En bref

 

Superficie:
92 3583 km2 (1/6eme de la France)

Population:
10 374 822  d’habitants.

Capitale:
Lisbonne

 

Politique:

Le Portugal est un État unitaire à régime semi-présidentiel unicaméral fondé sur la Constitution portugaise du 2 avril 1976.

Les trois principales composantes du pouvoir sont le président de la République et le gouvernement, l’Assemblée de la République, et la justice. La Constitution accorde la division ou la séparation des pouvoirs entre les branches législative, exécutive, et judiciaire. La République du Portugal est un État laïque. Le président de la République, élu pour cinq ans, assume un rôle exécutif, qu’il partage avec le Premier ministre. L’actuel président est Marcelo Rebelo de Sousa , élu en février 2016. Le pouvoir législatif est détenu par l’Assemblée de la République parlement unicaméral composé de 230 députés élus pour quatre ans (dont quatre représentent les Portugais de l’étranger).

 

Langues:

La langue officielle de la République portugaise est le portugais, avec plus de 240 millions de personnes qui la parlent dans le monde entie. C’est alors la sixième langue la plus parlée au monde et la troisième langue européenne la plus parlée dans le monde. Elle est officielle au Portugal, au Brésil, en Angola, au Cap-Vert, en Guinée-Bissau, à Macao, au Mozambique, à Sao Tomé-et-Principe et au Timor oriental, mais elle est aussi parlée dans l’ancienne Inde portugaise (Goa, Daman et Diu et Dadra et Nagar Haveli).

 

Economie:

Depuis 1985, le pays est entré dans un processus de modernisation et a rejoint l’Union européenne en 1986. Les gouvernements successifs ont réalisé plusieurs réformes, ont privatisé de nombreuses sociétés contrôlées par l’État et ont libéralisé les espaces-clefs de l’économie, y compris les secteurs des télécommunications et financier. Le pays a développé une économie de type capitaliste de plus en plus fondée sur les services. Le Portugal fait partie des onze États de l’UE fondateurs de l’euro, en 1999.

Le pays fait ainsi disparaître l’ancienne monnaie nationale. Pendant la majeure partie des années 1990, la croissance économique portugaise est supérieure à la moyenne de celle des pays de l’Union européenne.

En partie avec des fonds de l’Union européenne134, le pays réalise durant les vingt dernières années d’importants investissements dans ses infrastructures et dispose d’un réseau de voies routières et ferroviaires de qualité.

Début 2006, le Portugal souffre d’un taux de chômage de 7,7 %, qui atteint 8,7 % chez les femmes et 16,2 % chez les jeunes de moins de 25 ans. Néanmoins, deux des régions européennes les moins touchées par le chômage sont portugaises : les Açores et Madère avec un taux de 2,5 %135.

Avec un passé majoritairement agricole, et après les évolutions de ces dernières années, l’économie est fondée actuellement sur les services et sur l’industrie, qui représentent respectivement 67,8 % et 28,2 % du secteur économique portugais. L’agriculture portugaise bénéficie d’un climat et d’un relief favorables et de sols fertiles.

Les dernières décennies ont permis d’intensifier la modernisation de l’agriculture et de la pêche, bien qu’encore 13 % de la population active y travaille toujours136. Les oliviers (qui s’étendent sur 4 000 km2), les vignobles (qui occupent 3 750 km2), le blé (sur 3 000 km2) et le maïs (qui représentent2 680 km2) sont les principales cultures par la surface cultivée.

Le tourisme est un secteur très important, comptant pour 8 % du PIB. Les Espagnols (49 %) constituent la principale origine des touristes, suivis des Britanniques (14 %).

 

Géographie:

Dans le nord du pays, le paysage est montagneux ; au centre et au sud s’étendent des plateaux propices à l’agriculture.
De Lisbonne, jusqu’à l’Alentejo, le relief est plutôt caractérisé par des plaines. Le Portugal est traversé par plusieurs fleuves, certains prenant leurs sources en Espagne comme le Douro, le Minho, Guadiana et le plus célèbre, le Tage. D’autres fleuves importants naissent, eux, au Portugal comme le Mondego, le Sado et Mira. Le pays compte plusieurs écorégions dont la forêt sclérophylle et semi-caduque ibérique.
Les îles des Açores sont localisées sur un rift au milieu de l’océan Atlantique. Quelques-unes de ses îles sont entrées dans une réaction volcanique récemment comme à São Miguel en 1563 et Capelinhos en 1957, ce qui a permis un agrandissement de la superficie de l’île de Faial.
Le point culminant du Portugal est le Ponta do Pico dans l’île du Pico, c’est un ancien volcan qui est entré trois fois en éruption depuis le xvie siècle, la plus probable serait en 1720, il s’élève à 2 351 m. Mais, sur le Portugal continental, le plus haut sommet, la Serra da Estrela, est situé dans le district de Guarda et culmine à 1 993 m.
L’archipel des Berlengas est situé à 10 kilomètres des côtes portugaises, dans
Les îles de Madère, au contraire des Açores qui sont localisées sur un rift au milieu de l’océan Atlantique, sont situées sur une plaque africaine.
Le Portugal continental possède 1 230 kilomètres de côtes, les Açores en comptent 667 kilomètres, et Madère 250 kilomètres (incluant les îles Desertas, Selvagens et celle de Porto Santo).

 

Histoire:

L’histoire du Portugal se compte en 7 parties :
Les Royaumes suève et wisigoth, La conquête arabo-musulmane, la Reconquista, Les découvertes, L’union ibérique, Restauration et absolutisme, République, dictature et retour à la démocratie.

La conquete germanique : Les Royaumes suève et wisigoth

Au début du 5e siècle, des peuples germaniques, les Suèves, les Vandales et leurs alliés, envahissent la péninsule Ibérique où ils forment un royaume sous la direction du roi suève Herméric.
Un fœdus, concédé par Rome, légitime par ailleurs sa fondation. Il est premier royaume du Haut Moyen Âge qui frappe sa monnaie pour signifier son existence. Le Royaume suève, qui essaye à plusieurs reprises d’étendre son territoire, conserve son indépendance jusqu’en 585, lorsqu’il est annexé par les Wisigoths, devenant la sixième province du royaume wisigoth d’Hispania.
Après la soumission du Royaume des Suèves et sa capitale Bracara (aujourd’hui Braga) en 584-585, l’ensemble de la péninsule Ibérique est gouvernée par les Wisigoths jusqu’en 711, année de la bataille du Guadalete, véritable tournant dans la conquête du royaume par les troupes musulmanes.

La conquête arabo-musulmane et la période du Gharb Al-Andalus

Après avoir battu les Wisigoths en 711, les armées arabo-berbères de Tariq ibn Ziyad occupent en trois mois la majeure partie de la péninsule Ibérique (à l’exception d’un réduit chrétien dans le Nord, qui se constitue en royaume des Asturies). Dans la foulée de la conquête de la péninsule et de la Septimanie, les armées musulmanes remontent en 719 vers Narbonne, débarquent en Sicile en 720, puis en Sardaigne, en Corse et dans les Baléares en 724. L’ancienne Lusitanie romaine est alors intégrée dans le vaste empire omeyyade de Damas sous le nom de Gharb al-Ândalus. Très vite cependant, des tensions apparaissent entre les chefs berbères, arabes et Damas au sujet du partage du butin des vaincus. Et des particularismes liés à l’histoire spécifique de la région émergent. En 750, la péninsule Ibérique passe sous le joug d’Abd al-Rahman Ier, qui crée et donne son indépendance à l’Émirat de Cordoue, élevé au statut de Califat de Cordoue en 929. À la dissolution du Califat en 1031, l’Hispanie musulmane, qui se fragmente, est partagée entre 23 roitelets indépendants : c’est la période des Reyes de taifas — muluk at tawaif en arabe).
L’occupation musulmane se révèle particulièrement structurante au sud du Mondego, et surtout du Tage, dans les territoires directement sous influence andalouse et rechristianisés tardivement (vers 1249). Silves connaît un rayonnement culturel jusqu’au xiiie siècle et Mertola joue un rôle économique par les échanges maritimes fluviaux.
La population musulmane de la province est constituée d’Arabes, de Berbères et d’Ibériques convertis à l’islam. Issus de prestigieuses familles, les Arabes sont essentiellement originaires du Yémen. Bien que minoritaires, ils constituent l’élite des armées et de l’administration musulmane.

La reconquista et l’expulsion des Maures

Dès le premier quart du VIIIe siècle, des militaires et des nobles germaniques réfugiés dans le Nord de la péninsule refondent une souveraineté chrétienne, le royaume des Asturies, et se lancent dans une longue guerre d’expansion territoriale vers le sud, la Reconquista, également appelée « Reconquête chrétienne ». Ce mouvement, qui englobe l’ensemble de la péninsule Ibérique, vise à faire repasser les terres ibériques perdues au profit des envahisseurs arabo-berbères sous souveraineté chrétienne.
L’élite wisigothique, réunie autour du roi Pélage (718-737), vainc une armée islamique et établit son autorité sur un réduit montagneux dans le nord de la péninsule, appelé Royaume des Asturies. Au fur et à mesure des conquêtes, les terres sont divisées en comtés ou en duchés. En 868, Porto et Braga sont reprises. À partir du ixe siècle, le sud de la Galice forme un comté dynamique autour de sa métropole religieuse, Braga, et de son port, Porto.

En 1095, le pape Urbain II lance la première croisade pour libérer les lieux saints et surtout réagir à la menace que représentent les Turcs récemment convertis à l’islam. Déjà, les réformes grégoriennes appellent à s’unir pour lutter contre toutes les croyances païennes et hérétiques. C’est dans ce cadre qu’en 1095, Alphonse VI de Castille et de León, annexant la Galice et le comté de Portugal, réunifie l’ensemble du León. Marié à Constance de Bourgogne, il fait appel à sa belle-famille bourguignonne pour l’aider à reconquérir la péninsule. Immédiatement, Raymond et Henri de Bourgogne, princes de la famille royale de France, issus d’une noblesse en quête de terre et de prestige, répondent favorablement à l’appel.
Suivant une vieille coutume germanique, après avoir remporté une victoire éclatante sur les musulmans lors de la bataille d’Ourique, le prince Alphonse Henriques, fils de Henri de Bourgogne, est proclamé premier roi du Portugal par ses troupes sur le champ de bataille.
Pendant plusieurs siècles, soutenus par les Templiers et les Chevaliers croisés, les souverains portugais poursuivent leur Reconquista vers le Sud jusqu’à ce que les Arabo-andalous qui dominent le sud de l’ancienne Lusitanie romano-barbare soient définitivement battus. Au début du xiiie siècle, l’Inquisition catholique, une institution judiciaire chargée de lutter contre l’hérésie, et qui est à l’origine mise en place pour faire face aux mouvements manichéens cathares et albigeois, est étendue à la péninsule Ibérique dans une logique de persécution envers les hérétiques et les musulmans. Cependant, pragmatiques, les souverains portugais pratiquent une politique très tolérante vis-à-vis de leurs communautés juives et mauresques jusqu’au début du règne de Manuel Ier, afin de sauvegarder la paix civile, mais aussi pour des raisons financières et technologiques. Contrairement à ce qui se passe en Castille, l’Inquisition portugaise ne commence à jouer un rôle majeur dans l’expulsion et la persécution des Maures et des Juifs au Portugal qu’à partir du xvie siècle.
La reconquête achevée, s’ouvre alors la période des Grandes découvertes.

Les découvertes

Le retour de la paix favorise l’exploration et l’expansion de nouveaux territoires au-delà des mers : c’est le temps des découvertes, grâce à Henri le Navigateur et au roi Jean II. Ceuta est conquise par le Portugal en 1415. En 1474, João Vaz Corte-Real et Alvaro Martins Homem auraient découvert le Groenland et Terre-Neuve.
Jean II est le monarque de la Renaissance par excellence : il met fin à certains privilèges, oblige la noblesse à lui prêter serment, se débarrasse des traîtres. Le pouvoir et le domaine royal s’en trouvent agrandis, au prix de la haine de la grande noblesse. Ce ressentiment est d’autant plus vif que le roi privilégie désormais la poursuite des découvertes de nouvelles terres et surtout de la route des Indes. L’Afrique n’est plus l’enjeu ; il s’agit de la contourner.

Les voyages des explorateurs portugais
Ces coûteuses expéditions ne sont plus royales mais confiées à des commerçants privés : en échange, ces derniers doivent découvrir 500 km de côtes par an. Ces commerçants se financent par l’exploitation des terres conquises et par l’établissement de São Jorge da Mina, dans le golfe de Guinée, qui voit converger l’or de la région. Le traité de Tolède (6 mars 1480) instaure un partage de l’Atlantique avec la Castille, lui abandonnant les découvertes à l’ouest des Canaries et assurant au Portugal le monopole en Afrique. Madère devient un point d’escale. Le vin, la canne à sucre et l’élevage s’y développent grâce à l’arrivée de migrants et d’esclaves. Le blé des Açores sert à ravitailler le pays. Le Cap-Vert, les îles de São Tomé et de Principe fournissent du sucre et du bétail. Jean II passe une alliance avec le roi du Kongo pour enseigner la religion catholique. Le commerce avec les Africains rapporte aussi de l’ivoire et des fruits tropicaux.
Dans le but de préparer le voyage vers les Indes, Jean II envoie en 1488 des émissaires par voie de terre. C’est un moyen de recueillir des informations sur les courants dans l’océan Indien, peut-être même de trouver une trace du mythique Royaume du prêtre Jean. C’est d’abord Pedro de Montanoio et Pedro de Lisboa qui mènent l’expédition. Ils sont suivis de Pêro da Covilhã et d’Afonso de Paiva, qui apportent de précieux renseignements pour le voyage de Vasco de Gama.
Pendant ce temps-là, les Rois catholiques prennent Grenade et mettent fin à la reconquête (1492). Cette victoire leur laisse les mains libres pour entreprendre des expéditions. Christophe Colomb embarque en leur nom pour atteindre les Indes par l’ouest. Jean II, à qui il s’adresse auparavant, refuse de financer ce voyage, privilégiant la route découverte par Vasco de Gama et estimant, à juste titre, que Colomb se trompe. En 1493, Christophe Colomb revient d’Amérique et c’est à Lisbonne qu’il débarque en premier. Il annonce au roi que les terres découvertes lui appartiennent en vertu du traité d’Alcaçovas. Jean II les revendique donc auprès du pape Alexandre VI: le 7 juin 1494, Espagnols et Portugais signent le traité de Tordesillas qui fixe la limite à 370 lieues. Ce nouvel accord permet au Brésil, qui n’a pas encore été découvert, d’être portugais tout en abandonnant à l’Espagne les nouvelles terres d’Amérique.
Vasco de Gama arrive aux Indes le 20 mai 1498, ouvrant la voie au commerce très fructueux des épices contrôlé jusque-là par les Vénitiens. Son voyage a été minutieusement préparé. Le 22 avril 1500, Cabral aborde au Brésil et en prend possession. Il envoie un messager à Lisbonne et poursuit sa route.
Arrivé à Calicut, il reçoit meilleur accueil mais très vite les Portugais doivent affronter la concurrence des Vénitiens, des Turcs et des Égyptiens. C’est la fin des voyages pacifiques. Les Portugais tirent parti des divisions entre les hindous et les musulmans de la région. Tout l’océan Indien est bientôt sous contrôle.
Amerigo Vespucci fait partie du premier voyage officiel au Brésil (1501). La découverte du Brésil permet aux commerçants portugais de s’approprier le pau-brasil, un bois de teinture et de construction très recherché. Mais le pays semble peu intéressant au départ jusqu’à ce que la concurrence espagnole et française se fasse sentir. On y envoie des colons, on crée des factoreries. Les Indiens du Brésil, puis de nombreux Africains, sont mis en esclavage pour la culture du sucre. En1600, le Brésil est le premier producteur mondial de sucre et le principal fournisseur de ressources du Portugal. Au XVIIe siècle, les Bandeirantes découvrent également au sud de la colonie des mines d’or et de diamants qui sont exploitées grâce à une même main-d’œuvre servile. Les découvertes se poursuivent par ailleurs : en 1495, Pêro de Barcelos et João Fernandes Lavrador explorent les côtes du Canada et du Groenland. En 1500, Gaspar Corte Real arrive à Terre-Neuve. En 1513, Jorge Álvares arrive en Chine et Tomé Pires à Pékin].
C’est la naissance d’un véritable empire reposant sur les comptoirs. Les richesses venues des colonies (épices, or, pierres…) affluent pendant les siècles suivants. Jamais le pouvoir royal n’a été aussi grand. Manuel Ier réforme d’ailleurs l’administration avec un nouveau code législatif afin de renforcer encore ce pouvoir (les ordonnances Manuelines de 1521). En 1555, le pays est considéré comme le plus riche d’Europe. Tout un peuple vit alors impliqué dans le colonialisme. Beaucoup partent vers les colonies. L’esclavage fait que le travail devient une valeur dévaluée .
Il s’agit également d’une période de développement culturel avec le début des grandes constructions influencées par la Renaissance, avec l’installation définitive de l’université à Coimbra. Le style manuélin, gothique propre au pays, se propage sous l’influence de grands architectes (Mateus Fernandes, les frères Diogo et Francisco de Arruda et les Français Diogo Boitaca ou Nicolau de Chanterene)..

Union ibérique

Le roi est mort et son corps n’est pas retrouvé. C’est un désastre militaire, économique et politique : c’est une crise morale que connaît le pays. Le vieux cardinal Henri, dernier fils de Manuel Ier, monte sur le trône le 28 août 1578. Il est chargé de se trouver un successeur. De nombreux prétendants existent dont Philippe II d’Espagne, qui apparaît comme le mieux à même d’assurer la conservation de l’Empire portugais en renouvelant ses infrastructures maritimes et surtout en soldant la dette portugaise. Cette solution a les faveurs de la noblesse et du clergé. Le peuple, lui, favorise un Portugais (dom Antoine, prieur de Crato) mais les Cortes n’arrivent pas à trancher. La grande bourgeoisie penche du côté espagnol pour des raisons économiques. Philippe II s’impose avec une démonstration de force face au prieur de Crato lors de la bataille d’Alcántara (25 août 1580). Celle-ci marque la fin de la dynastie d’Aviz et le début de celle des Habsbourg. L’exploitation des colonies et l’administration du pays restent du domaine exclusif des Portugais. Dirigé par les Habsbourg, le Portugal est désormais associé à la Monarchie catholique espagnole, la cour portugaise est transférée de facto à Madrid, mais le royaume conserve son indépendance juridique, ainsi qu’une grande autonomie politique. L’Union ibérique permet au royaume de retrouver une certaine stabilité économique, avec le paiement momentané de l’immense dette publique portugaise, mais le pays perd aussi progressivement des positions au profit de la Hollande et de la France, traditionnellement opposés aux Habsbourg. Philippe II de Portugal, qui se désintéresse du pays et de l’administration en général. Il délègue ses pouvoirs au vice-roi qui cherche à centraliser le pouvoir et à remettre en cause l’autonomie du Portugal. Un nouveau code législatif est introduit : les Ordonnances Philippines (1603). Philippe IV bafoue les accords sur l’autonomie du pays et alourdit encore la pression fiscale. Des troubles éclatent. Face à la concurrence des Anglais et des Hollandais, les places portugaises tombent une à une. L’Espagne devient la cause de tous les maux du pays. Des révoltes éclatent et l’unité nationale en sort renforcée. Les opposants soutiennent le duc Jean de Bragance, ils s’emparent du palais royal de Lisbonne le1er décembre 1640. Le 15 du même mois, Jean devient roi de Portugal sous le nom de Jean IV.

Restauration et absolutisme

Acclamation de Jean IV, dit « le Restaurateur »
La restauration de l’indépendance du Portugal est suivie d’une guerre contre l’Espagne qui dure jusqu’en 1668. Avec le traité de Lisbonne, l’Espagne reconnaît définitivement l’indépendance de son voisin.
Dans la fin du xviie siècle et dans la première moitié du xviiie siècle, débute l’exploration minière du Brésil, où il fut découvert de l’or et des pierres précieuses. Ces richesses servaient aussi pour payer des produits importés, majoritairement. Pour ne pas briser l’alliance avec l’Angleterre, le Portugal a refusé d’adhérer au blocus continental, en conséquence il fut envahi par les armées napoléoniennes en 1807. La cour et la famille royale portugaise se sont réfugiées au Brésil. Lisbonne n’est plus la capitale du Royaume-Uni portugais, celle-ci étant transférée à Rio de Janeiro, où il reste jusqu’en 1821, quand Jean VI est retourné à Lisbonne pour la première Constitution. Dans l’année suivante, le 7 septembre 1822, son fils Pedro IV s’était proclamé empereur du Brésil.
Pendant le xixe siècle, le Portugal a vécu d’importantes perturbations politiques et sociales (une guerre civile et des révoltes ainsi que des soulèvements militaires, comme la Révolution de Septembre, la Révolution du Minho, celle de Patuleia…). Les concessions aux exigences britanniques et la croissance des problèmes économiques propulsent la monarchie dans un discrédit croissant. Charles Ier et le prince héritier Louis Philippe de Bragance sont assassinés le 1er février 1908. La monarchie se maintient pendant deux ans, sous le règne de Manuel II, mais une révolution l’abolit le 5 octobre 1910 à la suite de laquelle le Portugal devient une république.

République, dictature et retour à la démocratie

Le 5 octobre 1910, peu après la proclamation de la République, le jeune roi Manuel II s’exile en Angleterre. Après plusieurs années d’instabilité politique marquées par des luttes de travailleurs, des tumultes, des homicides politiques et des crises financières, l’armée prend le pouvoir en 1926. Le général Oscar Carmona est nommé président du Conseil puis devient chef de l’État.
Le régime militaire nomme António de Oliveira Salazar, un enseignant de l’université de Coimbra, ministre des Finances, avec pleins pouvoirs budgétaires afin de redresser l’économie du pays, ce qu’il fait de façon spectaculaire en un an. Il est nommé en 1932 président du Conseil par le président de la République, le général Óscar Carmona.
Salazar consolide le pouvoir autoritaire et introduit en 1933 une nouvelle constitution qui lui donne les pleins pouvoirs. Habile homme d’État, il écarte du pouvoir tous les généraux du coup d’État de 1926, et définit dans un discours l’orientation du régime : « tout pour la nation, rien contre la nation ». Il fonde le parti unique, l’Union nationale. Partis, syndicats et grèves sont interdits. L’Estado Novo régime à parti unique, nationaliste, proche de l’idéologie du parti fasciste italien, reste en place pendant plus de quarante ans. Il est neutre pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le refus du régime dictatorial portugais de décoloniser les provinces d’outre-mer entraîne une série de conflits coloniaux. La première colonie à se révolter est l’Angola en 1961, suivie par la Guinée-Bissau en 1963 et enfin par le Mozambique en 1964. L’Inde profite de cette situation pour annexer Goa, de Damao, de Diu et des îles Anjidiv en décembre 1961. Entre 1974 et 1975, le Portugal doit donner l’indépendance à toutes ses colonies, seules deux régions n’ont pas pris l’indépendance : Madère et les Açores. Le 10 septembre 1974, les deux premières colonies qui ont pris leur indépendance vis-à-vis du Portugal sont le Cap-Vert et Guinée-Bissau. Le Timor oriental fut aussi une colonie portugaise jusqu’au 28 novembre 1975, où il acquiert son indépendance.

Avec un coup d’État militaire, le 25 avril 1974, le gouvernement instauré par Salazar et dirigé par Marcelo Caetano depuis 1968 est renversé. La foule manifeste dans la capitale portugaise pour soutenir les militaires dirigés par le général António de Spínola. Les jours suivants, les prisonniers politiques sont libérés, la censure de la presse est levée et le secrétaire général du parti socialiste, Mário Soares, rentre de son exil en France. Il est élu deux fois président de la République, la première fois en 1986 et la seconde en 1991.
Dans les années 1940-1960, le Portugal est parmi les membres fondateurs de l’OTAN, de l’OCDE et de l’AELE. Il quitte cette dernière en 1986 pour entrer dans la Communauté économique européenne en même temps que l’Espagne.
En 1999, le Portugal adhère à la zone euro, et le 20 décembre de la même année, le gouvernement portugais rend le territoire de Macao à la Chine. Depuis son entrée dans l’Union européenne, le pays a présidé le Conseil européen trois fois et en 2007, la capitale du pays voit la signature du traité de Lisbonne.

 

 

 (Source Wikipédia)