Quitter son travail pour un tour du monde, comment cela se passe-t-il ?

 

Pour un voyage de longue durée

  • La rupture conventionnelle
  • La démission
  • Congé sabbatique
  • Congé sans solde
  • Mise en disponibilité
  • Budgétisé son voyage

 

  •  La rupture conventionnelle

« Si vous avez envie de changer d’emploi après votre voyage, la rupture conventionnelle peut être une bonne solution. L’employeur et le salarié trouvent un accord, ils peuvent mettre fin au contrat de travail en signant une convention de rupture et en remplissant un formulaire de demande d’homologation de la rupture conventionnelle.

Aucune des deux parties ne peut forcer l’autre à accepter une rupture conventionnelle. A la signature de la convention de rupture, l’employeur et le salarié disposent d’un délai de 15 jours pour se rétracter.

Une fois ce délai passé, la demande d’homologation et un exemplaire de la convention sont transmis à la Direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle qui a 15 jours ouvrables pour se prononcer, sans quoi la demande est considérée comme acceptée. La date de rupture du contrat de travail intervient au plus tôt le lendemain de l’homologation.

Il est nécessaire d’être en bons termes avec son employeur pour obtenir une rupture conventionnelle, car elle lui coûte plus cher qu’une simple démission. Elle est très avantageuse pour le salarié car elle lui permet, en reportant ses droits, de bénéficier des allocations chômage au retour du tour du monde en attendant de trouver un nouveau job.

Vous partez avec une petite prime selon votre ancienneté à laquelle s’ajoutent vos congés payés. Son montant est au moins égal à 1/5 de mois de salaire par année d’ancienneté, auquel s’ajoutent 2/15 de mois de salaire par année au-delà de 10 ans d’ancienneté.

Si vous avez une clause de mobilité dans votre contrat, vous pouvez tenter un licenciement pour ce motif. Celui-ci coûte moins cher à votre employeur et reste assez simple à mettre en place. Bien faire attention toutefois qu’il ne soit pas précisé sur les lettres de rupture la mention « pour faute grave ». Sous cette réserve, vous aurez droit à vos indemnités. Mais la rupture conventionnelle reste préférable.

Chômage : à partir de la date à laquelle vous quittez votre emploi (sauf dans le cas d’un congé sabbatique évidemment), vous avez 12 mois pour vous inscrire à Pole emploi – ou 11 mois de suspension si vous vous inscrivez – il faut donc avoir pensé à suspendre vos droits. De cette manière, à votre retour de voyage, ce sera comme si vous aviez quitté votre emploi la veille. Attention, les éventuelles primes de départ et congés payés entrent en compte pour le calcul des indemnités et il peut y avoir un délai de carence avant de pouvoir les percevoir. Mais cette durée de carence est limitée à deux mois et demi. Concrètement, si vous partez 6 mois après un licenciement à l’amiable ou classique, vous pourrez vous inscrire à Pôle emploi sans carence puisqu’elle aura déjà été couverte (c’est la date de fin de contrat qui est prise en compte et non celle de l’inscription, contrairement au calcul des indemnités). »

 

  •  La démission

« La démission, c’est chaud, mais courageux !   Il faut prévenir l’employeur en lui envoyant une lettre recommandée ou en lui remettant une lettre en main propre contre une décharge. Le préavis à respecter dépend de votre convention collective. En général, il est d’un mois pour les employés et de 3 mois pour les cadres.

L’employeur doit remettre un certificat de travail, une attestation destinée à Pôle emploi et un reçu pour solde de tout compte.

Attention !!! La démission ne donne pas droit aux allocations chômage.

C’est la solution la plus simple, mais il faut être prêt à se lancer dans une recherche d’emploi au retour de son tour du monde, sans aucune aide. »

 

 

  • Congé sabbatique

« Le congé sabbatique est un droit pour les salariés du privé qui respectent deux conditions :

–   Au moins 3 années (consécutives on non) d’ancienneté dans l’entreprise

–   Au moins 6 années d’expérience professionnelle

Sa durée est comprise entre 6 et 11 mois et il n’est pas rémunéré.quitter_son_travail.jpg

Il faut faire sa demande à son employeur par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge au moins 3 mois avant le départ, en précisant la date de départ et la durée du congé sabbatique demandée. L’employeur doit répondre par les mêmes moyens. S’il n’a pas répondu dans les     30 jours, la demande est considérée comme acceptée.

Par contre, l’employeur peut repousser la date de début du congé sans justification pendant 6 mois pour les entreprises de 200 salariés ou plus et pendant 9 mois pour les entreprises de moins de 200 salariés.

Dans les entreprises de moins de 200 salariés, l’employeur peut aussi refuser le congé s’il estime qu’il porte atteinte au bon fonctionnement de l’entreprise. Le salarié a alors 15 jours pour contester ce refus aux prud’hommes.

Pendant le congé sabbatique, le contrat de travail est suspendu, ce qui assure au salarié un emploi similaire et une rémunération au moins équivalente à son retour. Votre patron est en effet tenu de vous reprendre au même salaire et à un poste au moins équivalent. De son côté, le salarié n’est pas tenu de revenir…Le point négatif, c’est que vous n’aurez aucune rentrée d’argent durant cette année et qu’il est donc préférable d’avoir bien économisé. »

 

  • Congé sans solde

« Le congé sans solde n’est pas réglementé. L’employeur n’est donc pas obligé de l’accepter. Il s’agit d’un document signé par le salarié et l’employeur dans lequel on précise la date de début du congé et sa durée. Il entraîne une suspension du contrat de travail et n’est pas rémunéré. À la fin du congé, le salarié reprend son emploi ou un emploi similaire. Si le salarié ne souhaite pas reprendre son activité à son retour, il doit avertir son employeur en respectant le même préavis que pour une démission.

C’est une bonne solution pour un voyage plus court, de 3 à 5 mois, pour ceux qui souhaitent reprendre leur job à leur retour mais ne remplissent pas les conditions du congé sabbatique. »

 

  • Mise en disponibilité

« La mise en disponibilité est l’équivalent du congé sabbatique pour les fonctionnaires. Elle peut être accordée sur demande pour convenance personnelle, sauf nécessités de service. La durée maximale de la disponibilité est de 3 ans, renouvelable dans la limite de 10 ans sur l’ensemble de la carrière.

La période de mise en disponibilité n’est pas rémunérée et n’est pas prise en compte pour l’avancement d’échelon et de grade. Il faut demander sa réintégration au moins 3 mois avant la fin de la disponibilité (2 mois dans la fonction publique hospitalière). L’administration propose au fonctionnaire un des 3 premiers emplois vacants correspondant à son grade. S’il refuse 3 postes à la suite, il peut être licencié après avis de la CAP. C’est la seule solution pour les fonctionnaires qui veulent le rester à leur retour. »

 

  • Budgétisé son voyage

Il est de toute façon obligatoire d’avoir anticipé et économisé si vous optez pour une démission, un congé sabbatique, un congé sans solde, une mise en disponibilité. Cela vous permettra de partir l’esprit tranquille, même si cela prend du temps. Pour les autres cas, si vous percevez des indemnités, ne cédez pas à la tentation de profiter des indemnités pendant votre voyage, cela pourrait vous coûter très cher si vous vous faites prendre.

De toute façon, vous pourriez avoir bien besoin de ces aides à votre retour de voyage ou pour créer une entreprise – vous pouvez demander un versement de la moitié des indemnités (un an de chômage) en cas de création d’entreprise !

 

Si vous avez aimé cet article partagez le!

 

Aller sur le Forum Tour du monde :

Forums Tour du monde
3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)

Créer un nouveau sujet dans “Tour du monde”

Vos informations:





A propos de l'auteur

Sonia Meunier, 40 ans, artiste, Philippe Meunier, 37 ans, économiste de la construction, fondateurs de "Muslim On The Road" et de la "Hijra des Meunier", vivent et travaillent à Tanger au Maroc.

Articles similaires