (1958-1969), la politique étrangère de la France est caractérisée par une volonté d’indépendance, notamment vis-à-vis des États-Unis, ce qui s’est traduit par la mise au point par la France d’armes nucléaires et par le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN de 1966 à 2009. La France est vue des années 1960 au début des années 2000 comme un allié du monde arabo-musulman, critique vis-à-vis de la politique de l’État d’Israël. Le réseau des représentations diplomatiques de la France est le troisième du monde, avec actuellement 156 ambassades et 97 postes consulaires répartis sur les cinq continents. La France aide les pays en voie de développement, notamment d’Afrique. L’aide publique au développement représente 0,36 % du revenu national brut français en 2014, un taux en baisse, et inférieur à ceux du Royaume-Uni ou de l’Allemagne.

 

 

 

Economie

L’économie de la France est une économie sociale de marché fondée sur la propriété privée. Il y a une intervention étatique relativement forte depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, bien que celle-ci soit remise en cause depuis les années 1980. L’économie française est principalement une économie de services. Sur l’étude publiée par l’Insee, la valeur du patrimoine national était évaluée à 12 513 milliards d’euros en 2007. En 2010, le seul patrimoine des Français atteignait à la fin de l’année dernière un chiffre proche de 11 000 milliards d’euros, soit plus de huit fois le montant de leurs revenus ; leur taux d’épargne atteint le niveau exceptionnel d’environ 16 % de leurs revenus.

 

Revenus de la population et développement humain

Les revenus des Français et leur pouvoir d’achat ont augmenté durant l’ensemble du XXe siècle et des années 2000, mais de façon inégale, ce qui accroît les inégalités économiques entre ménages. En moyenne, les salariés à temps plein du secteur privé ont touché, en 2007, 29 279 euros bruts, soit 1 997 euros nets par mois, contre 31 266 euros bruts, soit 2 182 euros nets par mois pour les agents de la fonction publique. Les revenus du patrimoine ne représentent que 9 % du revenu primaire brut des ménages, mais cette part est très variable selon les ménages. En 2007, 7,2 % des Français disposaient d’un revenu inférieur à 50 % du revenu médian (seuil de pauvreté défini par la France), bien que la moitié d’entre eux aient alors un emploi, souvent à temps partiel et sur la base du salaire minimum interprofessionnel de croissance(SMIC). Le SMIC concerne 3,4 millions de personnes en juillet 2008j 7 et équivaut à 9,40 euros bruts par heure en 2012). De 200 à 300 000 personnes sont sans domicile fixe en 2009, principalement à Paris et dans les grandes villes. En 2013, l’indice de développement humain (IDH) de la France était de 0,884, ce qui place la France au 20e rang au classement mondial de l’IDH. Néanmoins, la même année, la France n’était qu’au douzième rang des pays de l’Union européenne pour le PIB par habitant en dollars américains aux taux de change courants, alors qu’elle occupait le septième rang en 1987, un recul qui s’explique principalement par une croissance faible du PIB français.

 

Principaux secteurs d’activité

Malgré le maintien à un haut niveau de l’agriculture et de l’industrie, l’économie française est aujourd’hui principalement une économie de services. Le secteur tertiaire s’autonomise peu à peu et devient le principal moteur de la croissance économique du pays.

 

Agriculture et agroalimentaire

La France a connu, comme d’autres pays industrialisés, des phénomènes d’exode rural et de chute de l’emploi agricole ; ce dernier reste proportionnellement plus important que dans les autres pays d’Europe occidentale : l’agriculture employait 3 % des actifs en 2006, contre 2,5 % en Allemagne et 1,3 % au Royaume-Uni.

La France compte 520 000 exploitations agricoles de 51 hectares en moyenne en 2006, ce qui en fait la première puissance européenne de ce secteur. La spécialisation régionale de la France par type de production s’accentue, et les appellations d’origine de certains produits agricoles transformés ou pas sont préservées grâce au système AOC, prenant en considération un terroir, un savoir-faire populaire et historique. La France est le premier pays producteur de vin au monde, malgré la concurrence récente des vins des « nouveaux mondes » ; elle figure également parmi les premiers producteurs mondiaux de céréales, de sucre, de produits laitiers et de viande bovine. Plus de 80 % des produits exportés ont été transformés par une des premières filières agroalimentaires au monde. Néanmoins, dans les années 2000, l’agriculture française fait face à des difficultés liées à la surproduction, à la pollution qu’elle entraîne et à une forte inégalité des revenus entre les agriculteurs.

 

Tourisme

Grâce à la richesse de ses paysages naturels et de son patrimoine culturel, la France est le pays le plus visité au monde par les touristes étrangers avec près de 82 millions de visites en 2007, mais le troisième pays au monde pour les recettes liées au tourisme international.

Le secteur du tourisme représentait en 2005 près de 900 000 emplois directs, et au moins autant d’emplois indirects. Plus de 1,3 milliard de nuitées ont été effectuées par des touristes en France en 2007, dont une partie dans les 3,178 millions de résidences secondaires du pays. Les motifs de ce tourisme sont variés : il s’agit tout à la fois d’un tourisme culturel (notamment à Paris), balnéaire (notamment sur la Côte d’Azur), naturel, d’affaires (Paris est la première destination mondiale pour ce type de tourisme), de loisirs (Disneyland Paris est de loin le parc d’attractions le plus fréquenté d’Europe) et de sports d’hiver (dans les Alpes du Nord notamment). Les sites touristiques payants les plus fréquentés sont dans leur majorité situés en Île-de-France (Disneyland Paris, Musée du Louvre, Tour Eiffel, Château de Versailles …); quelques sites de région attirent tout autant de nombreux touristes, comme les châteaux de la Loire, le mont Saint-Michel, Rocamadour, le Château du Haut-Kœnigsbourg, le musée Unterlinden de Colmar, le Centre Pompidou-Metz ou le parc du Futuroscope.

 

Industrie

La France est la quatrième puissance industrielle mondiale. Malgré la tertiarisation de l’économie française, les entreprises industrielles représentaient 12,6 % du PIB et 96,5 % des exportations françaises en 2014. Son industrie est caractérisée par des évolutions contrastées : à côté d’industries modernes et dynamiques, qui font de la France un des leaders mondiaux dans de nombreux domaines (automobile, aéronautique, aérospatiale, agro-alimentaire, électronique, nucléaire civil, pharmacie, cosmétique, luxe…), de nombreuses industries traditionnelles (mines, textile, bois, chaussure, construction navale, sidérurgie…) voient leurs effectifs et leurs chiffres d’affaires chuter, obligeant des régions entières (Nord-Pas-de-Calais et Lorraine notamment) à une douloureuse reconversion. À la décentralisation industrielle des années 1960, qui a permis le développement de nombreuses villes de l’ouest et du sud du pays, a succédé une période de croissance faible de la production industrielle, qui s’explique parfois par des délocalisations vers des pays à la main d’œuvre peu onéreuse. Mais si la production se fait de plus en plus souvent à l’étranger, les entreprises françaises restent prédominantes dans de nombreux domaines. Certaines occupent la première place du marché mondial dans leur domaine (par exemple Areva dans la construction de centrales nucléaires, Danone dans les produits laitiers, L’Oréal dans les cosmétiques ou Michelin dans les pneumatiques).

  

Place de la France dans l’économie mondiale

En 2009, la France est la cinquième puissance économique mondiale par le PIB nominal ou la huitième à parité de pouvoir d’achat. La France est en 2010 le quatrième pays au monde par le nombre d’entreprises figurant parmi les 500 premières entreprises mondiales. L’économie française est fortement extravertie, notamment vis-à-vis de ses partenaires européens (65 % des exportations françaises). Cette situation est en partie liée à l’épuisement ou à l’insuffisance des ressources minières et énergétiques du pays, qui l’obligent à importer, et à la taille relativement réduite de ce pays. Mais elle s’explique également par l’importance des exportations.

Fin 2016, la France est classée cinquième puissance économique mondiale en termes de PIB nominal, quatrième puissance industrielle et neuvième en ce qui concerne de PIB par parité de pouvoir d’achat.

 

 

Géographie

La partie européenne de la France est appelée France métropolitaine et est située à l’extrémité occidentale de l’Europe. Elle est bordée par la mer du Nord au nord, la Manche au nord-ouest, l’océan Atlantique à l’ouest et la mer Méditerranée au sud-est. Elle est frontalière de la Belgique et du Luxembourg au nord-est, de l’Allemagne et de la Suisse à l’est, de l’Italie et de Monaco au sud-est et de l’Espagne et d’Andorre au sud-ouest. Les frontières au sud et à l’est du pays sont établies dans des massifs montagneux, les Pyrénées, les Alpes et le Jura, la frontière à l’est suit le RhinN 10, tandis que la frontière nord-est ne s’appuie sur aucun élément naturel. La France métropolitaine comprend plusieurs îles, notamment la Corse et des îles côtières.

Sa partie continentale s’étend sur environ 1 000 km du nord au sud et d’est en ouest. La France est également composée de nombreux territoires situés en-dehors du continent européen, couramment appelés France d’outre-mer, qui lui permettent d’être présente dans tous les océans du monde sauf l’océan Arctique. Ces territoires ont des statuts variés dans l’administration territoriale de la France et sont situés :

  • en Amérique du Nord: Saint-Pierre-et-Miquelon ;
  • en Amérique du Sud: la Guyane ;
  • dans les Antilles: la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy ;
  • dans l’océan Pacifique: la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et Clipperton ;
  • dans l’océan Indien: La Réunion, Mayotte, les Îles Éparses, l’Archipel des Kerguelen, l’Archipel des Crozet et les Îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam ;
  • en Antarctique: la Terre Adélie.

La France possède des frontières terrestres avec le Brésil et le Suriname en Guyane, ainsi qu’avec les Pays-Bas via la partie française de Saint-Martin. La superficie totale de la France est d’environ 675 000 km2, ce qui correspond à près d’un hectare par habitant. La France métropolitaine occupe 551 500 km, les départements d’outre-mer 92 220 kmet les autres territoires 30 904 km. Cette superficie ne comprend pas la Terre Adélie, sur laquelle la souveraineté française est contestée. La France est le 42e plus grand État du monde par sa surface terrestre. C’est aussi le troisième plus grand pays d’Europe, après la Russie et l’Ukraine, ou le deuxième si on inclut les départements ultra-marins, et le plus grand de l’Union européenne. La longueur de son littoral, outre-mer inclus, est de 8 245 km.

 

Climat

La majeure partie des plaines de France métropolitaine hors Corse sont situées dans le domaine océanique. Une part plus petite du territoire constituée par les plaines ou collines bordant le bassin méditerranéen a un climat méditerranéen. Cependant, le territoire de la France métropolitaine étant relativement étendu, le climat n’y est pas tout à fait uniforme et il est possible de le détailler à un niveau plus fin. On distingue les nuances climatiques suivantes :

  • le climat océanique
  • le climat continental
  • un climat méditerranéen
  • le climat montagnard

Le climat de la France métropolitaine est fortement influencé par l’anticyclone des Açores, mais également par le Gulf stream comme le reste de l’Europe de l’Ouest, avec des variantes régionales ou locales assez marquées. La France métropolitaine connaît des événements climatiques aux conséquences importantes : des tempêtes (celles de décembre 1999 ont abattu 7 % des arbres des forêts françaises), des canicules (la canicule européenne de 2003 fit 15 000 morts), des incendies et des inondations. Une grande partie de la France d’outre-mer est également soumise à des climats tropicaux (avec de fortes disparités), auxquels il faut ajouter le climat équatorial de la Guyane, le climat subarctique de Saint-Pierre-et-Miquelon et les climats océanique et polaire des Terres australes et antarctiques françaises. La température moyenne en France s’est élevée de 0,1 °C en moyenne par décennie au cours du 20e siècle.

 

Paysages et environnement

La France métropolitaine possède une grande variété de paysages, avec des plaines agricoles ou boisées, des chaînes de montagnes plus ou moins érodées, des littoraux diversifiés et des vallées mêlant ville et nature. La France d’outre-mer possède quant à elle une importante biodiversité, par exemple dans la forêt équatoriale guyanaise ou dans les lagons de Nouvelle-Calédonie. La France est un des pays les plus boisés d’Europe occidentale, les forêts occupant 28 % de la surface nationale. La superficie forestière en métropole est constituée de 65% de feuillus, 22% de conifères et 13 % de peuplement mixte. Les forêts publiques (domaniales, communales) et privées occupent respectivement 25 % et 75 % de la propriété forestière métropolitaine.

Cette diversité des paysages et des écosystèmes est menacée par la fragmentation écologique des milieux due à un dense réseau routier, par le développement horizontal de l’urbanisation qu’il favorise, par l’artificialisation des côtes et par la pollution de son eau et de ses sols.

Aux réserves naturelles et aux parcs nationaux se sont ajoutés depuis 1968 les parcs naturels régionaux, qui mêlent conservation et mise en valeur du patrimoine naturel et culturel et couvrent en 2007 13 % du territoire français. Six agences de l’eau ont été mises en place pour gérer et protéger les ressources en eau du pays. Grâce à une politique de limitation de l’usage des produits pétroliers et à l’importance de l’énergie nucléaire, les émissions françaises de CO2 par tête sont inférieures à celles de la plupart de ses voisins européens, et a fortiori de celles des États-Unis. Cependant, selon une étude du ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer publiée en 2010, « sur plusieurs points, le bilan environnemental demeure préoccupant, voire se détériore ».

Avec une empreinte écologique par habitant de 5,1 hectares globaux (Hag) et une biocapacité par habitant de trois Hag en 2012, la France est en déficit écologique.

 

 

Histoire

L’histoire de la France se résume en 5 temps :

De la Préhistoire au Moyen âge, la Renaissance, la Révolution, l’entre deux guerre, de la libération à aujourd’hui.

 

La France actuelle occupe la plus grande partie de l’ancienne Gaule celtique, conquise par Jules César au ier siècle av. J.-C., mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique qui s’y installa à partir du 5e siècle.

 

Préhistoire, Antiquité et moyen âge

Bien que la présence humaine sur le territoire de la France actuelle remonte au Paléolithique inférieur, des traces plus anciennes de vie humaine remontent jusqu’à il y a environ 1 800 000 ans. Mais c’est réellement en -600, que des Grecs originaires de la ville de Phocée fondent la ville de Marseille, au bord de la Méditerranée ; à la même époque, quelques peuples celtes pénètrent dans le territoire de la France actuelle, mais cette occupation ne se généralise à la totalité de ce territoire qu’entre les 5e et 3e siècles av. J.-C. La notion de Gaule, « Γαλατία » en grec, apparaît alors ; elle correspond aux territoires de peuplement celte compris entre le Rhin, les Pyrénées, l’Atlantique et la Méditerranée. Les Hébreux l’appellent « Tzarphat ». La Gaule est alors un pays prospère, dont la partie méridionale est de plus en plus soumise aux influences grecques et romaines.

À partir de -125, le sud de la Gaule est peu à peu conquis par la République romaine, qui y fonde les villes d’Aix-en-Provence, Toulouse et Narbonne. En -58, Jules César se lance à la conquête du reste de la Gaule, et vainc en -52 une révolte menée par le chef gaulois Vercingétorix.

De nombreuses villes sont fondées durant la période gallo-romaine, dont Lyon en -43, appelée à être la capitale de la Gaule romaine ; celles-ci sont conçues à l’image des villes romaines, avec un forum, un théâtre, un cirque, un amphithéâtre et des thermes. Le panthéon romain se superpose aux cultes gaulois sans les faire disparaître, les divinités se confondant peu à peu dans un même syncrétisme.

Au 3e siècle, la Gaule romaine connaît une crise grave, le limes, frontière fortifiée protégeant l’Empire des incursions germaniques, étant franchi à plusieurs reprises par les Barbares. Le pouvoir romain, pendant ce temps, semble chancelant : un Empire des Gaules est proclamé en 260 et échappe à la tutelle romaine jusqu’en 274. Néanmoins, la situation s’améliore dans la première moitié du 4e siècle, qui est une période de renouveau et de prospérité pour la Gaule. En 312, l’empereur Constantin Ier se convertit au christianisme ; les chrétiens, persécutés jusque-là, se multiplient. Toutefois les invasions barbares reprennent à partir de la seconde moitié du ive siècle ;

le 31 décembre 406, les Vandales, Suèves et Alains franchissent le Rhin et traversent la Gaule jusqu’en Espagne. Au milieu du 5e siècle, les Alamans et les Francs, deux peuples païens, s’installent au nord-est de la France actuelle et exercent une forte pression sur les généraux romains qui subsistent dans le nord-est de la Gaule.

 

Moyen âge : expansion des Francs de 481 à 843/870

La conversion au christianisme du chef franc Clovis, baptisé à Reims le 24 décembre 496 par l’évêque Saint Rémi, fait de lui l’allié de l’Église et lui permet de conquérir l’essentiel de la Gaule au tournant des ve et vie siècles. La fusion des héritages gallo-romains, des apports germaniques et du christianisme est longue et difficile, les Francs constituant originellement une société guerrière aux lois très éloignées du droit romain et des principes chrétiens. Tandis que la faiblesse démographique que connaît le Royaume des Francs entraîne un déclin des villes, le christianisme s’installe par la fondation d’églises rurales et surtout de très nombreux monastères. Si le pouvoir de Clovis semblait originellement solide, la dynastie mérovingienne doit bientôt faire face à de graves difficultés; elle disparaît en 751 lorsque Pépin le Bref est sacré roi des Francs, fondant ainsi la dynastie carolingienne.

Pépin le Bref et son fils Charlemagne agrandissent considérablement le royaume des Francs, qui s’étend à la fin du viiie siècle sur plus d’un million de kilomètres carrés. L’immense empire carolingien est contrôlé par une administration centralisée basée à Aix-la-Chapelle, des comtesreprésentant Charlemagne dans tout l’empire et surveillés par les missi dominici. Charlemagne, couronné en 800 empereur d’Occident, relance les arts libéraux dans l’éducation et le Palais d’Aix-la-Chapelle accueille une activité intellectuelle et artistique de haut niveau. Néanmoins, après la mort de l’empereur, les comtes et les vassaux de celui-ci parviennent peu à peu à rendre leur fonction héréditaire, et les petits-fils de Charlemagne se partagent l’Empire au traité de Verdun (843) ;

Jeanne d’Arc conduit l’armée française à plusieurs victoires importantes pendant la Guerre de Cent Ans et ouvre la voie vers la victoire finale.

Charles obtient la Francie occidentale, qui correspond approximativement aux deux tiers occidentaux de la France actuelle et dont les frontières varieront peu jusqu’à la fin du Moyen Âge. Le nouveau royaume doit toutefois affronter trois vagues d’invasions différentes aux ixe et xe siècles, menées par les musulmans, les Vikings et les Hongrois. À la même époque, les pouvoirs des anciens comtes continuent d’augmenter tandis que le pouvoir royal diminue ; une société féodale se met en place, caractérisée par sa division en trois ordres : le clergé, la noblesse et le Tiers état.

En 987, Hugues Capet est élu roi par ses pairs, c’est-à-dire les nobles du royaume ; la monarchie redevient héréditaire et les Capétiens règneront sur la France pendant plus de huit siècles. Néanmoins, les premiers rois capétiens ne contrôlent directement qu’une portion très faible du territoire français, appelée le domaine royal, et certains de leurs vassaux sont beaucoup plus puissants qu’eux. Au xiie siècle, le pouvoir royal commence à s’affirmer contre les princes du royaume, mais doit faire face à partir des années 1150 à la naissance d’un « empire Plantagenêt » regroupant dans un même ensemble l’Angleterre et le tiers ouest de la France. Le royaume capétien atteint sa première apogée au xiiie siècle, la monarchie reprenant le pouvoir qu’elle avait perdu tandis que l’art et la culture française s’affirment en Europe Philippe Auguste (1180-1223) parvient à conquérir l’essentiel des possessions françaises des Plantagenêt, mettant temporairement fin à la menace anglaise et agrandissant considérablement le domaine royal par la même occasion. 

Louis IX (1226-1270) se comporte en arbitre de la chrétienté et participe aux septième et huitième croisades, ce qui l’amènera à être très vite canonisé par l’Église catholique. Le xive et la première moitié du xve siècle voient la France plonger dans une crise grave, dont les expressions sont multiples. La guerre de Cent Ans, menée contre l’Angleterre et née d’un problème de succession à la tête du Royaume de France, ravage le pays. Toutefois la crise des xive et xve siècles n’est pas seulement politique ou militaire : elle est aussi démographique — la peste noire tue à partir de 1347 au moins un tiers de la population du royaume—, sociale — les insurrections paysannes et urbaines se multiplient —, économique et religieuse. Néanmoins, si la monarchie est également touchée par cette crise, elle en sort renforcée : le pouvoir central, qui s’est déplacé dans la vallée de la Loire, se dote de nouvelles institutions et met en place une armée et un impôt permanents.

 

 

Renaissance et monarchie (xvie au xviiie siècle)

Le massacre de la Saint-Barthélemy (1572) a été le point culminant des guerres de religion auxquelles l’édit de Nantes a mis un terme (1598).Territoire du Premier empire colonial français en Amerique appelé la Nouvelle-France. (1534-1763) Louis XIV, le « roi soleil » était le monarque absolu de la France et en a fait la première puissance européenne.

À partir de 1494, les souverains français mènent de multiples guerres en Italie puis contre l’empereur Charles Quint. Néanmoins, les règnes de François Ier (1515-1547) et de son fils Henri II (1547-1559) sont surtout marqués par un renforcement du pouvoir royal, qui tend à devenir absolu, et par une Renaissance littéraire et artistique fortement influencée par l’Italie. En 1539, l’ordonnance de Villers-Cotterêts fait du français la langue administrative et judiciaire du Royaume. Toutefois, l’unité de la France autour de la personne du roi est bousculée dans la deuxième moitié du xvie siècle par le problème religieux : entre 1562 et 1598, huit guerres de religion se succèdent entre catholiques et calvinistes. Cette crise religieuse se double d’une crise économique et surtout politique. En 1598, le roi Henri IV (1589-1610) met fin aux guerres de religion par l’édit de Nantes qui donne une liberté de culte partielle aux protestants.

Louis XIII (1610-1643) et ses ministres Richelieu et Mazarin doivent faire face à l’opposition de nobles soucieux de reprendre leurs anciens pouvoirs. À la même époque, la France mène plusieurs guerres victorieuses (dont la Guerre de Trente Ans) et commence à former un premier empire colonial, principalement en Nouvelle-France, aux Antilles et sur la route des Indes. Louis XIV affirme plus que jamais le caractère absolu de son pouvoir : le « Roi-soleil » se considère comme le « lieutenant de Dieu sur Terre » et fait construire le château de Versailles, symbole de son pouvoir. Il s’entoure d’artistes et de savants et travaille à l’unité religieuse de son royaume en reprenant la persécution des protestants et en révoquant l’édit de Nantes par l’édit de Fontainebleau (1685). Malgré la situation financière critique de la monarchie, Louis XIV mène plusieurs guerres face à une Europe coalisée contre lui tandis que le marquis de Vauban fait construire un réseau de villes fortifiées aux frontières du Royaume. Si ces guerres aboutissent dans un premier temps à des victoires françaises, plusieurs défaites militaires et des famines ternissent la fin de son règne.

Louis XV (1715-1774), arrière-petit-fils et successeur de Louis XIV mène lui aussi plusieurs guerres, aux résultats contrastés. En 1763, par le traité de Paris qui met fin à la guerre de Sept Ans, la France abandonne ses possessions en Amérique du Nord, mais acquiert dans la même décennie la Lorraine et la Corse. Pendant ce temps, la France connaît une forte vitalité démographique et économique. La croissance de la production agricole s’accompagne d’une proto-industrialisation, notamment dans le secteur textile, ainsi que d’un essor dans les domaines intellectuel et culturel. Toutefois, Louis XVI, qui accède au trône en 1774, se révèle incapable de trouver une solution au surendettement de la monarchie et doit convoquer les états généraux en 1789.

 

Révolutions, Républiques et Empires (1789-1914)

La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, est l’un des premiers faits marquants de la Révolution française. La partie européenne du territoire de la Première République Française découpé en départements.

Les délégués envoyés aux États généraux qui s’ouvrent le 5 mai 1789 outrepassent rapidement les pouvoirs qui leur sont attribués et s’érigent en une Assemblée nationale constituante. Le Roi ne peut alors empêcher l’assemblée constituante de décider l’abolition des privilèges dans la nuit du 4 août puis d’adopter le 26 août la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. La devise LibertéÉgalitéFraternité apparaît dans le débat public, en particulier en 1790 dans un discours de Maximilien Robespierre sur l’organisation de la garde nationale. Après un essai de monarchie constitutionnelle, la République naît le 22 septembre 1792, et Louis XVI, condamné pour trahison, est guillotiné par jugement de la Convention nationale le 21 janvier 1793. La France révolutionnaire connaît alors plusieurs années de guerres et d’exécutions jusqu’à l’instauration du Directoire en 1795. C’est le 27 pluviôse An II (15 février 1794), que le drapeau tricolore est instauré par la Convention Nationale, par décret indiquant que ’’le pavillon et le drapeau National seront formés des trois couleurs Nationales disposées en trois bandes égales de manière que le bleu soit attaché à la garde du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant’’.

 

Napoléon, empereur des Français, et sa Grande Armée a construit un vaste empire à travers l’Europe. Il a aidé à répandre les idéaux révolutionnaires français et ses réformes juridiques ont eu une influence majeure dans le monde entier.

Le 9 novembre 1799, le général Napoléon Bonaparte renverse le Directoire par un coup d’État et lui substitue le Consulat ; cinq ans plus tard, il est couronné Empereur des Français. Napoléon Ier crée ou réforme de nombreuses institutions, et ses multiples victoires militaires mettent la moitié de la population européenne sous son contrôle au début des années 1810. Le déclin sera néanmoins rapide : après une éphémère abdication puis un bref retour au pouvoir, l’Empereur est définitivement vaincu à Waterloo le 18 juin 1815. La France entame alors une seconde expérience de monarchie constitutionnelle, pendant laquelle les rois Louis XVIII (1814-1824) et surtout Charles X (1824-1830) remettent en question une partie des acquis de la Révolution. Quelques semaines après avoir conquis Alger, Charles X est renversé en 1830 par les Trois Glorieuses, un mouvement révolutionnaire qui amène sur le trône Louis-Philippe. Si ce dernier est alors considéré comme réformateur, la contestation monte bientôt, malgré l’essor économique que connaît la France à cette époque. En février 1848, une nouvelle révolution éclate, dont les objectifs ne sont plus seulement politiques mais aussi sociaux. L’éphémère Seconde République qui est alors mise en place instaure le suffrage universel masculin et abolit l’esclavage dans les colonies ainsi que la peine de mort pour raison politique . Toutefois, elle est renversée par son président Louis-Napoléon Bonaparte qui est couronné empereur en 1852.

 

Territoire du Second empire colonial français (1815 à 1958, début des indépendances).

Si les premières années du Second Empire sont celles d’un régime autoritaire, Napoléon III entame un tournant libéral en 1860, qui n’empêche pas une montée des oppositions politiques, tandis que le développement industriel et ferroviaire s’accélère. La défaite de la France face à une Allemagne en cours d’unification, en 1870 et 1871, est un double tournant dans l’histoire du pays : l’empereur capitule le 2 septembre 1870 et la République est proclamée le 4, tandis que la Prusse annexe l’Alsace-Lorraine. La défaite française suscite en outre l’épisode dramatique de la Commune de Paris, écrasée en mai 1871 par les troupes gouvernementales. Malgré sa naissance chaotique, la Troisième République est le plus long des régimes politiques qu’a connu la France depuis 1789. Les républicains mettent peu à peu en place leur projet politique : l’école est rendue gratuite, laïque et obligatoire en 1881-1882, les libertés de presse et de réunion sont accordées en 1881, le divorce et les syndicats sont autorisés en 1884, et les Églises sont séparées de l’Étaten 1905. À la même époque, la France se dote d’un vaste Empire colonial, qui sera le deuxième au monde après celui du Royaume-Uni en 1914 : aux possessions en Inde et à l’Algérie viennent s’ajouter au fil des années l’Indochine, les protectorats de Tunisie et du Maroc, l’Afrique équatoriale et occidentale et Madagascar. Si plusieurs crises politiques se succèdent — crise boulangiste, scandale des décorations, scandale de Panama, affaire Dreyfus —, la menace principale pour la République vient désormais de l’extérieur, où la guerre apparaît de plus en plus imminente.

 

La France dans les deux guerres mondiales (1914-1945)

Par le jeu des alliances, la France entre en guerre au début du mois d’août 1914contre l’Allemagne, aux côtés du Royaume-Uni et de l’Empire russe. La Première Guerre mondiale, qui fait 1,4 million de victimes françaises et entraîne de nombreuses destructions dans le nord-est du pays, se conclut le 11 novembre 1918 en faveur de la Triple-Entente. Outre le retour de l’Alsace-Lorraine, la France recevra une partie des réparations allemandes prévues par le traité de Versailles tout en obtenant des garanties de sécurité. Néanmoins, celles-ci ne suffisent pas à éviter en 1940 une nouvelle invasion par l’Allemagne à la suite de la reconstruction de l’armée allemande et de la remilitarisation de la rive gauche du Rhin.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le territoire continental ou la France métropolitaine était divisé entre une « zone occupée » au nord et une « zone libre » au sud, auxquelles s’ajoutaient d’autres zones de taille plus restreinte au statut spécial.

Après quelques années de reconstruction laborieuse, marquée par un effort d’immigration et de productivité pour pallier la pénurie de main-d’œuvre dans les mines, l’acier ou l’automobile, la France peine à retrouver sa vigueur économique d’avant-guerre avant de vivre une forte croissance à partir de 1924. Elle sera touchée bien après la plupart des autres puissances par la crise des années 1930. Toutefois, si cette crise est tardive, elle est durable et profonde. Aux difficultés économiques s’ajoute une crise politique, malgré l’espoir suscité par l’arrivée au pouvoir en 1936 du Front populaire. Finalement, lorsque la France déclare le 3 septembre 1939 la guerre à l’Allemagne nazie, elle sort tout juste de la plus grave crise qu’ait connue la Troisième République.

Après huit mois sans combats (la « Drôle de guerre »), la Wehrmacht envahit le 10 mai 1940 le nord-est de la France et le maréchal Philippe Pétain demande l’armistice le 22 juin. Ce dernier obtient les pleins pouvoirs le 10 juillet, signant ainsi la fin de la Troisième République et la naissance du Régime de Vichy. Celui-ci mène une politique conservatrice, traditionaliste et antisémite et collabore avec le Troisième Reich. Toutefois, la résistance s’organise à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Le débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie sonne la fin de l’occupation nazie et le début de la Libération de l’Europe. Au total, ce conflit aura tué moins de militaires que le précédent mais les victimes civiles sont nombreuses – au moins 330 000 victimes civiles dont 75 000 Juifs installés sur le territoire français qui ont été tués lors de la Shoah – et les blessures psychologiques et politiques dues à la débâcle de 1940, à la collaboration puis aux règlements de compte lors de l’épuration sont longues à cicatriser.

 

Depuis la Libération

Une période de renouveau commence alors pour la France. Si le général de Gaulle, chef de la France libre, ne peut empêcher l’adoption d’une constitution proche de celle de la Troisième République, l’après-guerre voit la création de la Sécurité sociale et le droit de vote accordé aux femmes. La France de la Quatrième République choisit le camp occidental dans la guerre froide qui s’ouvre à cette époque, entame avec difficultés (guerres d’Indochine puis d’Algérie) la décolonisation de l’Asie et de l’Afrique et participe aux débuts de la construction européenne. Le pays entame dans le même temps une période de modernisation et de forte croissance économique que l’économiste Jean Fourastié appellera « Trente Glorieuses ».

Charles de Gaulle a pris une part active à de nombreux événements majeurs du XXe siècle : héros de la Première Guerre mondiale, chef des Français libres pendant la Seconde Guerre mondiale, président de la République, il a facilité la décolonisation, a maintenu la France parmi les puissances majeures et a surmonté la révolte de mai 1968.

Le 1er juin 1958, lors d’une grave crise politique liée à la guerre d’Algérie, le général de Gaulle est investi président du Conseil par l’Assemblée nationale avec pour mission de donner à la République une nouvelle constitution : la Cinquième République donne au président des pouvoirs plus larges face au Parlement. Charles De Gaulle poursuit et achève la décolonisation de l’Afrique et affirme l’indépendance de la France face aux États-Unis. À cette fin, il dote la France du nucléaire civil et militaire. Mais la crise étudiante et sociale de mai 1968 met en avant l’archaïsme d’une société dont les dirigeants semblent déconnectés des aspirations de la jeunesse. Cependant, de Gaulle réussit à retourner la situation en provoquant la dissolution de l’Assemblée nationale le 30 mai 1968 après laquelle les Français lui donnent une large majorité présidentielle. Le général de Gaulle démissionne en 1969 à la suite de l’échec du référendum sur la réforme du Sénat et de la régionalisation. Toutefois le gaullisme se maintient au pouvoir cinq ans de plus, sous la figure du président de la République Georges Pompidou.

En 1974 s’ouvre l’ère post-gaulliste, avec l’arrivée d’une personnalité issue du centre-droit, Valéry Giscard d’Estaing, au poste de président. Alors que la France entre peu à peu dans la crise des années 1970, les premières années de son mandat sont marquées par plusieurs lois actant les mutations de la société française, comme la loi Veil, qui légalise l’interruption volontaire de grossesse (IVG), ou l’abaissement de 21 à 18 ans de l’âge de la majorité civile. Un autre tournant a lieu en 1981, lorsqu’un président socialiste, François Mitterrand, est élu. Face à la situation économique qui s’aggrave, celui-ci tente dans un premier temps une politique de relance, tout en adoptant des mesures symboliquement fortes comme l’abolition de la peine de mort. Si François Mitterrand est réélu en 1988, la France connaît entre 1986 et 1988 puis entre 1993 et 1995 deux périodes de « cohabitation », situation jusque-là inédite où le président n’appartient pas au même parti que son gouvernement et qui offre une lecture nouvelle des institutions. Cette situation se reproduit entre 1997 et 2002, mais de façon inversée, alors qu’un président de droite, Jacques Chirac, est élu en 1995, et que des élections législatives de 1997 amènent le socialiste Lionel Jospin à la tête du gouvernement.

La France met l’euro en circulation le 1er janvier 1999 et met fin à l’usage du franc français le 1er février 2002.

En 2002, la France abandonne sa monnaie nationale pour adopter la monnaie unique européenne. L’élection présidentielle de 2002 est marquée par l’élimination de Lionel Jospin dès le premier tour au profit de Jean-Marie Le Pen, candidat de l’extrême droite. Une grande partie des électeurs se reportent alors sur Jacques Chirac qui est réélu. Les gouvernements Raffarin puis Villepin se soulignent par l’opposition de la France à la guerre d’Irak. En 2005, une majorité de citoyens vote « non » lors du référendum sur la ratification du traité établissant une constitution pour l’Europe. Si Nicolas Sarkozy, président à partir de 2007, dirigeait le parti de son prédécesseur au moment de son élection et était membre de son gouvernement, la politique qu’il mène se veut de « rupture ». Le gouvernement « d’ouverture » que François Fillon forme avec des personnalités issues non seulement de la droite, mais aussi du centre et de la gauche, doit cependant faire face à la crise économique venue en 2008-2009 des États-Unis.

En 2012, le socialiste François Hollande est élu président, après être devenu candidat de son parti à l’issue des premières primaires ouvertes de l’histoire de la République. Avec une majorité socialiste dans les deux chambres du Parlement pour la première fois sous la Ve République, il conduit une politique marquée par une hausse de la fiscalité puis par un virage social-libéral et par l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. L’élection présidentielle de 2017 suit la tenue de primaires ouvertes dans les deux camps politiques pourvoyeurs jusque-là des présidents de la Ve République, mais voit l’élimination de leurs candidats dès le premier tour. Démissionnaire du Parti socialiste pour fonder son propre mouvement, Emmanuel Macron, ancien secrétaire général adjoint du cabinet du président Hollande puis ministre de l’Economie, remporte les deux tiers des suffrages du second tour face à l’extrême-droite. Elu à 39 ans, il est le plus jeune président français de l’histoire et le second plus jeune chef d’État français depuis la désignation en 1799 de Napoléon Bonaparte comme Premier Consul (à 30 ans).

Depuis 1945, la France a été touchée par plusieurs vagues d’attentats terroristes, en particulier par le terrorisme islamiste depuis 1995, qui mène la même année à la création du plan Vigipirate, actualisé en 2000, en 2002, en 2003 et en 2006, puis, après une vague d’attentats particulièrement meurtriers en 2015-2016, à l’institution d’un état d’urgence.

Source: Wiki

 

 

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