Si on souhaite créer son entreprise, que faut-il faire?

Créer son entreprise à l’étranger : ce qu’il faut savoir

Monter sa boîte à l’étranger permet de concilier désir de création et rêve d’évasion.  Ce phénomène prendrait de l’ampleur. Il s’agit d’un sujet d’actualité car « partout, de plus en plus de Français, notamment des jeunes, débarquent dans des pays étrangers pour y créer une entreprise ». Une démarche qui se prépare avec le plus grand soin. On trouve pas mal d’articles sur la Toile abordant le sujet et qui sont de vrais mines d’informations. On va tenter de vous offrir un condensé de tout ça.

« Les démarches pour créer une entreprise sont variables d’un pays à l’autre. Il faut impérativement se renseigner sur la législation et les réglementations locales. Il existe de nombreuses sources d’informations qui proposent des données utiles sur les statuts juridiques, les dispositifs, les obligations légales, les démarches administratives… ».

D’évidence, créer sa boîte à l’étranger ne s’improvise pas. Sur la « check list » du créateur à l’étranger, de nombreux points seront à vérifier :

  • forme juridique de la société
  • partenariat local, étude de marché
  • protection sociale de l’entrepreneur
  • recrutement de salariés
  • à quels impôts la future entreprise sera-elle assujettie localement ?
  • comment transférer son investissement ?
  • et, en cas d’échec, comment rapatrier les capitaux en France ?

A anticiper aussi, bien sûr, les conditions et délais de création d’une entreprise, extrêmement variables d’un pays à l’autre. Selon une étude IFC/OCDE, cela prendrait 120 jours en moyenne au Brésil contre une seule journée en Nouvelle-Zélande et 3 à Singapour.

 

Partir à deux

«Travailler à deux à monter son entreprise à l’étranger et la faire tourner ensemble est un atout solide. Pratiquement toute la gamme des savoir-faire artisanaux doublés de la pratique d’une langue sont exportables facilement, de la boulangerie à la plomberie…»

 

Des informations globales

« À côté des informations d’ordre juridique par pays, les organismes spécialisés et leurs sites diffusent en général des données statistiques et économiques, notamment sur les marchés locaux. Ces données permettront à l’entrepreneur de mieux connaître les grandes tendances et les acteurs de son marché, et de vérifier l’opportunité de se lancer. C’est une première approche.»

 

Aller sur place

Il est important se faire une image précise du marché sur lequel on veut s’implanter mais aller sur place pour confirmer son approche est obligatoire.

« Certains organismes proposent des prestations personnalisées payantes pour approfondir la recherche d’informations sur les marchés, établir les premiers contacts commerciaux, accompagner l’entrepreneur dans ses démarches ou l’orienter sur les bons interlocuteurs. Il devra bien sûr se rendre dans le pays en question pour poursuivre l’étude commerciale. D’autant qu’il devra sans doute faire appel à des compétences locales ou des organismes ad hoc qui lui permettront d’accéder à des informations beaucoup plus pointues. La sélection de l’emplacement commercial, dans le cas par exemple de l’ouverture d’une boutique, peut difficilement se faire à distance… »

 

Les réseaux

Les contacts indispensables pour préparer votre projet :

–       Ubifrance (Agence française pour le développement international des entreprises) : vous trouverez sur le site « d’Ubifrance » des analyses de marché par pays, ainsi que de la documentation sur l’environnement réglementaire par secteur et par pays. Il sera aussi possible de demander à cet organisme public une étude de marché. Reste le choix délicat de la ville pour des nations très vastes. Le réseau des conseillers du commerce extérieur, composé de cadres dirigeants installés sur place, peut vous aider à faire le bon choix. Aux États-Unis par exemple, Washington sera préférable à New-York pour se développer sur la côte Est.

–       Bpifrance (Banque publique d’investissements) : l’établissement propose des outils en ligne pour créer son entreprise. Vous y découvrirez un guide interactif en            10 étapes pour apprendre comment créer son entreprise. On peut vous mettre en relation avec les réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise. Ces organismes vous assistent à toutes les étapes de votre projet : formulation d’un plan d’affaires, soutien à l’innovation, distribution du Prêt à la création d’entreprise (PCE) ou garantie du financement. Une aide spécifique à la création d’entreprise innovante se traduit par une subvention ou une avance à taux zéro.

–       Pourquoi ne pas aussi utiliser les réseaux sociaux professionnels ? Viadeo, Linkedin, Xing, et le petit nouveau Beeleev, un nouveau réseau social d’entrepreneurs « sans frontières » qui a pour ambition de tisser des liens entre entrepreneurs au-delà des frontières et de partager les bonnes pratiques. Les réseaux sociaux professionnels pourront vous permettre de vous connecter avec des professionnels qui vous informeront sur le marché local. Ne négligez pas Facebook avec les pages dédiées aux groupes de réseaux d’expatriés.

 

Comment trouver un partenaire local ?

La question du partenariat local sera cruciale. Dans certains pays (Inde, Brésil, Arabie Saoudite…), c’est même un passage obligé. Pour trouver la perle rare, la Chambre française de commerce et d’industrie du pays visé peut vous mettre en contact avec des dirigeants ou professionnels locaux. Vous pouvez aussi contacter les bureaux Ubifrance (ex-missions économiques) implantés dans la ville ciblée. Leurs experts pourront vous orienter dans votre recherche ou vous organiser sur place des rencontres BtoB à l’occasion d’un salon professionnel.

 

Quel sera mon statut fiscal, comment assurer ma protection sociale ? Transférer et rapatrier mon investissement (en cas d’échec) ? Recruter ?

La MFE (Maison des français de l’étranger) qui dépend du Ministère des affaires étrangères pourra vous aider à y voir plus clair dans ces domaines et à effectuer toutes les démarches administratives. Pour le chef d’entreprise, se posera la question du transfert de son investissement. Et, en cas d’échec, comment le rapatrier. La MFE peut aussi vous fournir des informations sur le marché du travail local si vous avez l’intention de recruter.

 

Les meilleurs pays pour créer son entreprise selon Doing Business et ISIE

Conjointement avec la Société financière internationale, l’institution publie chaque année le rapport Doing Business qui classe 189 économies en fonction de la facilité à y faire des affaires.

Voici les États où l’environnement réglementaire s’avère le plus favorable aux opérations commerciales en 2013. La 11e édition de ce rapport révèle entre autres que les conditions d’obtention de permis de construire et de création d’une entreprise en France sont moins attractives en 2013 qu’en 2012, d’où une chute de 4 places cette année, après une chute de 5 places l’année précédente.

 

Rang

 

 

Economie

 

 

Création d’entreprise

 

Obtention de prêts

 

Paiements des impôts

 

Exécution des contrats

 

1     Singapour        3       3       5       12
2 RAS de Hong Kong, Chine        5       3       4        9
3 Nouvelle-Zélande        1       3      23       18
4 États-Unis       20       3      64       11
5 Danemark       40     28      12       32
6 Malaisie       16       1      36       30
7 Corée du Sud       34     13      25         2
8 Géorgie         8       3      29       33
9 Norvège       53     73      17        4
10 Royaume-Uni       28       1      14       56
11 Australie         4       3      44       14
12 Finlande       55     42      21        8
13 Islande       52     42      37        3
14 Suède       61     42      41       25
15 Irlande       12     13       6       62
16 Taïwan, Chine       17     73      58       84
17 Lituanie       11     28      56       17
18 Thaïlande       91     73      70       22
19 Canada       2       28         8       58
20 Maurice     19       42       13       54
21 Allemagne       111       28        89           5
22 Estonie 61       42        32         26
23 Émirats arabes unis 37       86  1        100
24 Lettonie 57 3 49          21
25 Macédoine 7 3 26          95
26 Arabie saoudite 84 55 3         127
27 Japon 120 28 140          36
28 Pays-Bas 14 73 28          29
29 Suisse 104 28 16          20
30 Autriche 138 28 79           6
31 Portugal 32 109 81          24
32 Rwanda 9 13 22          40
33 Slovénie 38 109 54          52
34 Chili 22 55 38          64
35 Israël 35 13 93          93
36 Belgique 49 73 76          16
37 Arménie 6 42 103         112
38 France 41 55 52            7
39 Chypre 44 55 33         110
40 Porto Rico 18 13 110         101

 Source : Banque Mondiale et IFC

 

Pour la huitième fois consécutive, Singapour arrive en tête de ce palmarès. Non pas que les opérations commerciales ne soient pas réglementées dans ce pays,  mais elles le sont de manière à « faciliter les interactions sur le marché sans entraver inutilement le développement du secteur privé », écrit la Banque mondiale. La petite cité-État d’Asie de l’Est s’impose également comme le territoire où il est le plus facile d’effectuer des échanges transfrontaliers (importations et exportations) de marchandises, et comme le deuxième pays où les actionnaires minoritaires sont le mieux protégés contre « l’utilisation abusive des actifs de la société par les administrateurs à des fins personnelles ».

La région administrative spéciale de Hong Kong garde la deuxième place de ce classement des pays où il est le plus facile de monter sa boîte, notamment grâce à un cadre réglementaire propice à l’obtention de prêts.

La Nouvelle-Zélande reste quant à elle sur la troisième marche du podium des économies dans lesquelles il est le plus aisé de faire des affaires. Là-bas, 12 heures et une seule procédure suffisent pour créer son entreprise, contrairement à la France où il faut engager 5 procédures et compter 6,5 jours en moyenne.

 

Les pays les plus accueillants pour les investisseurs

 

Rang

 

 

Pays

 

 

Taux de croissance (en % du PIB)

 

Capitalisation boursière des entreprises cotées (en % du PIB)

 

1 États-Unis 2,2 119
2 Canada 1,7 111
3 Royaume-Uni 0,3 124
4 Japon 1,9 62
5 Singapour 1,3 151
6 Australie 3,4 85
7 Allemagne 0,7 44
8 Hong Kong 1,5 421
9 Suède 0,7 107
10 Suisse 1 171
11 Danemark -0,5 72
12 Norvège 3,1 51
13 Nouvelle-Zélande 3 ND
14 Pays-Bas -1 84
15 Corée du Sud 2 105
16 Belgique -0,3 62
17 Malaisie 5,6
18 Taïwan 1,2
19 France 0 70
20 Israël ND ND
21 Finlande 0,1 63
22 Autriche 0,8 27
23 Irlande 0,9 52
24 Chine 7,8 45
25 Chili 5,6 117
26 Arabie saoudite ND ND
27 Espagne -1,4 74
28 Pologne 2,3 36
29 Inde 3,2 69
30 Afrique du Sud 2,5 159
31 Italie -2,4 24
32 Thaïlande 6,4 105
33 Turquie 2,2 39
34 Emirats arabes unis ND ND
35 République tchèque -1,3 19
36 Brésil 0,9 55
37 Portugal -3,2
38 Mexique 3,9 45
39 Colombie 4
40 Russie 3,4 43

Source: IESE Business School et Ernst & Young

 

L’énorme point fort de ces pays réside dans la solidité de leurs marchés de capitaux. Le pays de l’Oncle Sam performe également en matière de culture d’entreprise et de possibilités de transactions, notamment grâce aux revues et publications scientifiques.

Les États-Unis sont suivis par le Canada qui est certes moins bien placé au classement général mais qui se montre toutefois plus attractif lorsqu’il s’agit de fiscalité.

Enfin, le principal atout du Royaume-Uni, qui monte sur la 3e marche du podium, tient au fait qu’il offre aux investisseurs une réglementation protectrice.

  • Exemple de quelques pays où entreprendre
  • En Belgique, la création d’entreprise a été simplifiée par le lancement en 2003 de la Banque-Carrefour des entreprises (BCE) qui centralise toutes les informations concernant les entreprises et facilite les démarches administratives. Son site : http://economie.fgov.be/fr/entreprises/BCE
  • L’Espagne est le champion toutes catégories de la création d’entreprises en Europe. Une vingtaine de villes du pays proposent des guichets uniques qui offrent informations, conseils et permettent d’effectuer toutes les démarches de la création d’entreprise.
  • Aux États-Unis, les entreprises de moins de 50 salariés représentent 99 % du tissu économique. Pour créer son entreprise, il suffit de la faire enregistrer moyennant 50 dollars. Vous n’aurez rien à payer de plus jusqu’à ce que vous fassiez vos premiers bénéfices.
  • En Irlande, le gouvernement a créé une agence gouvernementale pour les investissements étrangers (IDA) qui non seulement conseille les candidats à la création d’entreprise mais peut même les aider. Son site : http://www.idaireland.com/

 

Quelques sites utiles à consulter :

http://lentreprise.lexpress.fr/etapes-creation-entreprise/creer-son-entreprise-a-l-etranger-ce-qu-il-faut-savoir

http://creation-entreprise.comprendrechoisir.com/comprendre/creer-son-entreprise-a-l-etranger

http://lentreprise.lexpress.fr/etapes-creation-entreprise/creer-son-entreprise-a-l-etranger-ce-qu-il-faut-savoir_14224.html

http://www.journaldunet.com/economie/magazine/pays-pour-creer-sa-boite.shtml

http://www.bpifrance.fr/aides-entreprise/creation-d-entreprise-a-l-etranger.htm

http://www.apce.com/cid59159/createur-etranger.html

http://business.lesechos.fr/entrepreneurs/idees-de-business/10026475-expatriation-tout-quitter-pour-creer-sa-boite-a-l-etranger-34075.php

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A propos de l'auteur

Sonia Meunier, 40 ans, artiste, Philippe Meunier, 37 ans, économiste de la construction, fondateurs de "Muslim On The Road" et de la "Hijra des Meunier", vivent et travaillent à Tanger au Maroc.

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